LEDUC Louis

Par Jean-Jacques Doré

Ouvrier métallurgiste ; secrétaire de l’Union départementale CGT de Seine-Inférieure en 1921 ; socialiste.

Louis LEDUC vers 1925 arch JJ Doré.
Louis LEDUC vers 1925 arch JJ Doré.

Louis Leduc fut de cette poignée de militants socialistes et syndicalistes qui, autour d’Edmond Dubois redonnèrent vie à la CGT dans l’agglomération rouennaise en 1916. Secrétaire adjoint du syndicat des Métaux de Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) dirigé par Léon Gilles en 1916 et 1917, il lui succéda en juin 1918 mais quitta Rouen en avril 1919 pour y revenir en 1920.

Début 1920, il était à nouveau membre du bureau du syndicat des Métaux de Rouen qui comprenait Léon Gilles (secrétaire), Louis Leduc (secrétaire adjoint) et A. Bélanger (trésorier). Au 6e congrès de l’Union départementale de Seine-Inférieure tenu à Elbeuf (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) les 28 et 29 août 1920, il fut élu trésorier adjoint aux côtés d’Edmond Dubois (secrétaire général), Alfred Martin et Alphonse Le Bosquain (secrétaires adjoints), Émile Morel (trésorier) et Léon Gilles (archiviste).

En janvier 1921, il fut choisi par la commission administrative de l’Union départementale pour succéder à Edmond Dubois démissionnaire. Il se fixa alors pour objectifs d’endiguer l’hémorragie des militants après l’échec des grèves de mai 1920 et de contrer la poussée minoritaire dans les syndicats. Leduc échoua sur les deux tableaux si bien qu’au 7e congrès de Dieppe (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) le 3 juillet 1921, le rapport moral du bureau majoritaire sortant fut repoussé. Il déclarait notamment : "... Nous avons fait notre devoir, mais des militants, en dépit des résolutions du congrès d’Elbeuf, poursuivirent leur campagne de dénigrement... Les réunions devinrent des tournées où l’on opposait, aux ordres du jour que nous présentions, des motions de blâme que l’on qualifiait de révolutionnaires. Ces disputes intestines gênaient considérablement notre action... De plus l’indifférence gagna les milieux ouvriers et nos réunions ne furent plus suivies sauf dans quelques localités où les divisions n’avaient pas atteint le même degré d’acuité". Les minoritaires, emmenés par Maurice Gautier et Victor Engler prirent à Dieppe le contrôle de l’Union départementale.

En 1922, avec Alfred Martin et Victor Lethorey, il reconstitua l’Union locale CGT de Rouen et au 8e congrès de l’Union départementale tenu à Sotteville-lès-Rouen le 29 janvier 1922, une nouvelle équipe se mit en place avec Louis Leduc (secrétaire), Alfred Martin (secrétaire adjoint), Émile Morel (trésorier), Victor Léthorey (trésorier adjoint) et Georges Touzard (archiviste). L’Union ne comptait plus que 4 972 adhérents qui faisaient face aux 14 051 membres de l’Union départementale unitaire (CGTU). On était loin des 50 000 militants inscrits début 1920 !

Sur instructions confédérales, il tenta de mettre sur pied, sans succès, un Comité interdépartemental avec l’Eure et le Calvados. Vivement critiqué pour cet échec et pour son manque d’initiative, Leduc refusa de solliciter un nouveau mandat au 9e congrès du Havre le 25 mars 1923 et Alfred Martin lui succéda mais il continua à siéger à la commission administrative et redevint même trésorier adjoint au 10e congrès d’Elbeuf le 18 novembre 1925 mais démissionna en avril 1926.

Secrétaire de l’Union locale de Rouen de 1922 à 1925, il tenta vainement de redonner vie au syndicat des Métaux, mais il se consacra essentiellement à la Fédération socialiste de Seine-Inférieure dont il était secrétaire adjoint depuis janvier 1925.

En 1927, Louis Leduc quitta la région rouennaise pour s’installer à Bezon (Val-d’Oise).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article117057, notice LEDUC Louis par Jean-Jacques Doré, version mise en ligne le 25 septembre 2020, dernière modification le 17 novembre 2020.

Par Jean-Jacques Doré

Louis LEDUC vers 1925 arch JJ Doré.
Louis LEDUC vers 1925 arch JJ Doré.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13619. — Arch. Com. Rouen, 7 F 3. — Arch. UD-CGT, dossiers 1895, 1925, 1925-1930. — Le Réveil ouvrier.

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