LEBAS Marcel

Par Claude Pennetier

Né le 30 mars 1909 à Saint-Ouen (Seine), mort le 29 octobre 1998 à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) ; ouvrier en radio ; dirigeant de la Jeunesse communiste ; organisateur du service radio du PCF.

Fils d’un cordonnier puis ouvrier électricien (il figure avec cette profession sur l’acte de naissance) et d’une ouvrière (sans profession sur l’acte de naissance), Marcel Lebas fréquenta l’école primaire jusqu’à treize ans en obtint le CEP. Il adhéra aux Jeunesses communistes en 1927 et au Parti communiste en 1930. Il était, en 1932, un des secrétaires des Jeunesses communistes de la région Paris-Nord, les autres étant Lesage et G. Poupon. Il entra au bureau national des JC lors du congrès de leur VIIe congrès (Montigny-en-Gohelle, 11-16 juin 1932).

Il se rendit à Moscou en 1929 pour le congrès de l’ICJ et en 1930 pour la Journée Internationale contre le chômage. Il resta dans la capitale soviétique d’avril à juin 1930, peut-être pour une formation. Est-ce une formation à la transmission radio car il se spécialisa ensuite dans ce domaine ?

En 1933, la JC fut secouée par « l’affaire Charrière ». Un des secrétaires de l’organisation, Georges Charrière, avait accepté le 12 janvier 1933 une "controverse de la Jeunesse" à laquelle intervinrent Roger Kleokoper pour les Jeunesses prolétariennes unitaires, Pierre Rimbert pour le groupe des jeunes de la Ligue communiste et Jean Itard des Étudiants socialistes. Cette initiative fut condamnée par le comité central des JC qui décida la tenue d’un congrès extraordinaire. Sous la direction de Jacques Duclos, une commission de préparation fut mise sur pied les 22 et 23 juillet 1933. Elle était constituée de Raymond Guyot, Victor Michaut, Gaston Coquel, Jeannette Vermeersch, Marcel Lebas, Michel Lucciani et Auguste Delaune.

Marcel Lebas se maria le 6 septembre 1940 à Châtellerault (Vienne) avec Rywka Zeligman.
Il était un des dirigeants de la Coopérative de TSF qui était une création du PCF et qui fut active pendant la guerre d’Espagne.

Dans Chronique de la Résistance (éditions Omnibus 2000 et 2010), Alain Guérin mentionne que Marcel Lebas était "l’un des organisateurs des liaisons radio des FTP". Et il rapporte le récit suivant :
"En septembre 1939, nous raconte Marcel Lebas, j’ai été mobilisé à une compagnie-radio du 18e Génie, rattachée à l’état-major de la 4ème armée. Nous étions cantonnés à Château-Salins en Meurthe-et-Moselle. Plus tard, je devais être inculpé d’atteinte à la sûreté extérieure de l’État à la suite de la dissolution de la Coopérative de TSF survenue en janvier 1940 en vertu du décret-loi du 26 septembre 1939. Dans le cadre d l’information qui allait aboutir à l’inculpation, des policiers vinrent, sur commission rogatoire, m’interroger à mon corps en novembre 1939. Ils m’interrogèrent de cinq heures du matin à plus de huit heures du soir. Ils me questionnèrent sur mes activités de militant en général mais plus spécialement sur celles de dirigeant de la Coopérative et sur l’aide technique que nous avions pu apporter à l’Espagne républicaine. Pendant l’interrogatoire, mon paquetage fut perquisitionné et l’on s’efforça de faire courir dans le régiment le bruit que j’étais un espion. Mais cela surprit les soldats qui me connaissaient et avec lesquels j’étais en très bons termes. Le soir, lorsqu’on me relâcha, mes camarades de chambrée m’accueillirent très favorablement en me posant beaucoup de questions sur les raisons de l’interrogatoire auquel j’avais été soumis. Je leur expliquais clairement que j’étais un militant communiste et que c’était pour cela que j’étais inquiété. Ces hommes qui, pour la plupart, étaient manipulants aux PTT ou techniciens-radio me manifestèrent une grande sympathie. Et dans notre unité, tous les officiers me respectèrent".

Il fit partie pendant la guerre du Service radio du Parti communiste. On le retrouve en 1945 responsable de la coopérative ouvrière TSF Sirius (fondée en 1926). Il était en relation avec la commission des cadres du PCF et le 13 octobre, il signala à Jean Chaumeil ses doutes sur un des membres du service radio qu’on lui fait embaucher chez Sirius, Robert Hyon : "Il faut s’en débarrasser. Malheureusement il faut le faire avec doigté car il est au courant de certaines choses qui sont inévitables dans notre activité". Chaumeil (Mafran) répond : "Le remettre à sa section en lui disant que le service R est irrémédiablement dissous et profiter d’un prétexte pour le mettre à la porte".

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article116626, notice LEBAS Marcel par Claude Pennetier, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 24 juillet 2020.

Par Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, 495 270 891, Paris le 12 mai 1933, évaluation TB A suivre. — Arch. Nat. F7/13185, 31 octobre et 16 novembre 1932. — Arch. PPo 100. — J. Varin, Jeunes comme JC, op. cit., p. 206. — État civil de Saint-Ouen. — Notes de Jean-Pierre Ravery, dossier "service radio" dans le sous-dossier n°38 "Robert Hyon". — Alain Guérin, Chronique de la Résistance, éditions Omnibus 2000 et 2010.

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