LERMITE André, Alexandre, Émile

Par Renaud Avez, Claude Geslin, René Lemarquis

Né le 21 août 1908 à Nantes (Loire-Inférieure), mort le 7 août 1942 à Birkenau-Auschwitz (Pologne) ; instituteur ; militant syndicaliste ; militant communiste en Loire-Inférieure ; résistant ; déporté.

Le père d’André Lermite, d’origine paysanne, était employé dans les douanes actives et membre du Parti socialiste SFIO ; sa mère, institutrice à Nantes, était, en 1938, membre du Comité mondial des femmes. Admis à l’École normale d’instituteurs d’Angers (Maine-et-Loire) de 1925 à 1928, il échoua au concours de 4e année de l’EN. Ajourné au service militaire, il fut nommé instituteur successivement à Saint-Nazaire de 1928 à 1931, à Bouguenais de 1931 à 1936 et à Nantes (école des Batignolles, quartier ouvrier de l’est de 1936 à 1938, puis école rue Evariste Luminais à proximité de Chantenay à partir de 1938).

Adhérent au Syndicat national (CGT), Lermite fut secrétaire-adjoint de la section départementale en 1930 et élu au conseil syndical de 1931 à 1934. Exclu du SN, au début de 1935, à la suite de son action au sein du Groupe des Jeunes, qu’il rejoignit avec son ami Alphonse Braud* durant l’année 1934, il fut réintégré d’office en 1935 au moment de la fusion syndicale et devint membre de la commission exécutive et trésorier adjoint de la section départementale du Syndicat national des instituteurs en 1936-1937. Il était, en 1938, délégué à l’Union locale CGT de Nantes. Son militantisme l’amena à rédiger, à la demande de Jean Josnin*, une courte histoire du syndicalisme français en deux articles parus dans le bulletin départemental du SNI en 1936.

André Lermite, membre de la section socialiste SFIO de Bouguenais d’avril à septembre 1932, la quitta en raison de son désaccord avec la politique anti-unitaire. Influencé par le communiste Jean Bruhat*, il milita dans le mouvement d’Amsterdam-Pleyel et adhéra au Parti communiste en même temps qu’Alphonse Braud le 1er octobre 1935. Tous les deux appartenaient en 1938 à la cellule Barbusse de la section de Chantenay (Nantes) dont Lermite fut trésorier. Il devint membre du comité régional et secrétaire des comités antifascistes (mouvement Paix et Liberté) de Loire-Inférieure. Il fit également partie du Comité d’aide à l’Espagne. Ces positions le conduisirent à rédiger une analyse de la situation internationale qui reprenait les positions communistes et parut dans le bulletin départemental du SNI en février 1937 et à proposer, avec Alphonse Braud, en juillet 1939 une motion sur la paix aux membres de la section départementale du syndicat. Cette motion se démarquait de la position pacifiste de la majorité du SNI et resta minoritaire.

André Lermite épousa le 10 novembre 1938 à Chantenay (Nantes), l’institutrice communiste Marguerite Joubert*. Le couple eut un enfant. Ils militèrent ensemble activement dans le quartier de Chantenay.

En 1939, Lermite fut mobilisé dans un dépôt d’artillerie à Bordeaux puis, une fois la guerre commencée, il passa dans les services auxiliaires. Il revint à Nantes en juillet 1940. Bien que surveillés de près, lui et sa femme continuèrent leur propagande communiste, tout en déclarant, lors des interrogatoires, avoir quitté ce parti dès septembre 1939. André Lermite fut arrêté de manière préventive par la police française à la demande des Allemands le 9 juillet 1941 et interné dans une prison sur le Champ de mars à Nantes. Transféré au camp de Royallieu à Compiègne avec Alphonse Braud le 12 juillet 1941, il fit partie de l’organisation communiste de résistance du camp, qui proposa diverses activités aux détenus. Il donna des cours de mathématiques tandis que Braud enseigna le français. Tous les deux furent déportés le 6 juillet 1942 pour Auschwitz et intégrèrent le camp de Birkenau. Sous le matricule 45 785, affecté à la construction de nouveaux bâtiments dont les installations d’extermination, épuisé, il mourut le 7 août 1942 d’après le registre du camp (gazé selon ses camarades).
Sa famille fut avertie de son décès en janvier 1943.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article118030, notice LERMITE André, Alexandre, Émile par Renaud Avez, Claude Geslin, René Lemarquis, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 24 mars 2020.

Par Renaud Avez, Claude Geslin, René Lemarquis

André et Marguerite Lermite
André et Marguerite Lermite
Collection André Lermite
Nantes, École André Lermite, 5 rue Évariste Luminais

SOURCES : Notice par Claude Geslin et René Lemarquis dans DBMOF. - Arch. Nat., F60/1554. - Bulletin mensuel des institutrices et instituteurs publics, section de Loire-Inférieure, 1932-1940. - Bulletin du Groupe des jeunes de l’enseignement de Loire-Inférieure, 1935. - Clarté, 1946. - Renseignements fournis par Jean Josnin*. - RGASPI 495.270.2994. Autobiographie d’André Lermite du 10 janvier 1938 (classé A1). – Dossier constitué par les enseignants et les lycéens de Bouaye. - Notes de Jean-Pierre Besse et de Jacques Girault.

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