MAHÉ Yves, Joseph, Marie

Par René Gaudy

Né le 25 septembre 1899 à Plonévez-du-Faout (Finistère), marié à Saint-Denis (Seine) le 30 septembre 1922 à Joséphine Rouillé, décédé le 19 mai 1985 à Albi (Tarn) ; poseur de voies à la Compagnie du gaz de Paris ; communiste et syndicaliste ; conseiller général communiste puis maire de Villetaneuse (Seine) à la Libération.

Septième enfant d’une famille de paysans pauvres des monts d’Arrée qui en comptait quatorze, Y. Mahé était le fils de Yves Mahé et de Jeanne Kervian, cultivateurs au lieu-dit "Kernall". Il vint dans la région parisienne à l’âge de treize ans pour travailler comme ouvrier maraîcher saisonnier dans la vallée de Chevreuse et la région de Corbeil.

En 1918, il fut incorporé dans la Marine et fit partie d’une compagnie qui combattit la Révolution soviétique aux côtés des armées blanches. Démobilisé en 1921, il entra comme ouvrier à l’usine à gaz du Landy à Saint-Denis, dans le service d’Émile Dubois qui le mit en contact avec le Parti communiste et la vie syndicale. Après les grèves avec occupation de 1923 au Gaz de Paris, il adhéra à la CGTU. En 1925, il participa aux réunions du comité contre la guerre du Rif et à la grève du 12 octobre. Il habitait alors Saint-Denis et assumait des responsabilités au syndicat des locataires de cette ville ainsi qu’au Secours rouge international. Le Parti communiste lui demanda de déménager à Villetaneuse pour se présenter aux élections municipales auxquelles il fut candidat en novembre 1931.

Le 18 décembre 1929, il avait été élu délégué général des conducteurs d’appareils Mareshkas de l’usine. Pour y avoir organisé l’action le 1er mai 1930, il fut frappé, le 16 juillet de "trente jours de mise à pied à titre de dernier avertissement et changement d’usine" pour "lecture d’une protestation malgré l’interdiction du régisseur et attitude insolente à l’égard de ce dernier". Il passa alors à l’usine de La Villette. Dix-huit mois plus tard, à la demande du syndicat, il fut muté au Cornillon, en face du Landy et fut délégué de cette usine. Il était alors poseur de voies (le gaz était fabriqué à partir du charbon qui arrivait par le rail jusqu’à l’usine). Y. Mahé était un orateur exceptionnel, un "meneur", très écouté des ouvriers et redouté de la direction. Il avait parfois le geste vif et il prit part à la lutte de tendance qui aboutit à l’arrivée des communistes (notamment Pierre Kérautret et Corentin Cariou) à la tête du syndicat et au passage de Jean Cariou à la CGT. Au conseil élargi, le 26 avril 1933, il intervint et donna l’accord des ouvriers du Cornillon pour une grève de 24 heures. Il fut ensuite, en 1934-1936, aux côtés d’Auguste Persancier, dans la lutte contre [ Jacques Doriot et ses partisans, Alfred Lahaye et Rousseau, qui furent chassés du syndicat.

Jusqu’à la réunification, il signa de nombreux articles dans l’organe de la CGTU Les Gaziers de Paris. Il appartint ensuite à la direction du syndicat CGT dont il était, en mai 1938, l’un des secrétaires adjoints avec Jean Duflot, Eugène Parisot et Auguste Persancier. En septembre 1938, il écrivit dans le Gazier de Paris, en faveur de l’Espagne républicaine.

Après l’interdiction du Parti communiste, Y. Mahé participa à la distribution des premiers numéros de l’Humanité et de la Vie Ouvrière clandestins. Il fut l’objet d’un arrêté d’internement administratif le 28 mai 1940 et fut envoyé au centre de séjour surveillé de Baillet (Seine-et-Oise). Il fit partie des internés évacués vers la zone sud devant l’invasion allemande. Il était au camp de Chibron (commune de Signes, Var) à l’été 1940.À la dissolution du camp, il fut transféré dans celui de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn) le 16 février 1941. En janvier 1944, il s’évada et rejoignit la Résistance.

À la Libération, il retourna travailler au Landy jusqu’à son élection comme maire de Villetaneuse en 1945 — il devait l’être jusqu’en 1947. Il entra aussi en 1945 au conseil général de la Seine mais ne semble pas y avoir siégé. Il prit sa retraite en juillet 1949.

Y. Mahé mourut en 1985. Depuis plusieurs années, il vivait dans une maison de retraite de Rabastens (Tarn).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article119470, notice MAHÉ Yves, Joseph, Marie par René Gaudy, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 17 septembre 2021.

Par René Gaudy

SOURCES : Arch. Nat. F7/13265., F1B1 983 — Arch. Dép. Var, 4 M 291 et 292 (notes de Jacques Girault). — Arch. PPo. 306. — site Mémoire des hommes SHD Vincennes GR 16 P 383976 (nc). — Renseignements fournis par l’intéressé à R. Gaudy. — Arch. EDF de Blois. — Les Gaziers de Paris, 1929-1935. — Le Gazier de Paris, 1936-1939. — État civil. — P. Nivet, Les Assemblées parisiennes... op. cit.. — RGASPI, 495 270 5556, dossier biographique à son nom dans les dossiers du Komintern ; pas encore consulté. ⎯ notes Jean-Marie Guillon.

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