LÉVY Louis

Par Justinien Raymond

Né le 11 juillet 1895 à Paris (Xe arr.) ; marié en 1920 ; mort le 17 février 1952 à Londres. Avocat, journaliste au Populaire ; membre de la CAP.

Fils d’un négociant de la rue des Petites-Écuries, Louis Lévy fit des études secondaires qui le conduisirent à la Sorbonne où il obtint la licence ès-lettres (Histoire). Il étudia aussi le droit, s’inscrivit quelque temps au barreau de Paris mais plaida peu. Entré au Parti socialiste SFIO en 1916, il fut secrétaire général de la Fédération des Jeunesses socialistes. Membre de la commission des résolutions du Comité de reconstruction de l’Internationale, il resta avec la minorité après la scission de Tours (décembre 1920). Sa grande arme militante fut le journal. C’était aussi son gagne-pain. Entré au Populaire en 1920, membre de son conseil d’administration en 1928, il fut rédacteur politique, puis rédacteur diplomatique. En qualité d’envoyé spécial, il assista à de nombreuses conférences internationales. Au cours de sa vie il collabora à maints journaux ou périodiques, le Soir, les Hommes du Jour, Vendredi.

Louis Lévy fut en outre délégué au congrès nationaux du Parti socialiste à de nombreuses reprises : à Strasbourg et Tours (1920), Toulouse (1928), Tours (1931), Paris (1932 et 1933), Toulouse (1934), Mulhouse (1935). Il fut délégué de la Loire, puis en 1935 de l’Ain.

" Candidat ambulant et chronique " (le Mémorial, 26 avril 1936) du Parti socialiste, il se présenta dans la 1re circonscription de Saint-Étienne (Loire) aux élections législatives de mai 1932, et obtint au premier tour 3 662 voix sur 19 623 votants (18,6 %), réalisant un gain de mille voix par rapport à 1928. En 1934, il fut candidat aux élections cantonales à Saint-Chamond, face à Antoine Pinay, maire de la ville. Il recueillit 1 310 voix contre 5 636 à A. Pinay, élu dès le premier tour.

Louis Lévy était étroitement mêlé à la vie du Parti socialiste et de sa Fédération de la Seine. Secrétaire du Comité national mixte des Jeunesses socialistes de 1926 à 1934, il appartint, de 1926 à 1939, à la Commission administrative permanente de la SFIO, et, en 1936, siégea au sein de la commission des conflits au titre de la tendance Paul Faure. Il fut vice-président de l’Internationale socialiste. Il se rangeait aux côtés de la " Bataille socialiste " mais il prit avec elle ses distances après le congrès national de Mulhouse (1935), ne voulant pas s’aventurer sur le chemin de l’unité organique entre PS et PC, et il accusa indirectement Jean Zyromski de souhaiter " un centralisme démocratique qui rappelle à s’y méprendre le système de l’organisation bolchevique " (le Populaire, 17 juillet 1935). Partisan de l’unité d’action, il restait très méfiant à l’égard du Parti communiste. En 1938, il se prononça contre les accords de Munich.

Pendant les opérations militaires de 1939-1940, Louis Lévy fut le correspondant de guerre du Populaire et du Petit Provençal, et aussi de l’Europe Nouvelle (sous le pseudonyme de Charras). À Londres, il anima le groupe " Jean-Jaurès ". À la Libération, il fut membre du Comité directeur et de la commission internationale. Il passa les dernières années de sa vie à Londres comme envoyé du Populaire. Maîtrisant parfaitement la langue anglaise, il était un observateur avisé des réalités britanniques.

Louis Lévy avait épousé en 1920 à Paris (XXe arr.) Judith, Marthe Bernheim (voir Marthe Lévy).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article118440, notice LÉVY Louis par Justinien Raymond, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 16 avril 2020.

Par Justinien Raymond

ŒUVRE : Les Nuits du Cartel ou les confidences d’une mouche du coche, Paris, Hachette, 1929. — Comment ils sont devenus socialistes, Paris, Édition du Populaire, 1931. — Vieilles histoires socialistes, Préface de Bracke, Paris, Marcel Rivière, 1933. — La cravate à triple tour (roman), 1936. — Vérités sur la France, Harmondsworth, Middlesex, England, 1940 ; en France : Édition du Pingouin (une courte biographie de l’auteur figure dans cet ouvrage). — Anthologie de Jean Jaurès, Paris, Calmann-Lévy, 1946.

SOURCES : Arch. Nat., F7/13035, rapport du 4 mai 1932. — Arch. Dép. Loire, 3 M 71, 3 M 73, 4 M 127. — Le Mémorial de la Loire, 26 avril 1936. — La Tribune républicaine, 6 mai 1932, 24 septembre 1934, 3 février 1936. — Journaux cités et œuvres indiquées ci-dessus. — J.-F. Gelly, Recherches sur les problèmes de l’unité organique du PCF et de la SFIO, op. cit., p. 43. — Comptes rendus des congrès du Parti socialiste SFIO. — La Vie socialiste, 14 mai 1932. — Notes de J. Lorcin et Jacques Girault.

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