JOULIAN Louis, Paul.

Par Jacques Girault

Né le 10 mai 1895 à Saint-Raphaël (Var), mort le 24 décembre 1980 à Toulon (Var) ; commerçant ; militant socialiste SFIO ; maire de Néoules (Var) de 1944 à 1959.

Fils d’un cultivateur, Louis Joulian s’était engagé dans un régiment d’infanterie en avril 1914. Libéré en octobre 1919, il entra dans la police en décembre 1920 pour en démissionner en juin 1922.
Marié à Toulon en juin 1921, docker à Marseille, il devint commis des douanes. Sans doute veuf, il se remaria en août 1926 à Toulon avec une revendeuse (voir Louise Joulian) qu’il aidait dans ses activités. Le couple eut un enfant.
Louis Joulian, franc-maçon (Grand Orient de France), était le secrétaire de la section de la Ligue des droits de l’Homme vers 1930. Au congrès fédéral de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), le 22 avril 1934, il fut désigné comme secrétaire fédéral adjoint.
Membre de la section socialiste SFIO, fondateur de la section des Jeunesses socialistes, Louis Joulian signa des articles dans l’hebdomadaire lancé par les socialistes toulonnais Le Réveil du Var en 1927 et 1928. Délégué au congrès de la Fédération socialiste SFIO, en mai 1930, il fut délégué au congrès national de Bordeaux, en juin. La section SFIO, pour la première fois, présentait un candidat aux élections cantonales dans le deuxième canton de Toulon depuis la guerre. Joulian, candidat pour le conseil d’arrondissement, obtint le 18 octobre 1931, 817 voix sur 7 521 inscrits et 1 151 voix au deuxième tour. Dans la préparation des élections législatives de 1932, il intervint, comme Jacques Toesca, lors du congrès de la fédération socialiste SFIO, le 17 janvier, pour que le Parti présente un candidat sur le « programme de lutte de classes » dans la première circonscription de Toulon au lieu d’appeler dès le premier tour à voter pour le candidat "rouge" Victor Brémond. Le comité fédéral lui proposa d’être candidat, le 15 mars 1932. Trois jours plus tard, il refusa, tout en confirmant le désir de ne pas laisser aux seuls alliés la possibilité de représenter la gauche dans cette circonscription. Il fut le vice-président du comité qui soutenait le candidat SFIO.
Quand se reconstitua la Fédération socialiste SFIO après la scission « néo-socialiste », Louis Joulian participa au congrès fédéral du 3 décembre 1933 et devint membre du comité fédéral. Il signa avec Jacques Toesca et Octave Gondran l’accord pour une action commune avec les communistes toulonnais, le 20 juin 1934.
« Petit commerçant », habitant la basse ville, candidat au conseil général dans le deuxième canton, Joulian obtint, le 7 octobre 1934, 616 voix sur 8 301 inscrits et, devenu candidat unique de la gauche, 1 561 voix au deuxième tour. Dans le débat qui s’engagea dans la section socialiste à la veille des élections municipales, il s’abstint, le 5 février 1935, dans le vote sur l’alliance éventuelle avec Louis Gozzi, chef de file du Parti socialiste français. À la veille des élections municipales, il figurait sur une liste « anti-escartefiguiste » qui circula en ville. Candidat le 5 mai sur la liste « socialiste et d’unité d’action » SFIO-PSF, il obtint 3 138 voix sur 29 381 inscrits. Sur la liste d’union dirigée par V. Brémond, se réclamant du Front populaire et regroupant SFIO, PSF, PSDF, il obtint, au deuxième tour, 10 181 voix. Élu au bureau de la section socialiste SFIO, en janvier 1937, il en devint le trésorier le 14 janvier. Toujours membre du comité fédéral, candidat au conseil d’arrondissement dans le deuxième canton, il obtint, le 10 octobre 1937, 1 126 voix sur 7 848 inscrits et 1 933 voix au deuxième tour.
À la Libération, Louis Joulian, secrétaire adjoint de la section SFIO de Néoules (Var), présidait le comité local de Libération, puis la délégation municipale mise en place le 20 août 1944. Il fut élu maire de la commune en mai 1945, en octobre 1947 et en avril 1953. Dans une lettre au secrétaire de la Fédération socialiste SFIO, le 8 mars 1954, il annonçait sa démission du comité fédéral et de la commission des conflits.

Louis Joulian habitait toujours Toulon depuis la guerre dans la quartier du Fort-Blanc. Retiré, le couple habita par la suite dans un appartement du quartier de La Loubière.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article114560, notice JOULIAN Louis, Paul. par Jacques Girault, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 25 juillet 2018.

Par Jacques Girault

SOURCES : SOURCES : Arch. Nat. F7/13 085 — Arch. Dép. Var, 2 M 5 285, 6 25, 7 35 4 ; 4 M 46, 59 3 ; 3 Z 2 6, 12, 14. — Arch. Com. Néoules. — Arch. J. Charlot (Centre d’histoire sociale du XXe siècle). — DBMOF, notice par J. Girault. — Sources orales. — Notes de Jean-Marie Guillon.

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