LARTIGUE Jean, Romain

Par Antoine Olivesi.

Né le 10 avril 1910 à Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône), mort le 29 juillet 1987 à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; rédacteur à la préfecture ; membre du Parti communiste français ; secrétaire de rédaction des Cahiers du Sud.

Le père de Jean Lartigue, d’origine béarnaise, était instituteur depuis 1908 à Saint-Rémy-de Provence. Mobilisé pendant la Grande Guerre, il mourut peu après la fin du conflit au cours duquel il avait été grièvement gazé. Sa mère, en tant que veuve de guerre, obtint un emploi d’agent municipal à Marseille et put ainsi élever ses enfants. Jean Lartigue effectua des études secondaires au lycée Saint-Charles, à Marseille, où il passa le baccalauréat (A et Philo) en 1928-1929. Nommé, en juin 1929, rédacteur à la préfecture des Bouches-du-Rhône, il fut appelé en 1930 au service militaire. Cette année-là, il épousa Marie-Roseline Bataillard, née en 1907 à Marseille.

Jean Lartigue avait adhéré entre temps adhéré au Parti communiste. Avec des membres de l’AEAR à Marseille, tels les peintres A. Serra et L. Toncini, il fit partie d’un noyau d’artistes et d’« intellectuels » qui, dans la dynamique du Front populaire, développa considérablement l’élan culturel tant à Marseille qu’en Provence. Lartigue contribua à la création de « Ciné Art », rue Saint-Féréol à Marseille, de Hot-Club-Jazz et de la Société de conférences « Hyperboles ». A la fin de 1935, il enseignait aussi l’économie politique à l’Université ouvrière de Marseille, relancée en octobre par F. Billoux, et, en 1936, au cercle d’études marxistes de la Bourse du Travail. Il donna également une série de cours du soir aux dockers.

Mais surtout, il fut l’un des pionniers et un des animateurs de la première Maison de la Culture, fondée sous l’égide de Jean Giono, qu’Aragon inaugura le 25 mars 1936. Il participa alors, avec Léon Cadenel, à la création et à la publication de Peuple et Culture, organe mensuel de la Maison de la Culture, dont le premier numéro parut le 20 septembre 1936. Dans le n° 2, il y signa un article, en première page, intitulé « Pour les Cercles Culturels » où il définissait les buts assignés aux Maisons de la Culture. Ses activités culturelles étaient complémentaires de son action militante. Il donna des conférences sur des thèmes, tels que par exemple : « La Provence dans le combat, Les héros de la liberté, Nous ne luttons pas seuls, La jeune poésie, L’humanisme soviétique », etc...

Lartigue avait entrepris des études supérieures à la faculté des lettres d’Aix, où il obtint, en 1936-1937, les certificats de psychologie, de morale et sociologie, de philosophie générale et de logique. A la veille de la Seconde Guerre mondiale, il était rédacteur principal à la préfecture. Mobilisé, libéré le 26 juillet 1940, il fut relevé de ses fonctions, le 11 octobre. Pendant l’Occupation, il travailla au foyer des pupilles de Saint-Joseph.

Après la Libération, Lartigue fut réintégré, puis nommé, en 1949, attaché de préfecture et, en 1963, attaché principal. Il reprit ses activités politiques et culturelles. Il devint secrétaire général de la section syndicale CGT de la préfecture des Bouches-du-Rhône, secrétaire général adjoint du syndicat national des préfectures, président de l’US préfecture, de la Mutuelle générale des préfectures jusqu’à sa retraite.

Mais c’est dans le domaine culturel, à nouveau, qu’il put exprimer à la fois ses talents d’organisateur et de critique littéraire. Ainsi, en 1950, il milita à l’Université nouvelle de Marseille et participa, en 1959, à un cycle de conférences au Centre méditerranéen de Cap d’Ail. Il était entré, à partir de 1945, à la rédaction des Cahiers du Sud qu’il ne quitta qu’à la disparition de la revue en 1966. En contact direct avec l’équipe prestigieuse des « Cahiers« , Jean Lartigue, par son travail de secrétaire de rédaction, a marqué des générations d’écrivains et de poètes. Il fut découvreur, soutien et, par dessus tout, amateur de littérature. Il écrivit des notes et des critiques sur : R. Vailland, R. Gary, H. Bosco, G. Leboucher-Mounin, Henri Fluchère, H. Calet, M. Mohrt, etc.. Jean Lartigue collabora aussi à la revue Manteia.

Devenu veuf en 1982, il se remaria en janvier 1983 avec Jeanne Delor, militante communiste, née à Soissons en 1923. A la fin de sa vie il résidait toujours à Marseille et il était inscrit à la 7e section du Parti communiste (cellule Casanova). Il était père d’un garçon et d’une fille. Il mourut le 29 juillet 1987 à Marseille.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article116095, notice LARTIGUE Jean, Romain par Antoine Olivesi., version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 24 novembre 2010.

Par Antoine Olivesi.

ŒUVRE : Articles, chroniques, comptes rendus, notamment, avant la guerre, dans Peuple et Culture (articles du 20 octobre 1936 (cité) et du 20 décembre ; cf. aussi, après la guerre, Les Cahiers du Sud ; Lartigue a laissé en outre des ouvrages inédits et des textes en prose inachevés.

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, M 6/11379 (rapport du commissaire divisionnaire du 12 décembre 1935). — Arch. Com. Marseille, listes électorales de 1939. — Indicateur marseillais, 1908-1965, notamment le volume de 1910, notice sur Saint-Rémy-de-Provence, p. 1538. — Le Petit Provençal et Rouge-Midi notamment en 1935 et de mars à octobre 1936 ; Le Provençal, 31 juillet 1987 ; La Marseillaise, 1er août 1987 et 5 août 1987 (article de Jean Todrani). — Renseignements communiqués par Jean Todrani ; témoignages d’Antoine Serra et de Jean Toncini ; nombreuses précisions apportées par Mme Jean Lartigue et sa famille.

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