LAUMONT André, Gabriel, Edouard

Par David Hamelin

Né le 12 octobre 1914 à Cozes (Charente-Maritime), mort le 8 août 1992 à Poitiers (Vienne) ; ouvrier tourneur à la Manufacture d’armes de Châtellerault (Vienne) ; secrétaire de l’UD CGT de la Vienne de 1950 à 1978, membre du secrétariat fédéral du PCF et conseiller municipal de Châtellerault.

Issu d’une famille de huit enfants, André Laumont, tourneur à la Manufacture d’armes de Châtellerault, adhéra à la CGT en 1936 et, un an plus tard, prit sa carte au Parti communiste dans lequel il prit rapidement des responsabilités importantes en tant que secrétaire de la fédération départementale des Jeunesses communistes de La Vienne.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut prisonnier de guerre en Allemagne. Son retour coïncida avec un renouveau de l’activité militante, surtout au sein du PCF, parti pour lequel il se porta candidat aux élections municipales de Châtellerault en 1945. Progressivement il devint un des responsables communistes les plus en vue du Châtelleraudais. Il anima des réunions publiques en compagnie d’Isabelle Douteau, comme celle du 18 juin 1948, où il fut un des assesseurs de la réunion publique à laquelle prit part Jean Bruhat, ou bien celle du 18 septembre 1948, où il insista sur les menaces de licenciements qui planaient, à Châtellerault en particulier, en incriminant le Plan Marshall et ses effets. Ses qualités militantes amenèrent les dirigeants de la fédération départementale du PCF à l’intégrer au bureau fédéral à la fin des années quarante. Il y demeura au moins jusqu’en 1968.

À partir de 1949, son investissement militant se porta essentiellement vers la CGT. Il devint en effet cette année-là secrétaire du syndicat le plus important en termes d’effectifs, celui de la Manufacture d’armes de Châtellerault, et ce jusqu’en 1950, année où il fut promu, dans des circonstances spéciales, secrétaire général de l’UD CGT de la Vienne, en remplacement de Jean-Louis Vigier. Cette élection qui s’effectua en dehors des règles statutaires, c’est-à-dire en dehors de tout congrès, mit en exergue à la fois l’influence du PCF sur cette organisation syndicale, un changement de stratégie militante, et les difficultés rencontrées par la CGT depuis la scission avec les militants de FO. Sur fond de guerre froide, André Laumont s’attacha à renforcer cette organisation qui perdait des adhérents de manière continue jusqu’à la fin des années cinquante, en animant ou présidant de très nombreuses réunions à caractère professionnel ou social au sein des syndicats, ou bien en portant la voix de la CGT dans de nombreux collectifs ou cartels d’organisations, tel que l’éphémère Comité d’action pour la défense des emprisonnés et des libertés en 1953. Lors des conflits collectifs qui affectèrent le département, il se présenta comme l’interlocuteur privilégié des pouvoirs publics.

Son action se dispensa aussi par des écrits, dans la presse locale du Parti communiste, Le patriote poitevin puis La semaine dans la Vienne, ou bien dans le périodique de l’UD La Vienne ouvrière et démocratique au sein desquels il précisa et synthétisa la politique et la stratégie de la CGT, ses exigences, ses options pour les salariés du département.

Au cours des années soixante et soixante-dix, il accompagna et impulsa le développement de l’Union départementale dans un contexte d’industrialisation locale, en participant à la constitution de nombreuses sections syndicales d’entreprises.

Il rendit son mandat en 1978 après vingt-huit années passées aux commandes de l’UD mais conserva néanmoins un poste dans la commission exécutive.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article116272, notice LAUMONT André, Gabriel, Edouard par David Hamelin, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 8 juin 2021.

Par David Hamelin

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Arch. Dép. Vienne, 1 W 2979. — Le Populaire de la Vienne. — Le Patriote poitevin. — Le Semaine de la Vienne. — Notes d’Alain Léger. — Maxime Vallée, La fédération de la Vienne du Parti communiste français, de la mort de Maurice Thorez à la signature du Programme commun (1964-1972), Master 2, Université de Poitiers, 2012.

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