MADEUF Hélène [MADEUF Marie, Joséphine, Hélène ]

Par Jacques Girault, Claude Pennetier

Née le 28 janvier 1895 à Bagnols (Puy-de-Dôme), morte le 17 octobre 1977 à Bourges (Cher) ; institutrice dans le Puy-de-Dôme ; militante syndicaliste ; militante communiste.

Née dans le hameau d’Aulnat, fille de François Madeuf, cultivateur, petit propriétaire, et de Françoise Bellon, institutrice, d’opinions radicales-socialistes, qui avaient six enfants, Hélène Madeuf fut seulement baptisée. Elle entra à l’Ecole normale d’institutrices de Clermont-Ferrand en 1913 et, titulaire du brevet supérieur, fut nommée, en 1915, dans des postes ruraux puis, dans les années 1930, dans la classe unique de l’école de filles du hameau de La Font-de-l’Arbre à Orcines près de Clermont-Ferrand. Elle adhéra en 1919 au syndicat. Elle pratiquait les méthodes actives, en rapport avec Célestin Freinet et d’autres militants du syndicat de la Fédération unitaire de l’enseignement.

Pendant sa scolarité à l’école normale, elle découvrit l’Humanité et évolua vers le socialisme. En 1918, elle adhéra au Parti socialiste SFIO et choisit de soutenir la Troisième Internationale avec la minorité des militants socialistes de la fédération du Puy-de-Dôme.

Hélène Madeuf participa à l’activité syndicale en faisant partie, de 1924 à 1926, du conseil syndical de la section départementale du Syndicat des membres de l’enseignement laïc, déléguée à tous les congrès de la FUE. Trésorière de la section syndicale en 1925-1926, elle en devint la secrétaire de 1928 à 1930 et la responsable du bulletin départemental. Membre des directions des unions locales et départementales de la CGTU, elle fut déléguée aux congrès confédéraux de 1925 et de 1929. Lors de ce dernier, elle ne prit pas part au vote sur le rapport moral. Elle se rendit en URSS en 1934 et milita avec les Amis de l’Union soviétique.

Après la fusion avec le Syndicat national (CGT), Hélène Madeuf devint membre du conseil syndical et du bureau de la section départementale du Syndicat national des instituteurs jusqu’à la guerre. Gréviste le 12 février 1934 et le 30 novembre 1938, sanctionnée d’une retenue de salaire de huit jours, elle participa à toutes les manifestations syndicales et politiques au moment du Front populaire (adhésion au comité Amsterdam-Pleyel, soutien aux Républicains espagnols). Militante communiste, sans responsabilité, membre du Secours rouge international, elle manifesta un « violent désaccord » avec la campagne pacifiste de la direction du SNI avant les accords de Munich. Comme elle refusa de condamner le pacte germano-soviétique, elle fut exclue du conseil syndical. Arrêtée le 19 mars 1941 pour propagande communiste, condamnée à quatre mois de prison avec sursis, elle fut révoquée à sa sortie de la maison d’arrêt de Clermont-Ferrand où elle resta un mois et demi avec sa nièce Hélène Rault, étudiante en anglais. Retirée à Royat, elle participa aux activités de Résistance des communistes dans la région et fut membre du Comité départemental de Libération.

Hélène Madeuf fut réintégrée dans le conseil syndical à la Libération. Dans les discussions internes au mouvement syndical, dans le Puy-de-Dôme, des instituteurs partisans du maintien dans la CGT, dont Hélène Madeuf, refusèrent l’autonomie, créèrent dans l’été 1948 un Syndicat unique de l’Éducation nationale, avant de réintégrer l’année suivante le SNI.

Hélène Madeuf fut élue membre du comité de la fédération communiste du Puy-de-Dôme en août 1945, son mandat étant renouvelé lors de la 2ème conférence régionale du 3 août 1946. Elle serait restait membre du comité fédéral jusqu’à la fin des années 1940 et fut déléguée au Xeme congrès national du PCF, et candidate au Conseil général.

Retraitée en 1951, elle continua à militer dans les associations mutualistes et laïques. Membre des vétérans communistes et de la cellule Henri Barbusse, elle fêta en 1970 le cinquantenaire de son appartenance au Parti communiste français.

En 1977, après de nombreux accidents de santé, elle fut victime d’un accident vasculaire cérébral.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article119351, notice MADEUF Hélène [MADEUF Marie, Joséphine, Hélène ] par Jacques Girault, Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 16 mai 2021.

Par Jacques Girault, Claude Pennetier

SOURCES : Renseignements fournis par l’intéressée et sa famille. — Arch. Dép. Puy-de-Dôme, M 05420. — Bulletin du syndicat de l’Enseignement du Puy-de-Dôme. — "Le communisme à l’école", Le Moniteur, 21 mars 1941. — La Voix du peuple, 18 août 1946 et 10 août 1946. — A.-M. Sohn, Thèse, op. cit. — Sites Internet « WWW Laurent Bloch », témoignage de Colette Bloch*, « Pionniers du mouvement Freinet ».

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