LEMARCHAND Paul, Théodule, Prosper

Par Marcel Boivin, Claude Pennetier

Né et mort au Havre (Seine-Inférieure) : 11 octobre 1902-23 janvier 1982 ; tourneur sur métaux ; militant communiste du Havre ; dirigeant de la Fédération des Métaux.

Paul Lemarchand dans sa famille
Paul Lemarchand dans sa famille
Fourni par Luc Graville

Paul Lemarchand était fils d’un concierge du Havre. Membre des Jeunesses communistes depuis 1922, il adhéra au syndicat unitaire des Métaux de cette ville et fut élu secrétaire adjoint, le 1er juillet 1924, lorsque les militants à tendance communiste enlevèrent la majorité aux anarcho-syndicalistes. Membre de la cellule communiste n° 6, Paul Lemarchand s’imposa rapidement comme le principal adjoint d’Henri, Antoine Gautier. En août 1927, un agent de police ayant été blessé d’un coup de couteau lors d’une manifestation contre l’exécution de Sacco et Vanzetti, il fut arrêté comme responsable de cet incident qu’il présenta comme une provocation. Il fut condamné à deux mois de prison.

Secrétaire permanent du syndicat des Métaux en 1928 et 1929, il quitta le Havre en juillet 1930, pour devenir responsable régional de la Fédération des Métaux. En 1929, il avait été délégué au Ve congrès national de la CGTU (Paris, les 15-21 septembre 1929). Il le fut à nouveau au VIIe congrès (Issy-les-Moulineaux, 24-27 septembre 1935). Entre temps, il dirigea un mouvement de lutte des métallos du chantier de réparations navales. C’est alors que vinrent s’ajouter des campagnes contre le versement ouvrier aux assurances sociales. À la demande de la CGTU, il resta à Rouen pour prendre la tête de la 19e Union régionale et diriger les différentes manifestations. Au cours d’une échauffourée avec la police, il fut arrêté et condamné à une lourde peine de prison pour entraves à la liberté du travail. Membre de la commission exécutive de la 19e Union régionale, il devint secrétaire du syndicat des Métaux en juillet 1936, fonction qu’il conserva jusqu’à la guerre. Il fut élu secrétaire adjoint de l’Union départementale au congrès du Havre, le 18 décembre 1938.

Non mobilisé en septembre 1939, il devint secrétaire de l’Union départementale dissoute en novembre. Incorporé, Paul Lemarchand réussit à se faire réformer et entra dans une semi-clandestinité après juin 1940, poursuivant ses activités en tant que responsable illégal de la CGT et réorganisant le Parti communiste en Seine-Inférieure. Condamné une première fois par défaut à 18 mois de prison le 7 décembre 1940, puis à trois ans en janvier 1942, avec André Pican, il fut condamné encore, cette fois-ci à mort, par les Allemands. En février 1942, il passa dans l’Oise, puis revint à Rouen en septembre 1943 pour reconstituer la CGT illégale qu’il représenta au comité de libération de la fin 1943 à la Libération.

Réélu secrétaire du syndicat des Métaux en 1944, fonction qu’il occupa jusqu’en 1947, il travailla aux Parcs et ateliers maritimes de Rouen-Croisset et siégea au conseil des prud’hommes. Il fut secrétaire général puis secrétaire de l’Union départementale de 1944 à 1946.

Paul Lemarchand s’était marié en 1946 à Rouen. L’avis de décès publié par le Havre libre, le présente comme médaillé de la Résistance et membre de l’ANACR.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article117651, notice LEMARCHAND Paul, Théodule, Prosper par Marcel Boivin, Claude Pennetier, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 8 septembre 2016.

Par Marcel Boivin, Claude Pennetier

Paul Lemarchand dans sa famille
Paul Lemarchand dans sa famille
Fourni par Luc Graville

SOURCES : RGASPI, 495 270 5589. — Arch. Dép. Seine-Inférieure, 1 MP 497 et « journées du 1er août 1929 à 1933 » non classées. — Arch. Com. Rouen, 7 F 3 et 2 I 10. — R. Le Marec, La vie syndicale au Havre, 1930-1935, brochure dactylographiée. — Le Havre libre, 29 janvier 1982. — S. Courtois, La Politique du PCF et ses aspects syndicaux, Thèse, op. cit. — Témoignage de Paul Lemarchand recueilli par M. Boivin. — État civil du Havre. — Renseignements communiqués par Sylvie Barot, archiviste du Havre. — Unir-débat n° 11, 10 novembre 1967.

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