LÉVY Jean-Michel, Lazare

Par Michel Dreyfus

Né le 16 janvier 1902 à Neuilly-sur-Seine (Seine, Hauts-de-Seine), mort le 22 novembre 1987 à Paris ; avocat puis magistrat ; militant socialiste SFIO.

Jean-Michel Lévy fit des études de droit et s’intéressa toute sa vie à l’histoire — et notamment à l’histoire de la Révolution française. Bien que ne militant pas aux Jeunesses socialistes, il se sentait fort proche de la SFIO en 1919 et, c’est vers cette date, qu’il se mit en rapport avec la Fédération de la Seine-et-Oise à Versailles. Les méthodes communistes et notamment l’épisode du télégramme de Zinoviev au congrès de Tours provoquèrent son indignation.

Ayant achevé sa licence en droit en 1924, Jean-Michel Lévy suivit les cours de l’école militaire de Versailles au Centre d’études des chars de combat d’où il sortit sous-lieutenant. Il milita alors à la section de Neuilly, forte d’une vingtaine de militants — certains d’entre eux étaient des ouvriers qualifiés (ouvriers carrossiers notamment). Dans cette section " plutôt à droite dans le parti ", Lévy défendit des positions unitaires très proches de celles du groupe de " L’Étincelle " de Maurice Maurin.

En 1929, Jean-Michel Lévy, qui en était le trésorier, participa à une réunion de l’Association juridique internationale à Berlin. Il s’était rendu à cette manifestation en compagnie d’un autre militant, Georges Chadirat, et tous deux, bien qu’ayant reçu de la SFIO l’autorisation de se rendre à cette réunion, firent attention de préserver leur indépendance. Durant la même période, Jean-Michel Lévy fut lié au Secours rouge international et plaida pour plusieurs militants défendus par cette organisation.

En 1932, il avait renoncé à l’agrégation de droit droit pour travailler et soulager sa famille. Candidat socialiste dans la 9e circonscription de Saint-Denis (Seine), à Neuilly-sur-Seine, lors des élections législatives des 1er et 8 mai 1932, Jean-Michel Lévy recueillit au premier tour 337 voix sur 9 073 votants (3,7 %) Par la suite, il milita dans la section du XVIIe arr., mais les " batailles sectaires " entre socialistes et communistes le découragèrent parfois. Jean-Michel Lévy appartint également au Groupe des avocats socialistes. Il était également membre de la Ligue des droits de l’Homme et publia quelques articles dans les Cahiers des droits de l’Homme ainsi que dans la Grande Revue.

Il s’opposa violemment aux accords de Munich en 1938 qu’il considérait comme une " trahison et une infamie ". Rappelé à l’armée le 24 septembre 1938, il passa environ un mois sous les drapeaux. Libéré, il milita ardemment avec Marcel Willard contre la ratification des accords de Munich et prit la parole à ce sujet dans de nombreuses sections. Il refusa de démissionner publiquement de la SFIO pour ne pas accabler le parti à ce moment critique, mais se considéra dès lors en dehors de cette organisation et refusa désormais de lui envoyer ses cotisations.

Durant la Guerre, il appartint à la DGER . Il gagna le Maroc en 1940 avant de rejoindre l’armée de la France libre à Alger fin 1942. Il ne reprit pas sa place au barreau de Paris qu’il avait dû quitter comme juif durant l’Occupation, ayant sollicité et obtenu un poste de magistrat.

Après la Seconde Guerre, Jean-Michel Lévy continua à s’intéresser à la vie politique, mais s’il vota parfois pour le Parti socialiste, il n’y revint jamais. En 1986, il poursuivait ses recherches sur la Révolution française.

Il avait épousé le 25 mars 1931 Léone, Suzanne Poret.

Il mourut le 22 novembre 1987.à Paris. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article118438, notice LÉVY Jean-Michel, Lazare par Michel Dreyfus, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 3 août 2019.

Par Michel Dreyfus

ŒUVRE : Collaboration aux revues citées dans la biographie.

SOURCES : Arch. PPo, 1W1030/268322. — Archives Jean-Michel Lévy. — La Vie socialiste, 14 mai 1932. — Témoignage de Jean-Michel Lévy, 23 septembre 1986. — Notes de Gilles Morin.

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