LLATI Marcel [écrit parfois : "LLATY"]

Par André Balent

Né le 3 avril 1915 à Perpignan (Pyrénées-Orientales) ; mort le 31 août 1996 à Perpignan ; ouvrier typographe ; militant syndicaliste (CFTC puis CGT) ; militant du MLP puis de l’UGS et du PSU des Pyrénées-Orientales.

Fils de Jean-Baptiste, Laurent , serrurier âgé de quarante-quatre ans en 1915, de Margueritte, Élisa, Marie Llori âgée de trente-quatre ans en 1915, tous deux natifs d’Arles-sur-Tech (Pyrénées-Orientales), Marcel Llati devança son appel et s’engagea volontairement pour trois ans au 3e régiment de hussards, en garnison à Tarbes (Hautes-Pyrénées). Le 3 octobre 1935, il fut nommé grenadier d’élite. Il fut renvoyé dans ses foyers le 26 octobre 1937. Il fut déclaré réformé temporaire le 13 octobre 1939 par la commission de réforme d’Annecy (Haute-Savoie) pour diabète. Le 1er mai 1940, la commission de réforme de Perpignan le déclara, pour le même motif, réformé définitif.

Il se maria le 25 avril 1940 avec Micaela, Simona Pueyo. Ils eurent trois enfants.

Il travailla d’abord comme ouvrier aux Établissements Fontaneu à Perpignan puis commença une longue carrière de typographe au grand quotidien perpignanais, L’Indépendant. Il fit une carrière sportive de boxeur amateur au cours de laquelle il conquit plusieurs titres dans sa catégorie. Poids coqs, ou le plus souvent poids mouches, Marcel Llati (dans la presse sportive ou générale son nom était le plus souvent orthographié « Llaty ») commença sa carrière dans l’adolescence au Ring olympique perpignanais. Il fut d’abord champion militaire. Il conquit de nombreux titres entre 1943 et 1946, d’abord au sein de la « section boxe » de l’USAP (le grand club de rugby de Perpignan) puis du Foyer Léo-Lagrange (Voir Jésus-Prêt Robert). Il a été champion du Languedoc des poids mouches et en 1945 fut en quart de finale de la même catégorie au championnat de France à Lyon en 1946. Toujours dans sa catégorie, représentant de la sélection Languedoc-Provence, il triompha à Genève d’un adversaire de la sélection de la Suisse romande. Llati fut ensuite, au moins jusqu’en 1949, le prévôt de boxe du foyer Léo Lagrange de Perpignan.

Catholique militant, Llati adhéra à la CFTC et exerça avant 1939 quelques responsabilités au sein de cette organisation, alors quasi confidentielle en pays catalan. Il présida notamment les Jeunesses ouvrières chrétiennes des Pyrénées-Orientales. En 1941, il entra en correspondance avec Roger Castagner* qui s’occupait depuis 1940 de la Ligue ouvrière chrétienne [dont le but était "1) la rechristianisation du monde ouvrier, 2) l’amélioration du sort des travailleurs afin de leur permettre de penser un peu plus à leur vie spirituelle"] et de la diffusion du Monde ouvrier.

Après la Seconde Guerre mondiale, Llati adhéra à la CGT. Il fut un militant très actif du syndicat CGT du Républicain du Midi qui, à la Libération avait remplacé L’Indépendant. Le 15 octobre 1945, il entra au conseil d’administration de la SCOP "Les Arts graphiques du Midi" chargée d’assurer principalement l’impression du Républicain du Midi. En 1950, les principaux actionnaires de l’ancien Indépendant décidèrent de faire reparaître le titre et d’éliminer Le Républicain à leurs yeux inféodé au député socialiste Louis Noguères. Paul Chichet tenta avec succès un coup de force. Marcel Llati administrateur de la SCOP "Les Arts graphiques du Midi" tenta de s’opposer à cette tentative. Le 25 mars 1950, il fut donc remplacé, ainsi que Jean Pou, linotypiste, au CA de la SCOP. Le 17 avril 1950, lors de l’assemblée générale de la SCOP à laquelle assistaient 140 membres sur 154, Marcel Llati fut avec Armand Samso, Pierre Grieu, Raymond Charpeil et Mme Mas parmi les cinq qui refusèrent d’entériner la motion présentée par Paul Chichet tendant à refuser l’impression du Républicain du Midi. Le 23 avril 1950, à la Bourse du travail de Perpignan et en présence de d’Édouard Ehni, secrétaire de la Fédération du Livre de la CGT, Marcel Llati prit le premier la parole en déclarant notamment que Marcel Basset, secrétaire du syndicat des travailleurs du Livre de Perpignan, linotypiste, "s’est rendu indigne par la position qu’il avait prise en faveur de L’Indépendant et n’avait plus sa place au syndicat. Pourtant, à l’issue de la réunion, il fut demandé au syndicat du Livre de se prononcer "pour la liberté de la presse et la parution de tous les journaux, L’Indépendant, Le Républicain du Midi", ce qui revenait en clair de demander aux ouvriers du livre qui y étaient hostiles de ne plus s’opposer à la reparution de L’Indépendant.
Marcel Llati, ne cessa jusqu’à son départ à la retraite d’adhérer au syndicat CGT des travailleurs du Livre.

Marcel Llati milita dans les années cinquante dans les rangs du MLP (Mouvement de libération du peuple) puis de l’UGS (Union de la gauche socialiste). En 1960, il participa à la fondation de la Fédération des Pyrénées-Orientales du PSU et demeura adhérent de ce parti jusque dans les années 1970.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article118695, notice LLATI Marcel [écrit parfois : "LLATY"] par André Balent, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 7 novembre 2014.

Par André Balent

SOURCES : Arch. Dép. Pyrénées-Orientales, série M non classée, versement du cabinet du préfet, liasse 186, suspects, A à L, rapport du commissaire divisionnaire, chef de police spéciale au préfet des Pyrénées-Orientales, 24 février 1941 ; 1 R 676, registre matricule, f° 565. — Arch. com. Perpignan, registres de l’état civil, actes de naissance et de décès. — DBMOF, 35, 1989, p. 9, notice par A. Balent. — Gérard Bonet, L’Indépendant des Pyrénées-Orientales. Un siècle d’histoire d’un quotidien 1846-1950. L’entreprise, le journal, la politique, Perpignan, Publications de l’Olivier, 2004, 764 p. [pp. 437, 510, 512, 516]. — Jean-Louis Roure, Histoire de la boxe perpignanaise. Coups de poings et point à la ligne, Saint-Estève, Les Presses littéraires, 2012, 287 p. [p. 141, pp. 150 sq., p. 171]. — Témoignage oral de Marcel Llati.

ICONOGRAPHIE : Marcel Llati, champion de boxe, au moins deux pages HT de photographies in Roure, 2012, {op. cit.}

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