FOURCADE Henri [FOURCADE Pierre, Henri, Raymond]

Par Maurice Moissonnier

Né le 24 décembre 1889 à Pau (Basses-Pyrénées), marié à Lyon le 26 mars 1932, mort à Saint-Sorlin-en-Bugey (Ain) le 5 octobre 1974. Ouvrier du Bois. Militant syndicaliste lyonnais de tendance anarchiste, secrétaire du syndicat des scieries mécaniques, secrétaire pendant quelques mois de l’Union des syndicats du Rhône, l’un des fondateurs du syndicalisme autonome lyonnais.

Dès 1920, Fourcade s’affirma comme le leader des comités syndicalistes révolutionnaires locaux et du comité de Défense sociale où il avait l’appui de beaucoup de ses compagnons anarchistes. Membre de la commission exécutive de l’Union départementale CGT du Rhône, il fut élu, en décembre 1920, à la tête de l’Union, en remplacement de Million* par 56 voix contre 23 à Peneaud, majoritaire et 19 à Garnier, un syndicaliste minoritaire. À ce poste, il se posa en défenseur de l’autonomie syndicale et en animateur de la tendance révolutionnaire hostile aux communistes. Il fut d’ailleurs l’un des signataires du « pacte » secret de février 1921, fondant un comité occulte destiné à assurer l’élection à la tête de la CGT de « camarades purement syndicalistes révolutionnaires, autonomistes et fédéralistes ». Il fut délégué au congrès de Lille, 23-24 juillet 1921, puis à la conférence des CSR tenue à Paris le 31 octobre. Peu après, en butte aux intrigues de Bécirard* ancien anarchiste rallié aux majoritaires, il fut écarté du secrétariat de l’Union. Il poussa à la scission et fut élu à la commission exécutive des syndicats unitaire du Rhône dès sa création. Il favorisa l’élection de Dannacher* à la tête de l’Union des syndicats unitaires et fit partie de la commission de propagande créée en 1923 par la CGTU. Au congrès départemental unitaire (août 1923), il se comporta en porte-parole des adversaires de la majorité proche des communistes et marqua son hostilité foncière à l’Internationale syndicale Rouge (ISR). De 1923 à 1925, il provoqua la plupart des débats doctrinaux qui agitèrent la CGTU dans le Rhône. Il fut l’un des fondateurs et le secrétaire en 1926 de l’Union des syndicats autonomes qui, à Lyon, s’installa, dans le siège que la CGTU, après la scission de 1922, avait conservé rue Lafayette (Voir Claude Galland*). Par la suite, il milita surtout à la Bourse du Travail de Lyon où il siégeait, comme administrateur représentant de l’Union des syndicats autonomes. Le 28 avril 1927, il posa sa candidature au poste de secrétaire de la Bourse. Au premier tour, il arriva en tête avec 34 voix, devant le candidat de la CGTU Voillot et le confédéré Wadoff. Après que Voillot se fut retiré « pour battre un adversaire de l’Union et des unitaires », le confédéré réunit 46 voix contre 36 à Fourcade et il fut élu. Fourcade dénonça alors cette manœuvre qui, selon lui, visait « un vrai syndicaliste : confédérés et unitaires se laissent subjuguer par les partis politiques pour jeter par-dessus bord les vrais syndicalistes ».

En 1926, Fourcade habitait 86, cours Lafayette à Lyon. Il participa à la fondation de la CGT-SR mais refusa le poste de secrétaire qui lui fut offert lors du Ier congrès tenu à Villeurbanne les 15-16 novembre 1926. Il demeura adhérent de cette Centrale de 1926 à 1928 et fut le gérant de son organe Le Combat syndicaliste lancé en décembre 1926.

À l’approche des années 30, H. Fourcade vit son influence personnelle décliner.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article113866, notice FOURCADE Henri [FOURCADE Pierre, Henri, Raymond] par Maurice Moissonnier, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 24 novembre 2010.

Par Maurice Moissonnier

SOURCES : Arch. Nat. F7/13014, rapport du 28 février 1922. — Arch. PPo. 296. — Arch. de l’UD-CGT du Rhône. — Arch. de la Bourse du Travail de Lyon. — Le Semeur, organe de la Bourse du Travail de Lyon, mai 1927. — Arch. Monatte : Syndicalisme révolutionnaire et communisme, Maspero, éd., p. 278. — Le Libertaire, 1921. — La Voix du Travail, 1926. — S. Jospin, La CGT-SR, Mémoire de Maîtrise, Paris I, 1974. — État civil de Pau, 4 juin 1984.

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