LARNICOL Louis

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson, Annie Pennetier, Claude Pennetier

Né le 18 octobre 1909 à Plobannalec (Plobannalec-Lesconil, Finistère), exécuté sommairement le 11 juin 1944 à Pont-l’Abbé (Finistère) ; instituteur ; militant communiste ; FTPF-FFI.

Louis Larnicol était le fils de Pierre Jean Larnicol, marin-pêcheur, et de Marie Louise Le Lay, ménagère, domiciliés à Plobannalec (Finistère). Instituteur public formé à l’École normale d’instituteur de Vannes (Morbihan), il fut dans ce département d’abord nommé à la rentrée d’octobre 1929 à Inzinzac (Inzinzac-Lochrist), puis il fut muté à Ruffiac en octobre 1930 et à Landévant en octobre 1932. À la rentrée 1936, après son service militaire, il fut muté à Lanester. Le 25 janvier 1939, il a épousé Évelyne Eugénie Antoinette Debaene, née le 26 juin 1921 à Bruxelles (Belgique).

En 1941 Louis Larnicol fut sanctionné par le régime de Vichy en raison de ses convictions communistes et fut muté par mesure disciplinaire à Berné (Morbihan). Il n’en continua pas moins ses activités, réunissant chez lui des camarades et des résistants, en particulier son cousin Alain Le Lay, secrétaire régional du parti communiste clandestin pour le Finistère-Nord et le Morbihan.
Le couple cachait à son domicile des résistants recherchés par la Police française et la Police allemande dont ils ne connaissaient que les pseudos, en particulier François Kersulec, pseudo Jérôme, de Scaër (Finistère), qui participait activement à la Résistance avec sa mère, Rosine Kersulec. Cette dernière fut arrêtée en 1943 et déportée au camp de Ravensbrück d’où elle est rentrée. Quant à François Kersulec, il est resté planqué chez les Larnicol jusqu’à sa condamnation par contumace à 15 ans de travaux forcés et 20 ans d’interdiction de séjour pour « distribution de tracts ». Il fut ensuite pris en charge par Alain Le Lay qui lui trouva une planque plus éloignée de Scaër.
Louis Larnicol s’engagea dans les Francs-tireurs et partisans français (FTPF) le 15 octobre 1943. Au printemps 1944, inquiet de la présence dans le village voisin de Kernascléden d’un groupe d’autonomistes bretons et craignant sans doute d’être dénoncé, il décida sur les conseils de son cousin, Pierre Quéméner, d’aller se réfugier chez son oncle Alain Larnicol au Menez Veil en Lesconil (Finistère). Il y rejoignit un groupe de FTPF qui s’était installé dans les fermes de Brézéan.
Le 9 juin 1944 au matin, les fermes de Brézéan furent encerclées par une unité de la Wehrmacht qui se livrait à des actions de représailles après la capture le 6 juin de quatre soldats allemands par des résistants de Plomeur (Finistère). Louis Larnicol fut capturé avec six de ses camarades. Il fut incarcéré avec eux à Pont-L’Abbé (Finistère) dans l’École Saint-Gabriel réquisitionnée par la Wehrmacht qui y avait installé la Kommandantur, une caserne et une prison. Il y fut exécuté au cours de la nuit du 10 au 11 juin 1944.
Le 11 juin 1944, très tôt le matin, Pierre Le Moigne qui était lui aussi détenu dans la prison Saint-Gabriel, a aperçu la dépouille de Louis Larnicol gisant dans une écurie. Selon son témoignage recueilli par Christian Larnicol, Louis Larnicol aurait eu un geste de rébellion envers un de ses geôliers et aurait été immédiatement abattu sans aucune sommation.

Louis Larnicol a obtenu la mention « Mort pour la France » et a été homologué FFI avec le grade de sous-lieutenant. Le statut d’Interné-résistant lui a été attribué à titre posthume, ainsi que la Médaille de la Résistance par décret du 18 mars 1970, publié au JO du 12 mai 1970.
Charles Tillon lui a décerné à titre posthume un Diplôme du Comité militaire national des FTPF « pour avoir servi avec bravoure dans les rangs des FTPF pendant la guerre de libération nationale. Il a droit à la reconnaissance de la Patrie libérée ».

Dans le Finistère, le nom de Louis Larnicol est inscrit sur une stèle dédiée « Aux enfants de Lesconil morts pour la France - Guerre 1939-1945 » érigée dans le cimetière communal où une plaque apposée par des communistes de Lesconil lui rend hommage. À Pont-l’Abbé, sa mémoire est honorée par une plaque avec photo, située dans le jardin du lycée Saint-Gabriel, dont la présence est signalée aux passants par une autre plaque sur la façade du lycée. Cette plaque rend aussi hommage à Louis Méhu, maire de Plomeur arrêté comme otage et exécuté à Saint-Gabriel le 12 juin 1944.
Dans le Morbihan, à Lanester où une rue porte son nom, il figure sur le monument aux morts communal.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article116039, notice LARNICOL Louis par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson, Annie Pennetier, Claude Pennetier, version mise en ligne le 1er juillet 2018, dernière modification le 15 février 2021.

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson, Annie Pennetier, Claude Pennetier

Louis Larnicol
Louis Larnicol
SOURCE : René Le Guénic,
Morbihan, Mémorial de la Résistance
La stèle 1939-1945 du cimetière de Lesconil
La stèle 1939-1945 du cimetière de Lesconil
SOURCE : GenWeb
La plaque apposée</br> par les communistes de Lesconil
La plaque apposée
par les communistes de Lesconil
SOURCE : Site plaques-commemoratives.com
Dans le cimetière de Lanester
Dans le cimetière de Lanester
SOURCE :
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson

SOURCES : SHD, Vincennes, GR 16 P 339035. — " Louis Larnicol ", Ami entends-tu…, ANACR-56, numéro 151, 4e trimestre 2009. — Roger Leroux, Le Morbihan en guerre 1939-1945, Joseph Floch imprimeur éditeur à Mayenne, 1978. — Georges-Michel Thomas et Alain Le Grand, Le Finistère dans la guerre 1939-1945, tome 2, La Libération, Éditions de la Cité, 1981. — René Le Guénic, Morbihan, Mémorial de la Résistance (photo), Imprimerie Basse Bretagne, Quéven, 2013. — Lettre manuscrite d’Évelyne Larnicol, veuve de Louis Larnicol, adressée le 12 novembre 2000 à Christian Larnicol. — Témoignage de Pierre Le Moigne recueilli par Christian Larnicol. — Site plaques-commemoratives.org (photo). — Mémorial GenWeb (photo). — État civil, Plobannalec-Lesconil (acte de naissance).

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