LUCIANI Michel, Ange, Georges

Par Claude Pennetier

Né le 27 août 1909 à Monte-Carlo (principauté de Monaco), mort le 27 septembre 1944 dans la colonne Fabien, lors de la bataille de Gravelottes ; tourneur repousseur sur métaux ; syndicaliste CGTU ; dirigeant des Jeunesses communistes ; volontaire en Espagne républicaine.

Fils de Jean Luciani, cheminot porteur sympathisant communiste qui était veuf de Larie Leca (c’est peut-être Jean Luciani, maire d’Yerres de 1945 à 1947], Michel Luciani, troisième enfant d’une fratrie de quatre, domicilié à Paris XIIe arr., cité Moynet, obtint le certificat d’études primaires puis fit huit mois d’EPS. Il arrêta ses études sur un coup de tête, ayant refusé une punition qu’il trouvait injuste. Il participait au club de nageurs de la Fédération sportive du travail. Tourneur professionnel en 1929, demeurant à Yerres (Seine-et-Oise), Michel Luciani était, en 1930 membre de l’Union syndicale de la Métallurgie-voiture-aviation-maréchalerie de la région parisienne. Avec G. Poumeroulie, il tenta d’organiser une école syndicale du soir. Il était membre du club nageur de la FST.

Luciani adhéra à la CGTU, aux Jeunesses communistes et au Parti communiste en 1927 et suivit une « école anti » en 1929. Il militait activement au sein du 21e rayon de la 4e Entente de la Fédération nationale des Jeunesses communistes. Le 21 février 1930, il fut arrêté, place d’Italie à Paris, au cours d’une bagarre avec la police. Auparavant, des militants communistes avaient tenté de pénétrer dans la salle Bullier (située au carrefour des boulevards Montparnasse et de l’Observatoire) où se tenait un meeting organisé par le journal la Liberté pour protester contre "les crimes de la Guépéou en France". Il fut condamné à un mois de prison et vingt-cinq francs d’amende. Il séjourna également pendant deux mois à la prison de la Roquette, et fut mêlé en 1931 à l’« affaire Paul ».

Au congrès national de la CGTU (8-15 novembre 1931), il fut élu à la commission exécutive des jeunes syndiqués, et secrétaire de la commission des jeunes à la CGTU. En janvier 1932, il fut délégué à Moscou auprès de l’Internationale syndicale rouge. À son retour, il fut permanent.

En 1937, Luciani était volontaire en Espagne républicaine. Il travailla auprès d’André Marty à Albacete.

Il demeurait à Paris à la veille de la Seconde Guerre mondiale et s’était marié le 2 septembre 1939 à Villeneuve-Saint-Georges avec Germaine Frère. En mai 1941, Michel Luciani fit l’objet de recherches par la police. Communiste clandestin, agent de commerce des éditions France nouvelles, il se rendit souvent à Bordeaux, puis travailla comme ouvrier à la société ACRA à Colombes.

En août 1944, Michel Luciani s’engagea dans la Colonne Fabien. Adjudant du 1er régiment de marche de Paris, 2e section, il mourut le 27 septembre à Gravelottes (Moselle). Son corps fut rendu à sa famille cinq ans plus tard.

Michel Luciani figure sur la liste noire du PCF de janvier 1943, ainsi que Germaine Luciani (Frère) et Georges Mercader : "FRÈRE Germaine, femme Luciani. Sa mère habite Villeneuve-Saint-Georges. Arrêtée par la Gestapo, libérée sur promesse de se mettre à son service. Exclue comme policière. 25 ans env. brune. LUCIANI Michel, mari de la précédente, exclu comme mari d’une policière, gros, court, brun, frisé, 36 ans environ. MERCADER Georges, ami de Germaine Frère, arrêté par les allemands, a consenti que sa maîtresse se mette au service de la Gestapo".

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article119131, notice LUCIANI Michel, Ange, Georges par Claude Pennetier, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 16 décembre 2015.

Par Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, 495 270 897, autobiographie, 01/04/1933, classé A. — Arch. Nat. F7/13119. — Arch. PPo. 89 et 304.— État civil. — Notes de Paul Crespin.

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