LE BRAS Albert, Marie

Par Jean-Jacques Doré

Né le 10 juillet 1893 au Havre (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), mort à Marseille (Bouches-du-Rhône) le 1er décembre 1956 ; chauffeur de marine puis ajusteur ; délégué permanent de la Fédération unitaire (CGTU) des Inscrits maritimes, secrétaire du syndicat unitaire des Marins du Havre de 1931 à 1933 ; communiste.

Fils d’un journalier, Albert Le Bras servit sous la bannière de "l’armée de mer" de 1913 à 1919. Enregistré par la suite comme inscrit maritime à Tréguier (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor), il cessa de naviguer lorsqu’il devint permanent de la Fédération unitaire (CGTU) des Inscrits maritimes après avoir rejoint le Parti communiste.

Il se fixa un temps à Cannes (Alpes-Maritimes) et fut délégué au IVe congrès national de la CGTU, tenu à Bordeaux (Gironde) du 19 au 24 septembre 1927, selon le rapport du commissariat central de Bordeaux. Le compte rendu cite un Le Bras, représentant de la Fédération de l’Alimentation. En janvier 1928, il était gérant du journal Cannes-ouvrier, organe du comité d’amnistie, puis, en mars-avril de la même année, gérant du Bloc ouvrier et paysan, organe communiste des Alpes-Maritimes. Voir Charles Calvièra.

Il reprit la mer en 1929 et sur ordre de la Fédération unitaire, demanda à être débarqué du La Fayette le 21 novembre 1931 pour réorganiser le syndicat unitaire du Havre mis à mal par la défection de militants retournés à la CGT ou séduits par les organisations autonomes qui fleurissaient à l’époque. L’organisation, remise sur pied dès le mois de décembre, Le Bras fut élu secrétaire, assisté de Jean Ollivier et Bernard Claverie (secrétaires adjoints), Louis Fauvel (trésorier) et Guillaume Quéré (trésorier adjoint). Le bureau se lança alors dans une intense campagne de recrutement favorisée par la vague de chômage qui sévissait alors sur le port du Havre. Le Bras fut en outre à l’origine de la création en 1932 d’un comité de lutte des marins et d’un comité d’unité, dont il fut secrétaire, proposé aux confédérés et aux autonomes.

Lorsqu’il quitta Le Havre fin 1933, l’organisation ne comptait guère plus de 70 fidèles mais il avait fait le berceau d’un puissant syndicat des Marins, contrôlé par les communistes, qui sous l’impulsion d’Eugène Manautines puis d’Augustin Guénais rassemblait plus de 2 000 adhérents en 1936.

Albert Le Bras séjourna quelque temps à Port-Jérôme (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) avant de s’installer définitivement à Marseille où il se maria le 2 avril 1938 avec Germaine Hagnazzini. Il s’y remaria le 5 juillet 1947 avec Clotilde Fréssinet et y mourut le 1er décembre 1956.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article116747, notice LE BRAS Albert, Marie par Jean-Jacques Doré, version mise en ligne le 3 décembre 2022, dernière modification le 29 novembre 2022.

Par Jean-Jacques Doré

SOURCES : Arch. Nat. F7/12972, rapport du 16 décembre 1928. — Arch. Dép. Gironde, 1 M 577, congrès CGTU de Bordeaux. — Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, t. 16, pp. 387-392. — Arch. dép. Seine-Maritime État civil du Havre, 10 MP 1410 bis Syndicats dissous après 1936, 1 MP 343 Dossiers individuels des membres du PCF de L à Z.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément