LANCELIN Camille, Édouard

Par Madeleine Rebérioux

Né le 18 janvier 1879 à Sens (Yonne), mort le 5 mars 1957 à Toucy (Yonne) ; typographe ; militant socialiste avant 1914.

Camille Lancelin fait partie de la deuxième génération des socialistes de Sens dont les familles étaient étroitement unies entre elles, souvent par mariage, et dont l’évolution fut fortement marquée par le désir de réussir, les difficultés de faire une « carrière socialiste » dans l’Yonne et la personnalité de Gustave Hervé. Son père, coupeur en chaussures, était un vieux militant du POSR ; sa mère, Eulalie Guyard, appartenait à une famille dans le café de laquelle se réunissaient les socialistes sénonais ; à vingt-deux ans, le 13 août 1901, il épousa Marie Duporc, fille d’un typographe bourru, père du socialisme à Sens : G. Hervé et A. Lenormand lui servirent de témoins et, contrairement à la coutume, ce fut le maire lui-même, Lucien Cornet, et non le premier adjoint qui les maria.

Il était alors typographe, excellent ouvrier et, depuis le début de 1900, secrétaire des Jeunesses socialistes de Sens. Il venait en outre d’être désigné comme secrétaire du groupe socialiste. Il représenta d’ailleurs toutes les organisations syndicales et socialistes de la ville au 2e congrès général des organisations socialistes françaises qui se tint à Paris en septembre 1900 — Voir Carré L. Poursuivi pour sa participation au Pioupiou de l’Yonne, il fut acquitté sur plaidoirie de Briand le 6 février 1902. Son activité locale tend alors à se relâcher. Sa femme lui suggère de « monter à Paris » où Lucien Cornet, député-maire aux infinies capacités de services, lui trouve une place à l’Imprimerie nationale. Il devient alors, en 1906, secrétaire du Cercle socialiste des originaires de l’Yonne, mais pour peu de temps.

Après la guerre, il évolua rapidement vers la droite et revint à Sens, en liaison avec G. Hervé et P.-E. Flandin, pour y fonder un journal favorable au Bloc national, puis au Parti Social Français (colonel de la Rocque), la Tribune de l’Yonne. Son beau-père, François Duporc, brisé par la vie, y trouva un emploi de prote qui lui permit de ne pas mourir de faim. Veuf en 1941, C. Lancelin se remaria à Toucy où sa vie s’acheva en 1957.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article115703, notice LANCELIN Camille, Édouard par Madeleine Rebérioux, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 24 novembre 2010.

Par Madeleine Rebérioux

SOURCES : Arch. Dép. Yonne III, M 1/303. — Témoignages personnels. — Le Travailleur socialiste de l’Yonne.

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