LAINÉ Pierre, Henri, Roger

Par Justinien Raymond

Né le 18 juillet 1899 à Muides-sur-Loire (Loir-et-Cher), mort le 22 mars 1934 à l’hôpital Ambroise-Paré de Boulogne-Billancourt (Seine) ; journaliste ; secrétaire général des Jeunesses socialistes ; militant socialiste de Paris puis du Loir-et-Cher.

Fils d’un employé de commerce, Pierre Lainé (ou Laîné) avait fait de bonnes études primaires et allait entrer au lycée quand la mort de son père le contraignit à gagner sa vie et pour aider les siens : il était l’aîné de quatre enfants. Il se fit employé de commerce et bientôt, avec sa famille, vint à Paris. Sa mère adhéra à la 15e section socialiste de Paris et lui-même entra aux Jeunesses socialistes à quatorze ans. Plus tard, affilié lui aussi à la 15e section, il connut Maurice Delépine qui le prit en amitié, guida ses lectures et lui enseigna la doctrine. Passionné par l’étude, il fut reçu chez Anatole France à plusieurs reprises.

Pendant la Première Guerre mondiale, il apporta sa fougue et ses dons oratoires au combat « minoritaire ». Lainé était devenu secrétaire général des Jeunesses socialistes SFIO à la conférence de Saint-Denis, le 23 juin 1918. À celle de Troyes, le 4 avril 1920, il s’affirma partisan de l’adhésion avec réserves à l’Internationale communiste des jeunes, c’est-à-dire au statu quo. Majoritaire, il participa le 21 mai 1920 à la conférence de Milan des Jeunesses socialistes des pays occidentaux, réunie à l’instigation de l’ICJ. Sa motion « reconstructrice » fut mise en minorité lors du congrès national de Paris des 31 octobre et 1er novembre 1920. Lainé présida à la parution éphémère du Drapeau rouge publié dans les locaux du Populaire.
Délégué de la Seine au congrès de Tours (décembre 1920) pour la motion Longuet, il fut par la suite le premier secrétaire des Jeunesses socialistes.

En 1921, il entra au Populaire du matin qui succédait à celui du soir, mais dut bientôt le quitter, l’organe socialiste étant contraint de réduire son personnel. Il devint alors rédacteur au Petit Parisien qui l’envoya au Sahara suivre la mission Audouin-Dubreuil. Il apprit à piloter et inaugura le reportage par avion. Un accident d’automobile interrompit cette épopée.

Il n’avait pas abandonné la 15e section et, aux approches des élections législatives de 1924, il put réunir action militante et travail professionnel : il entra au Quotidien où il se révéla un bon informateur parlementaire. En 1928, il participa au Populaire consolidé. La même année, il fut candidat aux élections législatives du 22 avril dans la 2e circonscription du XVe arrondissement de Paris (quartiers Grenelle-Necker) : il recueillit 2 949 voix (14,1 % des 20 968 inscrits) sur 18 342 votants et se retira.

Il habitait Clichy (Seine) quand il eut l’investiture SFIO pour se présenter aux élections législatives partielles du 28 juillet 1929 dans la première circonscription de Blois (Loir-et-Cher), en remplacement d’Amiot, décédé. Il fut soutenu par le docteur Olivier, maire socialiste de Blois, et Léon Blum vint l’appuyer et combattre Chautemps dans une réunion publique. Il obtint 1 471 voix sur 15 496 suffrages exprimés et remercia simplement ses électeurs. L’appel à voter pour Chautemps au deuxième tour, le 28 juillet 1929 vint, non de lui, mais de la Fédération socialiste du Loir-et-Cher.

Secrétaire de cette fédération, il tint maintes réunions publiques. Le Parti socialiste, après l’éviction de Richard Georges en 1932, comptait le présenter à Romorantin aux législatives de 1936, mais il mourut le 22 mars 1934 à Boulogne (Seine). Il appartenait depuis 1933, au titre de la motion Auriol, à la CAP de la SFIO.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article115462, notice LAINÉ Pierre, Henri, Roger par Justinien Raymond, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 14 avril 2020.

Par Justinien Raymond

SOURCES : Arch. Nat. F7/12992. — Arch. Dép. Loir-et-Cher, sous-série M, Élections. — Le Populaire, 23 mars 1934 (article nécrologique de Léon Blum), 24 mars 1934 (Louis Lévy : « Pierre Lainé, socialiste et journaliste »). — F. Castaing, « Aux origines des JC », Le Mouvement social, n° 74, 1er mars 1971. — Annie Kriegel, Aux origines du communisme français, 1914-1920, op. cit. — J. Humbert-Droz, Origines et débuts des Partis communistes des pays latins, 1919-1923,op. cit. — J. Varin, Jeunes comme JC, op. cit. — G. Lachapelle, Les élections législatives, op. cit.Le congrès de Tours, Édition critique, op. cit. — Renseignements fournis par J. Dupuy et K. Loustau à Thérèse Burel. — État civil de Muides-sur-Loire. — Notes de Jacques Girault, Jean Maitron, Claude Pennetier et Thérèse Burel.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément