KALLAÏ Tibor

Par Jean-Pierre Besse, Daniel Grason

Né le 7 mai 1902 à Budapest (Hongrie), fusillé comme otage le 11 août 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; chimiste ; militant communiste ; résistant.

Tibor Kallaï, issu d’une famille juive, arriva en France le 14 juillet 1937. Son visa délivré par le consul français à Budapest était valable jusqu’au 15 novembre. Il habita 29 rue des Cordelières (XIIIe arr.) puis 22 rue des Fossés-Saint-Jacques (Ve arr.). Il obtint un récépissé de demande de carte d’identité au titre d’étudiant, renouvelable chaque mois. Il était venu en France pour poursuivre des études, au cours de l’année scolaire 1937-1938, et suivit des cours à la Faculté des lettres et à l’École préparatoire des professeurs de français à l’étranger. Il réussit l’examen de la section préparatoire, obtint le certificat de connaissance de français usuel et parlé. Les professeurs l’appréciaient pour ses « qualités d’intelligence et d’ardeur au travail ».
En avril 1938, il sollicita une autorisation de résider en France. La préfecture de police demanda aux Renseignements généraux d’enquêter. Tibor Kallaï n’attirait pas « l’attention du point de vue politique ». Il subvenait à ses besoins grâce à une aide mensuelle que lui envoyait son frère Lazlo qui vivait en Hongrie. Il écrivait des articles sur le végétarisme et l’industrie textile, destinés à des journaux et revues paraissant à Budapest. Il obtint du ministère du Travail l’autorisation de travailler temporairement à la campagne. Du 22 juin au 15 juillet 1938, il cueillit des petits pois chez des paysans de la région de Cernay-Limours (Seine-et-Oise, Essonne). Pendant la guerre, pour subsister, il s’embaucha comme charbonnier, et demeurait 36 quai des Célestins (IVe arr.). Il faisait partie d’un groupe de résistants communistes juifs, vraisemblablement dans les FTP-MOI à l’instar de Saül Bot.
Le 25 avril 1942, Saül Bot dit Salek, violoniste, élève du conservatoire, et Hersch Zimmerman, ancien combattant d’Espagne, fabriquaient une bombe en vue d’un attentat le 1er mai, dans un logement au 7e étage du 49 rue Geoffroy-Saint-Hilaire (Paris, Ve arr.). Une explosion se produisit : Saül Bot fut déchiqueté, Hersch Zimmerman mourut de ses blessures. La police identifia l’amie de Saül Bot, Macha Lew, militante du travail anti-allemand. Elle fut appréhendée à son domicile 1 bis rue Lacépède (Ve arr.). La police tendit une souricière, et neuf militants communistes furent appréhendés entre le 26 et le 30 avril. Les policiers arrêtèrent Tibor Kallaï le 26, il portait sur lui des tracts du Parti communiste français.
Tibor Kallaï fut incarcéré à la prison de la Santé, puis au camp de Romainville sur ordre du commando spécial pour crimes capitaux de la GFP (Geheimfeldpolizei), qui recouvrait les polices criminelle, de sécurité et d’État. Passé par les armes comme otage le 11 août 1942 au Mont-Valérien, incinéré, il fut inhumé au Père-Lachaise le 29 août 1942.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article119250, notice KALLAÏ Tibor par Jean-Pierre Besse, Daniel Grason, version mise en ligne le 26 novembre 2010, dernière modification le 15 novembre 2020.

Par Jean-Pierre Besse, Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., activités communistes pendant l’Occupation, carton 6, carton 12, KB 77, 77W 287, 77W 392. – DAVCC, Caen, B VIII dossier 3 (Notes Thomas Pouty). – Annette Wieviorka, Ils étaient juifs, résistants, communistes, Denoël, 1986. – Serge Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit. – David Diamant, Les Juifs dans la résistance française 1940-1944, Le Pavillon, Roger Maria éditeur, 1971. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Site Internet CDJC.

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