LAROULANDIE Lucien, Léon (pseudonyme LUCIEN L.)

Par Claude Pennetier, Jean-Luc Pinol

Né le 13 mai 1904 à Paris (XIVe arr.), mort le 22 septembre 1979 à Sens (Yonne) ; tourneur sur métaux ; journaliste à l’Humanité ; membre du Comité central du Parti communiste de 1929 à 1932.

Lucien Laroulandie adhéra aux Jeunesses communistes en 1923 et aux Parti communiste en 1926. Salarié en 1921, il était membre du syndicat unitaire des Métaux depuis 1923. Les activités politiques et syndicales de Lucien Laroulandie sont très mal connues malgré l’importance des responsabilités qui furent les siennes entre 1929 et 1932. Tourneur mécanicien chez Citroën jusqu’en septembre 1928, il devint rédacteur à l’Humanité.

En 1929, il habitait à La Varenne, commune de Saint-Maur-des-Fossés (Seine) dans un pavillon lui appartenant, était marié (il s’atait marié le 12 avril 1924 à Paris, IIe arr.) et père de trois enfants. Il dirigeait le 13e rayon communiste de la Seine. La police l’interpella le 24 mars 1929, salle Reflut à Clichy, avec les 129 députés de la conférence communiste de la Région parisienne (voir M. Ancelle). Il fut élu au Comité central lors du congrès de Saint-Denis (31 mars-7 avril 1929) et devint permanent. Laroulandie eut, un temps, la responsabilité de la rubrique « Information politique » de l’Humanité où il signait L. Lucien. Il aurait même appartenu (ou du moins été associé) au Bureau politique avant d’en être écarté pour - si l’on en croit les rapports de police - « incapacité notoire ». La justice l’avait inculpé pour complot contre la sûreté intérieure et extérieure de l’État, en 1930.

Membre de la commission exécutive de l’Union syndicale unitaire des travailleurs de la métallurgie de la région parisienne de 1929 à 1931, il devint, en 1930, secrétaire appointé de cette organisation (voir Alfred Costes). Laroulandie assurait également le secrétariat du Comité intersyndical de Saint-Maur. La police le présentait alors comme un militant qui intervenait fréquemment dans les réunions publiques et en « termes violents ».

Au cours de son Xe congrès (7-8 octobre 1932), l’Union des syndicats des travailleurs de la Métallurgie, Voiture, Aviation, Maréchalerie et similaires de la région parisienne signala que Laroulandie avait été victime d’un très grave accident le 25 août 1931. Sa disparition des organismes dirigeants doit-elle être attribuée à des problèmes de santé ou à des problèmes politiques ? En 1931, rendu responsable de l’échec de la grève des ouvriers de l’usine Chenard et Walker à Gennevilliers (Seine), il fut l’objet d’un rapport du secrétaire de la Fédération unitaire des Métaux, Ambroise Croizat, au secrétariat de la CGTU, soulignant son « incapacité » et laissant entendre que son éviction était souhaitable.

En 1934, la commission des cadres du Komintern se préoccupait de comprendre une « histoire assez trouble » : il avait été retrouvé sur une voie ferrée avec une jambe coupée. « Voir qui voulait le tuer » demandait le rapport.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article116058, notice LAROULANDIE Lucien, Léon (pseudonyme LUCIEN L.) par Claude Pennetier, Jean-Luc Pinol, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 24 novembre 2010.

Par Claude Pennetier, Jean-Luc Pinol

SOURCES : Arch. Komintern, RGASPI, 517 1 846 ; 495 270 4956. — Arch. Nat. F7/13119, rapport du 24 mars 1929, F7/13771, rapport de décembre 1930, F7/13785, rapport du 24 mars 1931. — Arch. PPo. 100 et 321. — Compte rendu du Xe congrès de l’Union des syndicats des travailleurs de la Métallurgie de la région parisienne, p. 7. — État civil de Paris (XIVe arr.). — RGASPI, 495 270 4956, dossier du Komintern à son nom, pas encore vu.

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