LE LANN Yves

Par Christian Bougeard, François Prigent

Né le 13 juin 1907 et mort le 7 octobre 1964 à Plouégat-Guerrand (Finistère) ; agriculteur ; conseiller municipal (1935-1940) puis maire SFIO de Plouigneau (1945-1964) ; conseiller général SFIO de Plouigneau (1951-1964) ; candidat SFIO aux législatives en 1936, juin 1946 et novembre 1946 ; secrétaire de section.

Son père Louis-Marie Le Lann était forgeron tandis que sa mère Marguerite Tanguy était ménagère. Il fréquenta l’école publique de Plouégat-Guerrand, municipalité dirigée dès 1939 par la SFIO (Pierre Rolland).

Militant socialiste depuis les années 1930, il avait été désigné tardivement (le 5 avril 1936 seulement) pour représenter la SFIO dans la circonscription de Châteaulin I lors des élections législatives d’avril-mai 1936. Il annonça qu’il ne se désisterait pas au second tour pour le député de centre gauche sortant Charles Daniélou (radical indépendant) car il n’adhérait pas au Rassemblement des Gauches. Il se présentait ainsi : « Fils de la terre, paysan 100%, j’ai connu dès l’enfance, la rude vie des laboureurs, cultivateurs, fermiers ; […] envoyez au Parlement deux petits fermiers, Tanguy-Prigent et Le Lann ». Mais, il n’obtint que 13,8 % des voix (1928 voix) au premier tour et Daniélou fut nettement battu au second par Jean Crouan, candidat de droite URD.

Exploitant une petite ferme héritée en viager de son oncle, Yves Le Lann fut élu conseiller municipal SFIO de Plouigneau en mai 1935.

Prisonnier de guerre, il rentra dans le Finistère en 1945 seulement. Agriculteur à Plouigneau, chef-lieu d’un canton du Trégor finistérien ancré depuis longtemps à gauche, Yves Le Lann fut élu maire de sa commune en 1945 à 38 ans. Il était également secrétaire de la section SFIO de Plouigneau, alternant les responsabilités partisanes avec ses adjoints Pierre Barazer et Pierre Le Bourhis.

Lors des élections du 2 juin 1946, il figurait en 9e position sur la liste SFIO du Finistère de 9 candidats, conduite par Tanguy Prigent* (deux élus, 21.8 % des voix). Il se présentait à nouveau (9e sur 10 candidats) en novembre 1946, la liste SFIO recueillant une moyenne 16.2 % des suffrages exprimés.

En 1947, il entama un second mandat de maire à la tête d’une liste SFIO homogène.

En octobre 1951, il profita du retrait du jeune conseiller général sortant, Armand Prigent*, pour devenir conseiller général de Plouigneau à 44 ans. En interne, sa candidature avait été contestée par la section de Plougonven (dominante numériquement à l’échelle du canton). Au second tour, il fut élu avec 2 220 voix contre 1 041 au candidat communiste et 1 293 au candidat indépendant. Le groupe SFIO au Conseil Général était alors réduit à 3 éléments (Tanguy Prigent, François Manach*).

En 1953, il fut réélu maire de Plouigneau à la tête d’une municipalité socialiste homogène.
En concurrence avec Albert Larher* en interne à la SFIO, il fut désigné comme candidat par les sections du canton. Il fut réélu au second tour en avril 1958. En 1959, il entama un nouveau mandat de maire. En 1964, il ne se représenta pas, le canton glissant au profit des réseaux PSU avec Albert Larher.

Comme la majorité des militants socialistes trégorrois, Yves Le Lann approuvait les positions défendues par Tanguy Prigent en 1959 au sein de la SFIO. Mais à la suite du congrès fédéral de Châteaulin en octobre 1959, il ne suivit la scission du PSA puis du PSU. En juin 1961, il appartenait toujours à la SFIO, la section de Plouigneau étant inférieure à 20 membres depuis 1957.

Après son décès en 1964, Armand Berthou* devint à son tour maire de Plouigneau, avant de devenir conseiller général en 1970.

Célibataire, Yves Le Lann était officier de l’instruction publique et chevalier du mérite agricole. Une rue porte désormais son nom à Plouigneau.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article117528, notice LE LANN Yves par Christian Bougeard, François Prigent, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 10 avril 2011.

Par Christian Bougeard, François Prigent

SOURCES : Arch. de l’OURS, dossiers Finistère – Arch. du CHT de Nantes. — Le Breton Socialiste, 1944-1959. — Mairies de Plouigneau. - Pierre Brigant, La fédération socialiste SFIO du Finistère (1908-1969), thèse, Rennes 2, 2002. — Tudi Kernalegenn, François Prigent, Gilles Richard, Jacqueline Sainclivier (dir.), Le PSU vu d’en bas. Réseaux sociaux, mouvement politique, laboratoire d’idées (années 50 - années 80), Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2009 (à paraître). – Notes de Gilles Morin.

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