LAPEYRE Guillaume, dit AUDINET

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Né le 5 novembre 1878 à Pauillac (Gironde), mort le 20 novembre 1938 à Bordeaux (Gironde) ; métallurgiste ; syndicaliste ; communiste oppositionnel.

Fils d’un « valet », Guillaume Lapeyre participa pendant son service militaire à la campagne de Chine et fut, en 1906, chauffeur aux usines du Rhône, puis chauffeur conducteur de grue à l’outillage du port de Bordeaux, où il resta de 1908 au 2 août 1914. Il était alors un propagandiste de la revue La Vie ouvrière.

Affecté spécial aux usines Dyle et Bacalan de Bordeaux le 1er octobre 1915, il fit partie de la minorité pacifiste du Parti socialiste et de la CGT. Ses « propos subversifs » et pacifistes lui valurent d’être arrêté en 1915 et traduit devant un conseil de guerre qui, après trois mois de détention, lui accorda un non-lieu.

Admirateur de la Révolution russe, Lapeyre fut, avec Georges Gaye et Charles Thibeaudeau, un des premiers partisans de l’adhésion à la IIIe Internationale dans la Fédération socialiste de Gironde. Après les grèves de 1920, il fut renvoyé des usines Dyle et Bacalan et travailla un temps comme chauffeur aux Charbonnages Terré où il connut un nouveau renvoi, avant de devenir concierge à la Maison du Peuple de Bacalan.

On ignore la date de sa rupture avec le Parti communiste. Parmi les premiers abonnés de La Révolution prolétarienne, il s’était, selon cette revue, prononcé contre l’emprise du PC sur la CGTU dès 1925 et aurait été chassé de la Maison du Peuple de Bacalan vers 1928. Cependant les rapports de police le disent membre de la cellule communiste du quartier de Bacalan en septembre 1927. Le 17 juin 1928, délégué au IIIe congrès de l’Union locale CGTU, il présenta un rapport sur la Maison du Peuple. La rupture semble dater de l’année 1928. Devenu docker en 1928, il joua un grand rôle dans la grève de cette corporation et lutta contre le poids des militants communistes dans la CGTU.

Lapeyre cessa de travailler en 1936 ou 1937. Marié, il était le père de Roger Lapeyre qui devint, lors de la scission de 1947, militant de FO et secrétaire de la Fédération des Travaux publics et des Transports.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article115878, notice LAPEYRE Guillaume, dit AUDINET par Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 17 août 2019.

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Nat. F7/12987, F7/12989, F7/13602. — Arch. Dép. Gironde, 1 M 528, 533. — La Révolution prolétarienne, 10 février 1939 (article de Barrué). — Jean Cavignac, « Notes biographiques sur les militants communistes en Gironde dans l’Entre-deux-guerres », Bulletin de l’IAES, n° 40-41, 1982-1984. — État civil de Pauillac.

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