LE PEMP Jean, Marie

Par Jacques Girault

Né le 14 février 1906 à Plonéour-Lanvern (Finistère), mort le 6 avril 1959 à Paris (XIIe arr.) ; instituteur ; dirigeant national du SNI, membre du bureau national, secrétaire permanent.

Fils d’un journalier agricole, Jean Le Pemp fut élève de l’École normale d’instituteurs de Quimper (Finistère). Après avoir enseigné dans divers villages dont Saint-Derrien dans les années 1930, il fut nommé instituteur puis directeur de l’école d’application de la rue Rosmadec à Quimper, après la guerre jusqu’en 1952. Il vint alors habiter Paris mais revenait souvent dans le Finistère.

Son mauvais état de santé l’handicapa. Après avoir perdu un œil dans son enfance, il séjourna au sanatorium de Sainte-Feyre (Creuse) pour soigner une tuberculose et subit plusieurs graves opérations. Il fut à l’origine de la Caisse normalienne en 1933 pour assurer la prise en charge et la solidarité des normaliens tuberculeux. Il s’engagea au sein de l’Association des malades en congé de longue durée et devint le correspondant de l’ACLD dans son département. Par la suite, il devint administrateur de l’Union nationale des sociétés de secours mutuels et de l’Union des sana. Il était un des responsables de la société de secours mutuels des instituteurs finistériens.

Secrétaire du canton de Landivisiau de la section départementale du Syndicat national des instituteurs, Jean Le Pemp, élu au conseil syndical pour l’année 1938-1939, devint secrétaire adjoint de la section du Finistère en 1938-1939, responsable des questions corporatives. Il était aussi, en 1940, secrétaire à la défense laïque.

Non mobilisé au début de la guerre, pendant l’Occupation, il fut responsable de la caisse de secours du syndicat interdit. À la Libération, il devint secrétaire général de la section du SNI (septembre 1944-1952), puis secrétaire départemental de la Fédération de l’Éducation nationale dans la même période. Il participa à toutes les réunions nationales du SNI, y intervenant souvent. Ainsi, lors de la réunion du conseil national du 26 décembre 1945, il soulevait la question du logement des instituteurs, lors du congrès, le 28 décembre 1945, il indiquait dans la discussion du rapport moral qu’il fallait obtenir la création d’une commission auprès des recteurs pour surveiller les nominations. Souvent aussi, il exposait, comme lors du congrès de Montrouge, le 19 juillet 1947, la situation de l’école laïque dans son département. Lors du congrès des 22-24 mars 1948, son intervention porta aussi sur la question de la laïcité où il indiquait que tous les partis étaient fautifs et qu’il fallait imiter le Finistère où les effectifs des écoles publiques étaient devenus plus nombreux que ceux des écoles privées. Le 27 décembre 1949, il évoqua la situation des directeurs.

Le 28 décembre 1947 pour les élections du bureau national du SNI pour la première fois à la proportionnelle, Jean Le Pemp fut des vingt candidats de la liste A conduite par Henri Aigueperse, « Pour une action constructive dans l’indépendance du syndicalisme ». Il obtint 718 mandats mais ne fut pas élu. Pour les élections du bureau national en 1949, il figurait en dix-neuvième position sur la liste A « Pour un syndicalisme indépendant et constructif » conduite par Aigueperse. Le conseil national, le 27 décembre 1949, l’élut en douzième position avec 864 voix. Candidat en neuvième position sur la liste « Pour un syndicalisme indépendant et constructif » conduite à nouveau par Aigueperse, il fut réélu, le 27 décembre 1951, avec 1 199 voix. Il le fut à nouveau, le 26 décembre 1953, en sixième position avec 1 344 voix alors qu’il était placé en septième position sur la liste des candidats. Il était en septième position sur la liste « Pour un syndicalisme indépendant et constructif » conduite par Forestier* en décembre 1955. A la fin de 1957, il se trouvait en cinquième position du la liste « Liste pour un syndicalisme indépendant, réaliste et constructif » et fut réélu avec 1 549 voix.

