MACHOT Marius, Albert

Par Alain Dalançon

Né le 23 mai 1887 à Prélenfrey, commune du Gua (Isère), mort le 2 mai 1968 à Nice (Alpes-Maritimes) ; instituteur, directeur d’école ; militant syndicaliste du SNI et de la CGT ; militant socialiste ; résistant.

Son père, Hippolyte Machot était garde-forestier, sa mère, née Hortense Ailloud, était ménagère.

À sa sortie de l’École normale d’instituteurs, Marius Machot effectua son service militaire au 140e régiment d’infanterie, d’octobre 1905 à octobre 1906.

Instituteur public, il enseigna dans diverses localités du département : Valjouffrey (1908), Bourgoin (1909) et épousa le 28 aôut 1909 à Saint-Hilaire-du-Rosier, Emilie Abonnel. En 1913, il était en poste à Méandre.

Mobilisé en août 1914 comme sergent fourrier, il fut démobilisé en mars 1919 comme lieutenant de réserve dans le 500e régiment de chars de combats. Il avait été blessé aux bras et aux jambes par des éclats de grenade le 16 novembre 1916 à Flirey (Meurthe-et-Moselle), ce qui lui valut une pension d’invalidité de 10%. Cité à l’ordre du régiment, Croix de guerre, il fut fait chevalier de la Légion d’honneur en juillet 1935.
Son frère cadet, Camille (1891-1965), engagé dans l’armée, devenu lieutenant dans un régiment de tirailleurs marocains, blessé et cité, fut également décoré de la légion d’honneur en 1923 ; il était en garnison à Safi.

Marius Machot était animateur de l’ARAC (Association républicaine des anciens combattants) après la guerre à Vinay, et militait au Parti socialiste SFIO. Devenu directeur d’école à Grenoble, rue du lieutenant Chanaron, il fut l’un des militants les plus influents du Syndicat départemental des institutrices et instituteurs affilié à la CGT, dont il était encore le secrétaire en 1930-1931. Cette année, il reçut une lettre de félicitations de la Présidence du conseil pour son travail à l’école.

Il n’avait jamais dissimulé son désir d’unité avec les communistes et avait notamment animé sur le plan grenoblois le comité du mouvement Amsterdam-Pleyel. Devenu dirigeant de la Fédération générale de l’enseignement-CGT, il figura parmi les premiers membres du CVIA (Comité de vigilance des intellectuels antifascistes) en 1935 à Grenoble.

Il fut mis d’office à la retraite par le gouvernement de Vichy en 1940. Sous l’Occupation, il entra dans la Résistance et devint chef de secteur de l’Armée secrète en mars 1943. Le 22 décembre suivant, il résista par les armes à la Gestapo venue l’arrêter et parvint à s’enfuir, rejoignant un maquis FFI jusqu’à la Libération.
Il redevint alors secrétaire départemental de la Fédération des fonctionnaires, fut désigné comme trésorier adjoint de l’UD de la CGT lors de sa reconstitution et, en sa qualité d’ex-confédéré, l’un des deux représentants de l’Union locale sur la liste d’"Union de la Résistance" aux élections municipales de Grenoble en 1945.

En 1948, après la scission de Force ouvrière, il était encore membre du bureau de l’UD de la CGT. Il prit peu après sa retraite dans le Midi.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article119314, notice MACHOT Marius, Albert par Alain Dalançon, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 avril 2021.

Par Alain Dalançon

SOURCES : Arch. SHD, dossier résistant homologué FFI, GR 16P/381881. — Base Léonore, http://www2.culture.gouv.fr, légion d’honneur, dossiers des deux frères Machot. — JO, Lois et décrets, du 28 mai 1931. — Arch. Dép. Isère, état civil, registre matricule, classe 1907. — L’Ecole Libératrice, passim. — Les Allobroges, 29 avril 1945. — Cahiers d’histoire-sociale Rhône-Alpes, n° 38, décembre 1996. — Notice non-signée du DBMOF.

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