LEVASSEUR Martin, Albert

Par Claude Pennetier et Nathalie Viet-Depaule

Né le 20 avril 1869 au Havre (Seine-Inférieure), marié, mort le 15 février 1931 à Saint-Ouen (Seine). Dessinateur. Maire adjoint de Saint-Ouen (1927-1931) ; conseiller général de la Seine (1929-1931).

Fils d’un ouvrier chaudronnier en fer, Martin Levasseur entra, en 1883, comme apprenti calqueur aux Forges et Chantiers de la Méditerranée (Chantiers de Graville) dans sa commune natale et acquit la qualification de dessinateur.

En 1896, il créa au Havre, avec quelques amis, l’Union socialiste, en fut le secrétaire et se fit le défenseur du socialisme dans plusieurs réunions électorales. Il fonda alors plusieurs syndicats ouvriers et présida celui de la Métallurgie. Secrétaire de la Bourse du Travail du Havre (1900-1906) et de la société coopérative "L’indépendante", il collaborait à de nombreux journaux dont le Progrès socialiste, l’Ouvrier havrais., le Bulletin de la Bourse du Travail et le Courrier socialiste. Son action politique et syndicale lui valut, en 1903, de perdre son emploi. Embauché sur les quais comme débardeur puis comme manœuvre aux Tréfileries du Havre, il dut néanmoins, en 1907, s’exiler en Suisse où il fut comptable puis caissier dans une banque. Il fut admis au Groupe socialiste français de Genève (adhérent de l’Internationale socialiste ouvrière) puis en devint le secrétaire.

Martin Levasseur revint en France en 1912 et se fixa, comme dessinateur, dans la région parisienne, à Saint-Ouen (Seine). Ayant rejoint le groupe socialiste local, il fut secrétaire de la section des locataires de Saint-Ouen. Spécialiste des questions de loyers, il appartint longtemps à sa commission exécutive et fut trésorier de l’Union confédérale.

En 1919, il fut élu conseiller municipal sur la liste d’Émile Cordon. Faisant partie des 204 signataires de la motion du Comité pour la reconstruction de l’Internationale, il rallia, après le congrès de Tours (décembre 1920), les rangs du Parti communiste qu’il quitta, comme la majorité du conseil, en 1923 pour l’Union socialiste-communiste (l’Humanité, 18 février 1923). Il conserva son siège aux scrutins de 1925 et de 1929, acceptant les responsabilités d’adjoint à partir de 1927. Membre du Comité directeur du Parti d’unité prolétarienne, il se présenta, en 1929, aux élections cantonales et entra au conseil général.

La mort le surprit le 15 février 1931. Ses obsèques rassemblèrent militants et amis dont G. Lesesne, député-maire de Saint-Ouen, Bonal, président du conseil général, Justin Oudin, maire d’Issy-les-Moulineaux et Marcel Letrange, au nom du comité central du PUP, qui y prirent la parole.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article118366, notice LEVASSEUR Martin, Albert par Claude Pennetier et Nathalie Viet-Depaule, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 6 janvier 2013.

Par Claude Pennetier et Nathalie Viet-Depaule

SOURCES : Arch. Dép. Seine, DM3 ; versement 10451/76/. — Arch. Nat. F7/13756. — Le congrès de Tours, édition critique, op. cit., p. 149. — Ça ira, 28 mars 1931. — Renseignements communiqués par la mairie du Havre, le 27 novembre 1979. — Le Courrier socialiste, 21 avril 1932. — Notes de M. Dreyfus et de J. Girault.

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