GUILLOUX Félix

Par Claude Geslin

Né en 1878, mort en 1931 ; instituteur ; militant syndicaliste de Loire-Inférieure (Loire-Atlantique).

Félix Guilloux fut le pionnier le plus marquant du syndicalisme des enseignants dans le département.

Dès 1902, il fonda en Loire-Inférieure une section de « l’Émancipation de l’instituteur », groupement national d’adjoints créé par un instituteur de Marseille, Albert Lurier. Le but était de lutter contre les abus, alors très fréquents, de la direction d’école : rapports écrits sur les adjoints, monopole de la vente des fournitures, prélèvements sur les études surveillées, déplacement d’office des adjoints indociles, etc. La Loire-Inférieure comptant alors peu d’écoles privées, les adjoints y étaient nombreux et la section prit une rapide extension. Un peu partout la lutte éclata entre directeurs et adjoints.

Adjoint de Rezé, Guilloux fut déplacé d’office à Légé. Outré de cette injustice, il quitta l’enseignement et travailla pendant quelques mois à la mairie de Chantenay puis il fut réintégré à Bouguenais.

Il reprit la lutte et l’action de l’Émancipation s’élargit. Les sections se transformèrent en « syndicats » destinés à lutter plus efficacement que les Amicales contre l’arbitraire et le favoritisme et Guilloux devint secrétaire du syndicat de Loire-Inférieure auquel il donna une vigoureuse impulsion.

Il participa à l’augmentation du capital de la société nouvelle du journal l’Humanité, souscrivant en tant que trésorier du syndicat des instituteurs et institutrices de Loire-Inférieure, une action de 25 francs en faveur du quotidien socialiste en 1907.

Le congrès de la Fédération nationale des syndicats d’instituteurs qui se tint à Nantes en 1907 et qui vota l’adhésion à la CGT marqua une nouvelle étape et l’année suivante le syndicat de Loire-Inférieure obtint un grand succès : la suppression des rapports écrits des directeurs et la suppression de la dîme sur les études. Quelques années plus tard, en 1912, Guilloux fut rapporteur général au congrès de Chambéry. Il y fit triompher le principe de l’assimilation des instituteurs aux postiers. Mais le congrès ayant voté la création de la « caisse du sou du soldat », les syndicats furent dissous et Guilloux réserva toute son activité à l’Amicale devenue syndicaliste et dont il fut élu président. Malgré tout, de nombreux syndicats se reconstituèrent et, en Loire-Inférieure, quelques adhérents se regroupèrent autour de Guilloux.

En 1920, Guilloux fut élu secrétaire général de l’Amicale transformée alors en syndicat ; celui-ci fut dissous au bout de quelques mois à la suite de la grève des cheminots. Cependant, en 1922, l’Amicale se transformait de nouveau et devenait la section de Loire-Inférieure du Syndicat national des instituteurs. Guilloux en resta l’inspirateur.

Il prit sa retraite anticipée en 1926 et devint administrateur délégué de l’Union des coopérateurs. De concert avec la Bourse du Travail, il fonda le « Comité des loisirs » qui devait organiser l’excursion du 14 juin 1931 au cours de laquelle il trouva la mort comme de nombreux syndicalistes et coopérateurs du département dans le naufrage du Saint-Philibert.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article114502, notice GUILLOUX Félix par Claude Geslin, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 5 novembre 2018.

Par Claude Geslin

ŒUVRE : Précis d’Histoire de Nantes, Nantes, 1922, in-8°, 131 p. — Lectures historiques de Loire-Inférieure. COLLABORATIONS : L’École Émancipée, n° 1, 1er octobre 1910. — l’École, n° 1, 31 octobre 1914. — L’École de la Fédération, qui prit la suite de l’École le 19 juin 1915, celle-ci étant d’ailleurs la continuatrice de l’École émancipée.

SOURCES : La Tribune socialiste, 22 juin 1946. — Clarté, 29 juin 1946 (avec portrait). — l’Humanité, 23 janvier 1907— Annales de Nantes, n° 9. — Cl. Willard, La Correspondance de Charles Brunellière, socialiste nantais, 1880-1917, Paris, 1968. — Bernard, Bouet, Dommanget, Serret, Le Syndicalisme dans l’enseignement, op. cit.. — Arch. Lavoignat. — Notes d’Alexandre Courban.

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