LAMBRY Marcel

Par Claude Pennetier

Né le 21 octobre 1907 à Paris (Xe arr.), mort le 6 juin 1996 à Pantin (Seine-Saint-Denis) ; représentant de commerce ; conseiller général communiste de Pantin (Seine) de 1938 à 1940.

Fils naturel d’Angéline Vaudel, ouvrière en chaussures (née à Blois le 12 avril 1883, fille d’un plâtrier), Marcel Lambry fut reconnu par Louis Lambry, marbrier, le 16 mai 1912 à Paris (XXe arr.) puis légitimé par le mariage de ses parents, le 15 février 1916 dans le même arrondissement. Ses parents étaient, en 1938, tous deux ouvriers en chaussures. Lui-même se maria le 23 juin 1927 à Pantin, avec Rose Moteh, une manutentionnaire, fille d’un vieux sympathisant communiste d’origine belge, concierge avec sa femme dans l’immeuble de Lambry. Ils eurent une fille. Après avoir obtenu son certificat d’études primaires, il commença à travailler comme apprenti boucher dans le XXe arr. de douze ans et demi à seize ans puis dans le Xe arr. (rue des Marais). Au cours de son service militaire, il fut breveté secrétaire militaire dans la marine. De nouveau dans le commerce de la chaussure de vingt trois à vingt six ans, il devint à partir de 1932, représentant en chaussures, son salaire passant de 14 400 F à 30 000 F par an.

Secrétaire d’un BOP au début de 1935, membre du SRI (Secours rouge international) sympathisant communiste, il fut nommé secrétaire du comité local de Front populaire de Pantin (Seine) « J’ai obtenu ce poste, disait-il dans son autobiographie du 28 janvier 1938, par l’influence de notre camarade Hénaff ». En mai 1936, il adhéra au PC sur les instances de son ami F. Couthier. Membre de la cellule 509, il entra dès juin au comité de section après la conférence de section puis fut désigné par la région comme secrétaire de la section qu’il dirigea avec « les conseils » d’Auffret et de Gitton. Au cours du mouvement de juin 1936, auquel il participa, il fut « mandaté par le comité local pour solutionner les conflits [et il] put faire terminer quelques grèves ». Marcel Lambry fut élu conseiller municipal avec Armand Klein lors des élections complémentaires des 20 et 27 février 1938. Cette consultation faisait suite à la mort de Charles Auray, maire socialiste puis néo-socialiste de la ville. L’assemblée municipale comptait un autre communiste, Maurice Laporte, élu comme membre de l’Union socialiste républicaine et rallié au PCF par antifascisme.

Le Parti communiste présenta Marcel Lambry à l’élection du conseil général (canton de Pantin, 1re circonscription) les 20 et 27 mars 1938. Il recueillit 3 402 voix sur 10 711 inscrits, contre 1 432 suffrages au néo-socialiste René Marais et 796 au socialiste SFIO. Charles Bréchoir. Il conquit le siège au second tour avec 4 227 voix. En septembre 1938, il fit un voyage en Tchécoslovaquie.

La préfecture de la Seine le déchut de son mandat de conseiller général le 21 janvier 1940, malgré sa rupture avec le Parti communiste annoncée le 29 décembre 1939, près d’un mois après celle de Gitton. Il fut l’un des quatre-vingt quatorze signataires de la « Lettre ouverte aux ouvriers communistes » que Gitton diffusa, en septembre 1941. Sur la « Deuxième lettre ouverte » (printemps 1942), il apparaissait comme membre du Comité central du Parti ouvrier et paysan français (POPF).

Il resta à Pantin après la Libération et vécut à l’adresse qui était la sienne avant la guerre. Dans une lettre à l’historien Jacques Boutonnet, Marcel Lambry écrivait « depuis la signature du Pacte germano-soviétique, j’ai abandonné toute activité politique, et mes archives ont été détruites avant l’arrivée des Allemands à Paris » (lettre du 24 février 1972). Douze ans plus tard, il précisait : « Une fois mes espérances déçues et mes illusions envolées, j’ai décidé d’observer la loi du silence et de ne plus jamais m’intéresser à la politique (dans ma famille on ne crache pas dans la soupe). Je ne lis plus les journaux et je tourne le bouton de la télévision quand un politique parle. » (lettre du 28 novembre 1984).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article115627, notice LAMBRY Marcel par Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 septembre 2014, dernière modification le 24 décembre 2017.

Par Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Dép. Seine, DM3 ; D3 M2 2 ; versement 10451/76/1 ; listes électorales et nominatives. — Arch. PPo. 101, 25 mai 1941. — État civil de Paris (Xe arr. et XXe arr.). — Jacques Boutonnet, L’implantation du Parti communiste à Pantin dans l’entre-deux-guerres, Mémoire de Maîtrise, Paris I, 1972. — Correspondance avec Marcel Lambry. — Renseignements recueillis Michèle Rault et Nathalie Viet-Depaule. — RGASPI, Moscou, 495 270 2406 dossier personnel, autobiographie du 28 janvier 1938. — État civil.

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