LETELLIER Léon, Clément

Par Alain Dalançon

Né le 4 juin 1886 à Tours (Indre-et-Loire), mort le 13 août 1981 à Luynes (Indre-et-Loire) ; professeur ; militant socialiste SFIO, conseiller municipal de Tours ; militant du Syndicat national des professeurs de lycée autonome puis du Syndicat du personnel de l’enseignement secondaire puis du Syndicat national de l’enseignement secondaire dans l’académie de Poitiers puis d’Orléans-Tours.

Léon Letellier était le fils d’Albert, Eustache Letellier, (1852-1917), professeur au lycée de Tours, maire radical-socialiste (1912-1917) de cette ville, où une place porte son nom, et de Léonie, Clémentine, Emilienne Baudran. Après son baccalauréat obtenu en 1903, il poursuivit ses études supérieures comme boursier à la Faculté des sciences de Poitiers, obtint la licence ès-sciences, le diplôme d’études supérieures (1906), puis prépara l’agrégation de sciences physiques à la Faculté des sciences de Nancy. Admissible en 1908, il commença sa carrière enseignante en octobre 1909 comme professeur délégué au lycée de garçons Cherbourg (Manche). Reçu à l’agrégation en 1910 (8e sur 16), il obtint l’année suivante un congé pour convenances personnelles et ne reprit son activité professionnelle qu’en octobre 1914 comme titulaire de la chaire de physique au lycée Descartes à Tours. Il s’était marié le 22 décembre 1913 à Tours et eut un enfant de ce mariage. Divorcé en 1938, il se remaria le 16 octobre 1948 à Tours avec un professeur, née Irène, Clémence, Marie Queméneur.

Affecté dès 1916 en classe de mathématiques spéciales (1ère et 2e années), considéré par la suite par l’inspection et ses proviseurs comme un excellent professeur, il conserva l’enseignement dans ces classes préparatoires scientifiques, malgré une surdité croissante, jusqu’à sa retraite en 1950. Dans les années 1930, il complétait son service à l’école de médecine de Tours. Il prolongea sa carrière de deux ans, après des avis divers sur sa surdité qui donnait des inquiétudes aux parents.

Pendant la Première Guerre mondiale, il avait participé aux activités de la section de mathématiques de la direction des inventions, des études et des expériences techniques.

Letellier milita, dès le début des années 1920, au groupement amical des professeurs de lycées (A3) qui devint Syndicat des professeurs de lycée et du personnel de l’enseignement féminin (plus connu sous le sigle de S3) et en même temps au syndicat des professeurs de lycée affilié à la CGT. En 1922, le recteur de l’académie de Poitiers évoquait ses engagements et soulignait ce qu’il désignait comme « son atavisme politique ». En effet, il était également militant socialiste SFIO et fut élu conseiller municipal de Tours en mai 1925 sur la liste victorieuse du Cartel des gauches, dirigée par Ferdinand Morin*, député SFIO.

Dans les années 1930, il était le trésorier de la section académique de Poitiers du S3. Il était aussi membre de la Société des agrégés, dont il fut élu vice-président en 1931, et de l’Union des professeurs de physique. Membre du Conseil académique, il était reconnu comme un des professeurs les plus représentatifs de l’enseignement secondaire de la grande académie de Poitiers. En 1937, lors de la scission du S3, il opta pour le passage au SPES et fut membre suppléant de sa commission exécutive constitutive.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Letellier fut arrêté et incarcéré de septembre 1943 au 7 janvier 1944. Il indiqua plus tard, au moment de son départ à la retraite, qu’il s’agissait de sanctionner son appartenance à une association d’amitié avec la Tchécoslovaquie. Toutefois cette période ne lui valut pas de bonification pour le calcul de sa retraite.

Après la Libération, il fut un des plus actifs vulgarisateurs des potentialités de l’énergie atomique, estimant que les hommes de sciences étaient les véritables héros des temps modernes dont les découvertes avaient été détournées. Toujours membre de la Société des agrégés et de son comité national, et toujours élu au Conseil académique, Letellier mit sa notoriété au service du développement du SNES. Après sa prise de retraite, il continua à militer activement, en étant le responsable du Groupement des retraités de l’académie de Poitiers puis de l’académie d’Orléans-Tours, après la création de celle-ci en 1962.

Ayant pris parti par la nouvelle majorité du courant « Unité et Action » à partir de 1967, il n’en fut moins critique en 1969 à l’égard de la position développée par Gérard Alaphilippe* vis-à-vis de l’agrégation, dont il se montrait toujours un très vigoureux défenseur.

Jusqu’au milieu des années 1970, il assistait chaque année avec son épouse, également retraitée, au congrès national du SNES, dont il était le doyen.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article118285, notice LETELLIER Léon, Clément par Alain Dalançon, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 8 avril 2012.

Par Alain Dalançon

ICONOGRAPHIE : Photo au congrès national du SNES de 1972 avec Théo Haddad*.

SOURCES : Arch. Nat. F17 25442. – Arch. Mun. Tours. – Arch. IRHSES. – DBMOF, notice non signée. – David Pace, « Old Wine-New Bootles. Atomic Energy and the Ideology of Science in Postwar France », French historical Studies, vol. 17, n°1, 1991.– Renseignements fournis par Eugenio Bressan.– Notes de Jacques Girault.

ŒUVRE : {Atome et énergie, La plus grande découverte de tous les temps mise à la portée de tous}, Tours, imp. Arrault, 1946.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément