MAGNIER Georges, Henri, André

Par Jean-Pierre Besse

Né et mort à Friaucourt (Somme), 15 décembre 1913-29 octobre 2002 ; instituteur dans la Somme ; secrétaire départemental du SNI (1954-1956 ; 1958-1969) ; président de la section MGEN (1974-1981) puis président d’honneur ; militant socialiste SFIO jusqu’en 1954.

Son père, serrurier, devenu hostile à la religion, fut tué le 15 décembre 1914 sur le front en Argonne. Georges Magnier, pupille de la Nation, élevé par sa mère qui avait été employée de commerce avant son mariage en 1911, fut seulement baptisé en 1918. Après avoir fréquenté l’école primaire de sa commune natale, il entra au cours complémentaire de Friville-Escarbotin puis en 1929 à l’École normale d’instituteurs d’Amiens (Somme). Il obtint le brevet supérieur et le premier degré du certificat d’aptitude à l’enseignement de l’éducation physique. Nommé à Tours-en-Vimeu (1932-1934) où il créa un club de football en 1933, il partit au service militaire en Algérie, l’année suivante, puis fut nommé à Grébault-Mesnil en octobre 1935 où il fut secrétaire de mairie. Il se maria uniquement civilement le 12 septembre 1936 à Tours-en-Vimeu (Somme). Le couple eut trois enfants.
A sa sortie de l’École normale, en 1932, Magnier adhéra aussi au Parti socialiste SFIO. Il milita aussi à la Libre Pensée et à la Ligue des droits de l’Homme.

Magnier adhéra au Syndicat national (CGT) lorsqu’il fut nommé à son premier poste en 1932. Gréviste le 12 février 1934 et le 30 novembre 1938, il fut sanctionné d’une retenue de salaire de huit jours. Mobilisé en septembre 1939, prisonnier de guerre en juin 1940, après son retour de captivité, comme rapatrié sanitaire, en août 1941, Magnier participa à la Résistance au sein de « Libération-Nord » à partir de l’été 1942. 


A partir de la Libération, en poste à Béthencourt-sur-Mer (Somme) où il resta jusqu’à sa décharge de services en 1962, Magnier milita activement au Syndicat national des instituteurs. Membre du secrétariat départemental en 1953, il remplaça en décembre 1954 au secrétariat général Edouard Marquis* qui lui succéda en décembre 1956. Magnier retrouva ce poste en décembre 1958 et le conserva jusqu’à sa retraite en octobre 1969. Lors de la réunion du bureau national du SNI, le 5 février 1959, Denis Forestier lut sa lettre au Ministre de l’Education nationale décrivant la situation catastrophique de l’école dans la Somme. En décembre 1959, le vote d’orientation au sein de la section de la Somme accordait 74,6 % à la liste Forestier. En 1961, en 1962, en 1964 et en 1965, il signa les motions d’orientation présentées par la majorité pour les congrès du SNI. Le bureau national du SNI, le 5 avril 1962, le désigna comme représentant de la tendance majoritaire pour la commission des conflits. Il en présenta les rapports lors des congrès nationaux suivants.
Participant à la réunion du conseil national du SNI à Carcassonne (Aude), le 15 avril 1957, Magnier intervint sur la question laïque. Par la suite, il prit la parole dans de nombreuses réunions nationales du SNI, conseils ou congrès. Ainsi, lors de la séance du conseil national du 23 décembre 1960, après le rapport de Clément Durand sur le certificat d’aptitude pédagogique des maîtres privés, il se montra partisan de la participation aux commissions mais souhaita que les membres du SNI soient très vigilants. Lors du congrès national, le 9 juillet 1963, dans la discussion du rapport sur la vie et les structures du SNI, il critiqua la demande de deux tendances minoritaires de création d’une tribune libre dans L’École libératrice. Il fut plusieurs fois candidat au bureau national du SNI mais toujours en position inéligible. 

 Ainsi, le 22 décembre 1961, il était en dix-septième position sur la « Liste pour un syndicalisme indépendant, réaliste et constructif ».

A partir de 1964, furent mises en place des journées nationales d’études au printemps de chaque année comprenant une journée pédagogique. L’organisation de ces journées d’études fut confiée à Jeanne Lordon qui les conçut comme résultant d’une préparation collective. Elle s’occupa spécialement des conditions de travail, de l’action éducative et de la formation des maîtres. La première en 1964 examina les conséquences de la prolongation de la scolarité ; la deuxième en avril 1965 prolongea le rapport d’André Ouliac* au congrès de Lille sous le titre général « L’enseignement primaire, élément fondamental de la mise en œuvre d’une véritable réforme de l’enseignement ». Magnier, responsable d’un des six groupes d’études, « Comment redonner à l’école primaire, base de l’édifice, les moyens d’accroître son rayonnement et sa haute valeur », présenta un rapport sur ce thème lors la session générale et syndicale d’études à Paris (8-10 avril 1965) sur le thème général « Sauver et ennoblir l’École primaire ». Lors de la session générale et syndicale d’études sur le thème "L’école dans la société contemporaine", les 31 mars-2 avril 1966, il animait le quatrième groupe sur "Organisation de la journée et de la semaine de travail".

Le bureau national du SNI, le 9 janvier 1964, le désigna comme membre suppléant de la commission administrative nationale de la Fédération de l’Éducation nationale.

Magnier milita aussi au sein de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale. En juin 1956, il fut élu directeur de la section MGEN de la Somme mais cette élection fut contestée par certains militants qui s’inquiétaient du risque de confusion entre ses responsabilités syndicales et son engagement mutualiste En septembre 1956, Paul Gaillandre fut élu à ce poste. Quelques années plus tard, en novembre 1963, Magnier fut élu administrateur de la section de la Somme, et aussitôt vice-président. La section MGEN de la Somme comptait alors 6 952 membres soit 95 % des enseignants du département. Il occupa le poste de vice-président jusqu’à son élection à la présidence en 1973 et fut délégué au congrès d’Evian en juillet 1965 et à celui de Nice en juillet 1968. Le 7 décembre 1981, il fut élu président d’honneur. 



Magnier, membre du Parti socialiste SFIO, quitta cette organisation en 1954 « à cause de sa coopération avec les catholiques lors du changement de gouvernement » selon son témoignage.

Magnier participa aussi à la création de la Fédération des conseils de parents d’élèves dans le département de la Somme et occupa le poste de secrétaire départemental de la Fédération générale des retraités de 1970 à 1988 faisant passer les effectifs de 680 à plus de 1 100.

Titulaire des palmes académiques (officier), du mérite social (chevalier) et de l’insigne d’or des donneurs de sang, Magnier, retraité depuis 1969, père de trois enfants (tous professeurs), vivait en 1999 dans sa commune natale.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article119438, notice MAGNIER Georges, Henri, André par Jean-Pierre Besse, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 9 octobre 2012.

Par Jean-Pierre Besse

SOURCES : Renseignements fournis par le militant. — Presse syndicale nationale et départementale. — Arch de la section MGEN-Somme, compte rendu des réunions des conseils d’administration. — Bulletin de la section MGEN Somme 1957-1999. — Notes de Jacques Girault.

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