Élu au bureau national du SNI en 1950-1951, Le Pemp continua à enseigner pendant deux années en Bretagne. Il présida la troisième séance, du congrès de Saint-Malo, le 19 juillet 1950. Dans son éditorial de L’École libératrice, le 18 janvier 1952, Aigueperse annonçait qu’il avait proposé que Bonissel soit remplacé par Le Pemp au secrétariat permanent pour diriger L’École libératrice avec un partage de responsabilité, Aigueperse continuant à diriger la partie générale, Le Pemp s’occupant de la partie pédagogique. Dès lors, la présentation et la modernisation du journal devinrent une préoccupation particulièrement importante.

Au bureau national, Le Pemp devint responsable de la commission des œuvres et des réalisations sociales. À ce titre, il suivit les travaux de la commission de réadaptation et reclassement des instituteurs anciens malades, créée en février 1952 en liaison avec l’ACLD et la Mutuelle générale de l’Éducation nationale dont la coordination fut confiée à Michel Gevrey sous son autorité. Il devint aussi membre des commissions des affaires corporatives, pédagogique et d’action laïque. A partir de 1952, membre du secrétariat permanent, il eut la charge de la direction et de l’administration du journal, de la rédaction de sa partie pédagogique, de la question des cours complémentaires, des écoles annexes et des écoles d’application. Il était aussi membre des commissions pédagogiques, de l’action laïque et de l’éducation populaire, des œuvres et des réalisations sociales. Il présidait en outre la commission des résolutions lors des réunions statutaires du SNI. À partir de janvier 1956, il était aussi le responsable de la commission des affaires pédagogiques.

Un de ses premiers articles dans L’École libératrice du 13 avril 1950 titrait « École laïque, école libératrice ». À partir de 1952, il écrivit chaque semaine une chronique, manière d’article éditorial en troisième page, encadré sous le titre « Un fait par semaine ». Le journal, à partir du 29 janvier 1954, portait son nom comme « Directeur-rédacteur en chef ».

Le Pemp, à partir des élections du 19 avril 1952, siégea à la Commission administrative paritaire nationale pour représenter le personnel des écoles annexes. Il fut renouvelé comme candidat du SNI en janvier 1954, en janvier 1956, en janvier 1958.

Il fonda le Comité d’action laïque et créa le Conseil départemental des parents d’élèves dans les écoles laïques du Finistère dont il fut le secrétaire général jusqu’au début des années 1950.

Jean Le Pemp milita pour l’unité des sociétés mutuelles dans le département et il participa à la fondation de la section de la Mutuelle générale de l’Education nationale dont il fut un des premiers administrateurs, désigné lors de la constitution, le 8 décembre 1946. Elu lors de la première assemblée générale, en juillet 1947, il en fut le vice-président. Lors du congrès du SNI de Grenoble, le 26 juillet 1946, après le rapport de Marcel Rivière* au nom de la commission des œuvres sociales, il se présenta comme membre du conseil d’administration de l’Union nationale des sociétés de secours mutuels pour évoquer la situation qui imposait la création d’une mutuelle générale. Élu en 1946 comme administrateur national de la MGEN comme représentant de l’ACLD, il fut régulièrement réélu jusqu’à son décès. Il faut aussi membre de la commission de reclassement des anciens malades.

Selon L’École libératrice, Le Pemp compensait « par un esprit de méthode un handicap physique ». Il avait dû aller pendant quelques semaines en 1957 dans la maison de repos de la MGEN aux Trois Épis d’où il continua à préparer la publication syndicale dont il était le responsable. Son décès fut la conséquence d’un accident de voiture alors qu’il regagnait le siège du SNI à Paris. L’École libératrice et le bulletin de la section du Finistère du SNI, ainsi que la presse locale, lui consacrèrent d’importants articles après son décès.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article117909, notice LE PEMP Jean, Marie par Jacques Girault, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 17 mai 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : L’Ecole libératrice. — DBMOF, notice par G-M Thomas. – Notes de Michel Gevrey, d’André Lainé et Charlotte Siney.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément