LHERNAULT Émilie, Augustine

Par Jean-Jacques Doré

Née le 2 août 1886 à Mesnil-Esnard (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), morte le 4 décembre 1965 à Sotteville-les-Rouen (Seine-Maritime) ; secrétaire de la section de Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) du syndicat du Textile de Rouen de 1918 à 1927 et trésorière du syndicat général en 1921.

Fille d’un journalier et d’une tisseuse, elle-même ouvrière du textile de Saint-Étienne-du-Rouvray, Émilie Lhernault fit ses premières armes lors des grandes grèves du textile qui paralysèrent l’agglomération rouennaise en juin 1917. Élue secrétaire de la section de Saint-Étienne-du-Rouvray du syndicat général du Textile de Rouen en décembre 1918, elle fit partie de cette génération de militantes d’envergure, entièrement dévouée à l’émancipation de la classe ouvrière en général et à celle de la femme en particulier comme Germaine Goujon, Louise Gautier et Georgette Delarue.

Réélue secrétaire de section en 1919, elle devint trésorière adjointe du syndicat général, dont le secrétaire était Georges Touzard, le 17 mars 1920. Le syndicat du Textile de Rouen était alors fort de 3 500 membres et divisé en dix sections Rouen, Sotteville, Saint-Étienne-du-Rouvray, Oissel, Darnétal, Barentin, Le Houlme, Maromme, Petit-Quevilly et Monville.

Inscrite à la SFIC (Parti communiste) dès 1921, elle milita dans les rangs minoritaires sans toutefois prendre le contrôle du syndicat général ; si bien qu’au congrès de l’Union départementale de Dieppe en juillet 1921, les votes du Textile se partagèrent pour moitié entre les motions majoritaires et minoritaires.

La scission fut catastrophique pour le syndicat du Textile de Rouen, Georges Touzard tint à bout de bras un squelettique syndicat confédéré qui disparut en 1927 lorsqu’il prit sa retraite ; quant au syndicat unitaire, qui comptait, bon an mal an, un peu plus de 800 membres, il ne vivait que par le dynamisme sans faille de ses principaux militants, Germaine Goujon, Joseph Chauvière, Arthur Capelle et Émilie Lhernault qui dirigea la section de Saint-Etienne-du-Rouvray jusqu’en 1927.

En 1926, elle déclencha une grève à la société cotonnière de Saint-Étienne-du-Rouvray, mais l’échec rapide du mouvement la rendit très amère :"Il n’y a plus rien à faire là-dedans, les risques de chômage sont trop grands, les patrons ont la partie belle." Elle cessa de militer au syndicat unitaire l’année suivante.

Elle mourut à Sotteville-les-Rouen (Seine-Maritime) le 4 décembre 1965.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article118489, notice LHERNAULT Émilie, Augustine par Jean-Jacques Doré, version mise en ligne le 10 août 2020, dernière modification le 19 juin 2020.

Par Jean-Jacques Doré

SOURCES : Le Réveil ouvrier, juillet 1921. — J.-J. Doré, DES, op. cit. —État civil. — Arch. Dép. Seine-Maritime 1 MP 343 Dossiers individuels des membres du PCF de L à Z, 1 MP 269 Suspects. — Arch. Mun. Rouen 7 F 3 Syndicats tramways, textile.

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