LOUVRIER Paul Émile

Par Jean-Michel Steiner

Né le 20 décembre 1886 à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), mort à Saint-Étienne le 13 novembre 1957 ; ouvrier monteur en lignes aux PTT ; militant syndicaliste CGTU, militant communiste ; interné administratif

Fils de Louis, manoeuvre âgé de 35 ans, et de Philiberte Pernon, âgée de 29 ans, Paul Émile Louvrier a grandi dans le quartier de la Croix des Oiseaux à Monceau les Mines. Sa mère mourut alors qu’il n’avait que 14 mois. Son père se remaria avec Célestine Raboeuf, mère d’une petite fille. Selon le recensement de 1896, Paul Émile était le troisième enfant d’une famille recomposée qui en comptait six. Il fréquenta l’école primaire jusqu’à 13 ans, puis travailla aux Mines de Blanzy jusqu’à son départ au service militaire.

Il remplit ses obligations au 8è Régiment de Dragons du 1er octobre 1907 au 25 septembre 1909, puis retourna aux Mines de Blanzy jusqu’en juillet 1911, date à laquelle il entra aux PTT comme agent des lignes à Saint-Étienne. 31 mai 1913, il épousa dans cette ville Marie Joséphine Vincent. Le couple a eu deux enfants : Émile, Pierre, né le 28 novembre 1914 à Alleyras, qui devint électricien et Marguerite, née en 1918 à Monceau les Mines qui devint couturière.

Rappelé par la mobilisation générale Paul Émile Louvrier fut affecté le 1er juin 1916 au 2è régiment léger, rattaché au 14è Chasseurs avant de passer le 3 septembre 1916 au dépôt commun des 11è et 12è régiment de Cuirassiers. Mis en sursis indéterminé au titre des Mines de Blanzy à compter du 13 mars 1917, il fut démobilisé le 1er avril 1919. Le 26 mai 1919, il fut classé affecté spécial comme employé permanent de l’administration des Postes en qualité d’ouvrier.

Syndiqué et membre du Parti communiste depuis 1923, Paul Louvrier était, en 1926, secrétaire du syndicat unitaire des ouvriers des lignes PTT de la Loire, secrétaire de la cellule communiste des PTT de Saint-Étienne, membre du comité du rayon de la ville. Il participait à l’administration du café coopératif. Il fut candidat sur la liste communiste conduite par Jacques le Griel aux élections municipales de juillet 1930 consécutives à la révocation de Louis Soulié.

Le 31 mai 1940, un policier écrivait dans un rapport : « le 28 mai 1940, Louvrier, de l’équipe Michalon, a toute la journée nargué ses camarades qu’il voyait attristés par les nouvelles de Belgique en chantant ou sifflant l’Internationale alors qu’il travaillait sur un chantier de pose de lignes rue d’Isly ». L’affaire fut jugée assez grave pour que, le 3 juin, le préfet de la Loire signât un arrêté envoyant Paul Louvrier au camp de séjour surveillé de Saint-Angeau (Cantal). Le 5 septembre décida son maintien dans le camp et demanda sa révocation au directeur départemental des PTT. En octobre, il fut enfermé successivement aux camps de Carpiagne et de Chibron (Var), puis, à partir du 13 février 1941, au Fort Barraux (Isère). Le 3 septembre 1942, le commissaire de police spéciale recommandait son maintien en camp d’internement : « Le retour à Saint-Étienne de Louvrier, n’est pas souhaitable, il serait dangereux de permettre sa réintégration dans un service où il exerce une grande influence, surtout sur les facteurs … il ne tarderait pas à reprendre son activité subversive ». Il était interné au camp de Saint-Sulpice la Pointe lorsque le 27 mars 1943, le préfet Georges Potut signa un arrêté de libération assorti d’une interdiction de séjour à Saint-Étienne.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article119035, notice LOUVRIER Paul Émile par Jean-Michel Steiner, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 7 juin 2022.

Par Jean-Michel Steiner

SOURCES : Arch. Nat. F7/13105, 13110, 13113, 13121. — Arch. Dép. Var, 4 M 291. — Le Cri du peuple, 1er octobre 1927 — Arch. Dép. Saône-&-Loire :5E306/14, Montceau-les-Mines, naissances 1886-87 ; Montceaux les Mines, recensement 1896 ; 1R RM 1906/1, matricule n° 274 — Arch. Mun ; Saint-Étienne : 3E136, mariages 10 mai-26 septembre 1913 ; Arch. Dép. Loire, 6M698, recensement Saint-Étienne nord ouest 1936.

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