JOSEPH Georges, Léon, Pierre

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Né le 4 octobre 1896 à Paris (IIIe arr.), mort le 10 juillet 1962 à Bagneux (Seine, Hauts-de-Seine) ; représentant de commerce puis journaliste de la presse communiste ; dirigeant communiste de la région parisienne.

Georges Joseph, photographie de sa fiche de police sous l’Occupation
Georges Joseph, photographie de sa fiche de police sous l’Occupation

Fils de Blanche, Albertine Lévesque, Georges Joseph fut reconnu par le mariage de sa mère avec David Joseph en mars 1902.

Domicilié à Cormeilles-en-Parisis (Seine-et-Oise), Georges Joseph démissionna du bureau de la Fédération communiste de Seine-et-Oise en 1924. Il était un des principaux dirigeants de la Région parisienne du Parti communiste vers 1926-1930. Son nom apparaît pour la première fois dans la liste du comité régional en juin 1926. Secrétaire de Pierre Semard à l’Humanité en 1925 il signa, en 1927, plusieurs articles dans la presse communiste, pour dénoncer l’Opposition et, nominalement une dizaine de ses porte-parole (Calzan, Delfosse, Delsol, Dionnet, Dunois, Faussecave, Léon Girault, Mozes, Paz, Roy) : « La discussion au sein de la Région parisienne » (Cahiers du Bolchevisme, n° 70, 15 avril 1927), « L’opposition dans la Région parisienne » (Bulletin régional, novembre-décembre 1927). Il intervint le 16 juin 1928 à la conférence régionale communiste, sur la « lutte impitoyable contre l’opportunisme ». Le 1er rayon lui confia les cours de son École léniniste créée en 1927 dans les locaux de la mairie de Saint-Denis. Il figure encore parmi les délégués de la conférence de la Région parisienne précédant la conférence nationale de mars 1930 mais, vers avril 1930, il fut arrêté comme gérant du Char d’Assaut. Il semble avoir déjà séjourné en prison auparavant, car Jean Récanati raconte qu’à la fin des années 1940 il aimait montrer dans Fils du peuple la photographie de Maurice Thorez à la Santé où il figure juste derrière André Marty*. Or ce cliché date de juillet 1929 (op. cit., p. 97).

Un rapport de police du 19 janvier 1933 indique que, resté membre du Parti communiste, il est « tombé dans l’oubli » (Arch. Nat. F7/13131). Faut-il lier cette situation avec une anecdote rapportée par Dominique Desanti : « Pour se faire exclure du Komintern, en pleine séance, il fallait aller, comme le camarade Georges Joseph (qui en 1952 travaillait à côté de moi à l’Humanité) jusqu’à crier « Merde ! à Staline » (op.cit., p. 224) ? Ajoutons qu’en juin 1928, Alice Brisset, sa compagne, dut prendre sa défense à la conférence de la Région parisienne, alors que la grave accusation (non fondée) d’être un « agent provocateur » était diffusée contre Joseph. Elle-même connut une éclipse de 1929 à 1939.

Sa fiche de police sous l’Occupation indique : « dernier domicile connu : 4 rue du Port à Cormeilles (Seine-et-Oise), donne également comme adresse 7 rue Armand Sylvestre à Courbevoie. Militant du Parti communiste. Ex-rédacteur au journal l’Humanité. Ex-président de la commission de l’Agit-prop du comité régional de la Fédération de la Seine. »

Joseph dirigea, à la Libération, dans le département de l’Indre, le journal La Marseillaise, il s’occupa avec Madeleine Braun et André Carrel* du journal Front national et fut secrétaire général de l’organisation du même nom en remplacement de Debû-Bridel. Jean Récanati, alors jeune journaliste à son service, le décrivait comme le fils d’un « rabbin alsacien qui s’enchantait d’avoir acquis en trente ans de militantisme le parler grasseyant de l’ouvrier parisien et blagueur », « personnage important dans la préhistoire du Parti, il ne tirait pas trop vanité de sa gloire passée ». Il était rédacteur à l’Humanité lorsqu’il mourut en 1962.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article114542, notice JOSEPH Georges, Léon, Pierre par Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 6 février 2012.

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Georges Joseph, photographie de sa fiche de police sous l'Occupation
Georges Joseph, photographie de sa fiche de police sous l’Occupation
Georges Joseph à la prison de la Santé en juillet 1929 (deuxième rang à droite) avec Paul Bouthonnier (haut, gauche), Maurice Thorez (bas, gauche) et André Marty (bas, droite).
Georges Joseph à la prison de la Santé en juillet 1929 (deuxième rang à droite) avec Paul Bouthonnier (haut, gauche), Maurice Thorez (bas, gauche) et André Marty (bas, droite).
Ce cliché figura dans la première version de Fils du peuple, puis Marty et lui-même disparurent dans les rééditions ultérieures.

SOURCES : RGASPI, 495 270 8443. — Arch. Nat. F7/13103 ; F7/13112, rapport du 23 avril 1927 ; F7/13130, année 1932. — Arch. Jean Maitron, fiche Alice Brisset. — I.M.Th., microfilm 95 (Jacques Girault). — L’Humanité, 10 juin 1926 et 17 juin 1928. — Bulletin régional, novembre-décembre 1927. — Cahiers du Bolchevisme, n° 70, 15 avril 1927. — Jean Récanati, Un gentil stalinien : récit autobiographique, Mazarine, 1980. — Dominique Desanti, Les Staliniens, une expérience politique, 1944-1956, Fayard, 1975. — État civil du IIIe arr.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément