LACROIX Claude, dit Claudius

Par Jean Lorcin, notice complétée par Jean-Michel Steiner

Né le 7 octobre 1892 à Saint-Étienne (Loire), mort le 16 septembre 1963 à Saint-Étienne ; métallurgiste, syndicaliste CGT, militant communiste ; interné administratif.

Fils d’Antoine, employé aux tramways qui devint ensuite gardien de la Paix, et de Marie Jamont. Claude Lacroix fut d’abord papetier avant de devenir métallurgiste.

Il fut incorporé au 28è Bataillon de chasseurs à pied le 9 octobre 1913. Mobilisé le 2 août 1914, il fut blessé par balles le 2 septembre et fait prisonnier envoyé dans un hôpital d’Ulm (Allemagne) avant d’être rapatrié à Lyon le 26 juillet 1915 puis à Saint-Étienne le 25 avril 1916. Il reçut la médaille militaire en 1920 et la Croix de guerre le 24 mai 1934.

Le 10 février 1917 à Saint-Étienne, il épousa Mélanie Malot, couturière âgée de 22 ans, fille d’un manoeuvre. Le couple habitait alors 114 rue Valbenoite et Claude Lacroix était usineur. Deux fils sont nés rapidement : Joseph Marie, le 12 novembre 1917 et Jacques Marie le 24 novembre 1918.

En 1925, le couple s’était installé 16 rue de Tardy. Trésorier du syndicat des métallurgistes de Saint-Étienne depuis 1920, il fut arrêté en 1927 pour avoir pris part à une manifestation communiste. Il figura sur la liste des candidats du PC aux élections municipales de Saint-Étienne en 1925 et 1930.

Claude Lacroix était secrétaire de la cellule du quartier de Polignais, à Saint-Étienne (quinze adhérents) en 1932 (voir Jean Siber, trésorier). Est-ce le même Lacroix que le secrétaire de la cellule du Centre de Saint-Étienne, qui passait pour la plus importante de la Loire et dont les dirigeants étaient qualifiés comme les « plus actifs du Parti » (Arch. Nat. F7/13110) en 1927 ?

Au moment de la dissolution il travaillait à la Manufacture Nationale d’Armes. Le dossier de l’inspecteur spécial Nonnon, le classant parmi les « principaux animateurs du rayon sud ouest », ajoutait : « très actif. Demeure 16 rue de Tardy (dans la cour à droite) ». Objet d’une décision préfectorale d’internement administratif il fut enfermé le 30 mai 1940 au château de Mons, près d’Arlanc (Puy-de-Dôme), puis à l’été au centre de séjour surveillé de Chibron (commune de Signes, Var). Dans le même temps les deux fils de Claude Lacroix et Mélanie Malot, mobilisés en 1939, furent faits prisonniers. À la fermeture du camp de Chibron, leur père fut transféré à Fort-Barraux (Isère), le 14 février 1941. En juillet 1941 il fut amené à Saint-Étienne et incarcéré à la prison de Bellevue, pour être jugé de l’inculpation d’abus de confiance. Ayant bénéficié d’une ordonnance de non lieu il fut renvoyé au Fort Barreaux le 19 juillet 1941. Le préfet de la Loire s’opposa à une mesure de libération à l’occasion du 1er mai 1942. Il fut envoyé au camp de Saint Sulpice la Pointe le 23 novembre 1942. Le 30 avril 1943, le préfet de la Loire s’opposa à nouveau à sa libération.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article115119, notice LACROIX Claude, dit Claudius par Jean Lorcin, notice complétée par Jean-Michel Steiner, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 31 juillet 2022.

Par Jean Lorcin, notice complétée par Jean-Michel Steiner

Arch. Nat. F7/13110, 13121,13129. — Arch. Dép. Var, 4 M 291. — site Mémoire des hommes SHD Vincennes GR 16 P 327860 (nc). ⎯ notes Jean-Marie Guillon. — Arch. Dép. Loire : 1R1643, classe 1912, subdivision de Saint-Étienne, matricule n°1651— 6M700, recensement Saint-Étienne sud est, 1936 — 1M525, dissolution des organisations liées à la IIIè Internationale (1939) — Arch. Mun. Saint-Étienne : 2E114 , naissances 1892 — 3E141, mariages 1917 —2E164, naissances 1917 — Listes électorales : 1K12 (1925) 

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable