LENTAIGNE Léon, Louis

Par Jacques Girault

Né le 4 juin 1909 à Saint-Germain de Tallevende (Calvados), mort le 4 février 2008 à Montpellier (Hérault) ; instituteur ; militant syndicaliste du SNI de l’Hérault, espérantiste.

Léon Lentaigne était fils d’un couple de cultivateurs, Eugène Lentaigne et Angèle Champion, qui le firent baptiser. Son père, gazé pendant la Première Guerre mondiale, mourut en 1917. Pupille de la Nation, il fut élève à l’école primaire supérieure de Vire, et entra à l’École normale d’instituteurs de Caen (Calvados) en 1925. Il effectua son service militaire comme télégraphiste à Nancy puis à Montpellier où il se maria uniquement civilement le 13 avril 1933, avec Suzanne Combe, institutrice de l’Hérault. Il enseigna à Orbec (Calvados) puis à partir de 1934 à Balaruc-les-Bains (Hérault).

Membre du Syndicat national de instituteurs (CGT) depuis 1931, Lentaigne découvrit, au cours d’un voyage en Europe centrale organisé par le syndicat, les réalisations de Vienne-la-Rouge et les possibilités offertes par l’espéranto pour établir divers contacts. Devenu espérantiste, comme son épouse, il participa à l’école espérantiste d’été de Lesconil (Finistère) en 1934, et aux congrès internationaux espérantistes de Paris (1935) puis de Rotterdam (1937).

Acquis aux méthodes pédagogiques de [Célestin Freinet>24550], en conflit avec son inspecteur primaire, Lentaigne instaura dans son école de Balaruc, la correspondance scolaire internationale. Élu membre du conseil syndical de la section départementale du Syndicat national des instituteurs, en 1937, avec 245 voix, sur la « liste d’indépendance et d’action syndicaliste », il approuva, lors de la réunion du conseil syndical du 13 octobre 1938, « l’initiative du Syndicat national relative à la paix (pétition, affiches, télégrammes) ». Il hébergea deux enfants espagnols en 1937.

Correspondant depuis 1931 avec un instituteur allemand, ancien combattant, Lentaigne participa aux combats pacifistes, notamment ceux de la Ligue des combattants de la paix. Membre du Parti socialiste SFIO depuis 1930, il en démissionna en 1939 pour protester contre l’approbation donnée par le parti à la préparation de la guerre. Il fut mobilisé en septembre 1939 comme télégraphiste

Lentaigne, après la guerre, libre penseur, toujours membre du SNI, réalisa un numéro spécial du bulletin de la section sur l’École nouvelle. A Balaruc, il organisait, en été, des semaines espérantistes et d’initiation aux méthodes nouvelles d’éducation. Nommé dans un quartier périphérique de Montpellier en 1956, il consacra ses activités à la diffusion des idées pédagogiques du mouvement Freinet malgré des difficultés avec les autorités administratives. Il réalisa notamment un numéro de la Bibliothèque du Travail, sur l’espéranto et un autre, « Taro, l’enfant japonais », fruit des échanges interscolaires. Il participa, avec ses élèves, à la réalisation d’un ouvrage sur la France, à partir de textes d’enfants, paru au Japon, dans une collection dirigée par Ito Saburo.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article117841, notice LENTAIGNE Léon, Louis par Jacques Girault, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 9 août 2022.

Par Jacques Girault

SOURCES : Presse syndicale. — Renseignements fournis par l’intéressé. — État civil.

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