LELARD Ernest, Armand, Marie

Par G. Désert

Né le 14 mai 1864 à Brest (Finistère) ; mort le 24 février 1935 à Caen (Calvados) ; ouvrier métallurgiste ; militant syndicaliste et socialiste.

Fils d’un sergent de ville, domicilié à Caen, militant socialiste et membre de la Chambre syndicale des Métaux de Caen, Ernest Lelard soutint, en juin 1914, Lévy-Darras, candidat socialiste aux élections législatives. Il se présenta aux élections municipales de 1919, sur la liste socialiste et ouvrière, et arriva en huitième position.

Ouvrier à la Société normande de métallurgie (SNM), Lelard proposa avec succès, en novembre 1918, que la grève commence le 18 novembre, si les revendications étaient rejetées par l’employeur. En tant que délégué ouvrier, il alla à Paris pour négocier avec le ministère de l’Armement. Le 24 novembre, il rendit compte de sa mission et proposa que le travail reprenne si la direction acceptait les quatre propositions suivantes : aucune sanction contre les grévistes, élection de nouveaux délégués, pourparlers immédiats pour le relèvement des salaires, paiement des journées de grève. Les ouvriers votèrent finalement la reprise du travail bien qu’ils n’eussent obtenu satisfaction que sur les premier et troisième points.

En 1919, il fut l’un des créateurs du syndicat des Métaux, dont il devint le trésorier général. Cette même année il fut élu conseiller prud’homme.

En mai 1919, il fut élu délégué du service « magasin » avec neuf autres ouvriers pour discuter de l’application de la journée de 8 heures avec la direction de la SNM. Au mois de juillet suivant, il négocia une augmentation des salaires qui fut acceptée.

Un accident ferroviaire ayant entraîné, en janvier 1920, la mort de cinq ouvriers de la SNM et soixante autres blessés, le syndicat des Métaux organisa une souscription et créa un comité d’aide aux victimes dont Lelard fut le trésorier. Le 1er Mai 1920, il prit la parole au cours du meeting organisé à Colombelles, commune de la banlieue caennaise où résidaient de nombreux travailleurs de la SNM. Il se montra très actif lors de la grève qui eut lieu les jours suivants, ce qui entraîna son licenciement le 15 mai.

À partir de cette date, l’action de Lelard se fit plus effacée. Il dut changer plusieurs fois de profession : sous-chef d’équipe aux PTT en 1920, expéditionnaire en 1921, employé de bureau en 1932-1933. Au moment des querelles syndicales, en 1922, il s’opposa à la scission. Celle-ci réalisée, il adhéra à la CGT confédérée.

Lelard fut aussi un mutualiste dynamique. On le trouve à l’origine de la société de secours mutuels « La Prolétarienne », fondée en juin 1919, qui regroupait alors six cents adhérents. Il en assura la présidence au moins jusqu’en 1922.

Veuf en 1921, Ernest Lelard était père d’une fille, employée de commerce, née en 1901.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article117530, notice LELARD Ernest, Armand, Marie par G. Désert, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 15 février 2021.

Par G. Désert

SOURCES : Arch. Dép. Calvados, M 503, 1583, 9132, 9133, 9133 bis. — Le Réveil des travailleurs.Le Populaire normand. — Ch. Billy et J. Quinette, Le Mouvement ouvrier dans le Calvados, 1884-1922, Mémoire de Maîtrise, Caen, 1971. — M. Simon, Le Mouvement ouvrier dans le Calvados, 1919-1931, Mémoire de Maîtrise, Caen, 1973.

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