KERHERVÉ Joseph

Par Daniel Grason

Né le 6 juin 1904 à Lohuec (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor), mort le 15 novembre 1942 à Auschwitz (Pologne) ; ouvrier gazier ; syndicaliste CGTU puis CGT ; militant communiste ; résistant, emprisonné, interné, déporté.

Fils de François, laboureur et de Maria, née Jaouen, ménagère, Joseph Kerhervé épousa Marie Lachater à la mairie de Plourac’h le 9 mai 1929. Le couple vint habiter en région parisienne, il travailla dès 1931 à l’usine à gaz du Landy de la plaine Saint-Denis (Seine, Seine-Saint-Denis) dépendant de la Compagnie du Gaz de Paris. En 1937 le couple sans enfant, demeura 80, rue d’Amiens à Pierrefitte.

Il adhéra à la CGTU puis à la CGT, succéda à Auguste Persancier comme secrétaire du groupe syndical du Landy. En mai 1938, il était membre du conseil d’administration du syndicat CGT du Gaz de Paris (section ouvriers). Il adhéra au parti communiste à Pierrefitte, participa aux initiatives de l’organisation jusqu’à la dissolution de septembre 1939. De la classe 1924, il fut mobilisé du 2 septembre 1939 au 10 juillet 1940.

À son retour, il était l’un des responsables du groupe syndical clandestin de l’usine, en avril 1941 il collecta parmi ses camarades de travail en faveur des femmes des emprisonnés politiques. Il fut arrêté le 16 avril par la sûreté nationale « pour menées communistes », incarcéré à la prison de Pontoise (Seine-et-Oise, Val-d’Oise). Le Tribunal correctionnel le condamna à huit mois de prison et cinquante francs d’amende « pour menées communistes », infraction du décret-loi du 26 septembre 1939. Il fit appel, le 5 juillet il était emmené à la prison de Fresnes (Seine, Val-de-Marne), la Cour d’appel de Paris confirma la peine le 28 juillet 1941. Il était transféré au camp d’internement de Rouillé (Vienne), le 16 octobre en application du décret-loi du 18 novembre 1939.

Joseph Kerhervé était dans le convoi du 6 juillet 1942 de mille cent soixante-quinze hommes qui partit de Compiègne (Oise) à destination d’Auschwitz (Pologne). Ce transport politique était composé essentiellement de militants communistes, de quelques socialistes et radicaux, de syndicalistes de la CGT, et de cinquante-six juifs. L’administration allemande entendait dissuader les dirigeants et les résistants communistes de poursuivre la guérilla urbaine, commencée en août 1941, sous la forme d’attentats contre des officiers et des soldats de l’armée d’occupation.

Ce convoi fut particulièrement meurtrier, 90 % des déportés périrent. Matricule 45702, Joseph Kerhervé mourut le 15 novembre 1942. Cinq militants de Pierrefitte étaient dans ce transport, aucun ne revint. Il a été homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF).

Son nom figura sur le monument aux morts de Pierrefitte, ainsi que sur la stèle des gaziers de l’usine du Landy, morts pendant la guerre. L’usine devant être démolie, le monument fut déplacé à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), une cérémonie d’inauguration eut lieu le 25 août 1977 au cours de laquelle Marcel Paul* prit la parole.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article114758, notice KERHERVÉ Joseph par Daniel Grason, version mise en ligne le 19 mars 2012, dernière modification le 9 janvier 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., BA 2113, BA 2374. – Bureau Résistance GR 16 P 318455. – Archives de la FNE-CGT. – Le Gazier de Paris mai-juin 1938, avril 1946. – Notes de René Gaudy. – Arch. Mun. Gennevilliers. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – Site Internet GenWeb. – JO n° 285, 9 décembre 1994. – État civil.

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