LACROIX Auguste, Simon

Par Louis Bonnel

Né le 9 février 1898 à Versailles (Seine-et-Oise), mort le 10 mars 1966 à l’hôpital d’Evreux (Eure) ; chauffeur-livreur, employé dans une imprimerie ; syndicaliste CGTU ; , communiste dissident.

Son père, ouvrier dans l’industrie de la chaussure à Bourges (Cher), étant devenu veuf peu après la naissance de son fils, le confia à sa grand-mère paternelle domiciliée à Versailles. Après l’école primaire, celle-ci désirant en faire un ecclésiastique l’envoya au séminaire où il étudia près de deux ans. A sa sortie, Auguste Lacroix était devenu anticlérical et révolutionnaire. Il commença un apprentissage de typographe mais, étant d’une santé fragile, il fut contraint de renoncer aux longues journées en atelier pour occuper divers emplois en plein air. A sa majorité, il fut embauché comme conducteur à la Compagnie des Tramways de Versailles d’où il fut licencié en 1922 pour menées grévistes.

Membre du Parti communiste et de la CGTU, il milita ensuite à Paris (XVIIIe arr.) et à Noisy-le-Sec (Seine) où il fut candidat sans succès aux élections municipales de mai 1925. Embauché comme livreur en mars 1925 à l’imprimerie coopérative La Cootypographie, 11 rue de Metz à Courbevoie (Seine), il était logé sur place à partir d’avril 1927 et faisait ainsi office de concierge.

Militant actif, Auguste Lacroix devint rapidement membre du comité de rayon (15e rayon : Puteaux, Suresnes, Nanterre, Colombes, La Garenne, Courbevoie et Neuilly). Défendant par la suite les idées de l’opposition de gauche dans les réunions intérieures, il fut exclu du Parti communiste avec quelques autres militants à la conférence de rayon tenue en 1929 pour divergences trotskystes.

Les exclus fondèrent le Groupe oppositionnel du 15e rayon, qui était également appelé Groupe Lacroix, en raison de son rôle d’animateur. Ce groupe resta autonome jusqu’à sa fusion le 10 juin 1933 dans la Fraction de gauche communiste. Organisation qui disparut le 2 décembre 1933 par son regroupement au sein de l’Union communiste (organe, L’Internationale) constituée le 14 octobre 1933 par trente-cinq dissidents de la Ligue communiste.

Tout en poursuivant son activité à l’Union communiste, il était militant du Livre à la CGTU puis à la CGT réunifiée et coopérateur du restaurant « Chez Nous », boulevard Richard-Wallace à Puteaux (Seine).

Le développement puis la survie de « La Cootypo » fut sans cesse dans ses préoccupations. Il écrivit en juin 1934, une brochure signée Jacob intitulée Que faire ? où il préconisait un certain nombre de mesures allant dans ce sens. En effet, si les salaires horaires étaient identiques pour tous et un taux plus élevé que celui pratiqué dans les autres imprimeries, que les congés payés étaient en vigueur depuis 1920, etc., en contrepartie, cela n’allait pas sans beaucoup d’efforts et de sacrifices de tout le personnel, dont l’horaire fut parfois ramené à 30 heures et même 24 heures par semaine.

Militant intègre, habitué à l’action et à la réflexion, il fut à deux reprises désigné par les sociétaires pour occuper bénévolement des fonctions de premier plan au sein du conseil d’administration.

Avec l’âge, ses ennuis de santé s’aggravèrent et il fut contraint d’arrêter son activité en 1956 et se retira l’année suivante à Vernon (Eure). Il n’abandonna pas pour autant toute activité militante : il fut membre à partir de 1961 du Congrès européen (citoyen de l’Europe) ainsi que de l’Union des Vieux de France, et en relation à partir de 1963 avec la section locale du Parti socialiste unifié.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article115118, notice LACROIX Auguste, Simon par Louis Bonnel, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 11 octobre 2018.

Par Louis Bonnel

SOURCES :La Vérité, 2 février 1933. — Contre le Courant, n° 27-28, 12 avril 1929. — Bulletin de Opposition de gauche du 15e rayon. — La cootypographie, 1900-1950. — J. Rabaut, Tout est possible !, Paris, 1974. — D. Gluckstein, Les Mouvements oppositionnels au PC (1924-1928), Mémoire de Maîtrise, Paris VIII, 1976. — Notes de J.-M. Brabant.

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