MAÏER Armand

Par Nathalie Viet-Depaule

Né le 11 septembre 1918 à La Tronche (Isère), mort le 12 novembre 2020 à Maurepas (Yvelines) ; employé ; permanent national de la JOC, dirigeant national du MPF et de la CNAFO puis de la CNAPF, membre de la première équipe dirigeante de l’ACO.

Fils d’un menuisier et d’une lingère, Armand Maïer naquit à l’hôpil de la Tronche. Ses parents habitaient alors Épernay (Marne), mais, la ville étant menacée par une offensive allemande. En juillet sa mère et ses deux premiers enfants avaient été évacués près de Grenoble. Son père était alors à la guerre. Troisième d’une fratrie de quatre, il obtint le Certificat d’études en juin 1930 et entra le mois suivant aux Docks rémois "Le Familistère". Il y resta jusqu’en décembre 1936 en tant qu’employé aux écritures puis comme mécanographe.

D’une famille incroyante, il découvrit la foi chrétienne puis la JOC à laquelle il adhéra en mars 1934 et fut trésorier de la section Clairmarais à Reims (Marne). De 1935 à 1937, il devint trésorier puis président de la Fédération de Reims. En 1936, il participa aux grèves des Docks rémois aux côtés de la CFTC et s’opposa aux tentatives de syndicat unique menées par la CGT.

Permanent régional de la JOC de 1938 à 1939 pour la Picardie, la Champagne, les Ardennes, la Meuse et l’Yonne, Maïer prit la parole dans de nombreux meetings populaires. Il accéda (après son service militaire septembre 1939-novembre 1941) à des responsabilités nationales pendant la Seconde Guerre mondiale notamment celle des provinces de l’Est de la zone interdite. Il eut également la charge de la branche des "aînés" de l’Université populaire à Marly-le-Roi et du Loisir populaire du Comité national réunifié.

En juillet 1944, Armand Maïer se maria avec Madeleine Vaxelaire, dirigeante fédérale puis nationale de la JOC à Reims avec qui il eut cinq enfants. Il devint permanent régional du Mouvement populaire des familles pour les départements de la Champagne et des Ardennes. Ainsi de 1945 à 1947, il représenta l’association familiale ouvrière (AFO) de Reims au conseil d’administration de l’Union départementale des associations familiales (UDAF) de la Marne et fut délégué de UDAF au conseil d’administration de la caisse primaire de la Sécurité sociale de la Marne.

De 1947 à 1951, il fut trésorier national du MPF à Paris. Il cumula les fonctions de secrétaire général de la confédération nationale des associations familiales ouvrières, et fut leur représentant au sein du conseil d’administration de l’UNAF. Lors de l’Assemblée générale de la CNAFO à Villeurbanne (juillet 1949), il fut l’auteur du rapport qui aboutit à la rupture des AFO vis-à-vis des UDAF et UNAF. En septembre 1949, il fit partie de la délégation des AFO au congrès de l’Union internationale des organismes familiaux à Rome. Maïer fit également partie (1948-1949) de l’équipe responsable de l’animation chrétienne du mouvement ouvrier (ACMO) puis de celle (1949-1951) de l’Action catholique ouvrière (ACO). Son épouse et lui en furent membres jusqu’à ce qu’ils s’en retirent en 1974. Devenu cadre, il se sentait alors mal accueilli dans le mouvement. Il démissionna de toutes ses responsabilités au début de l’année 1951 pour manifester son désaccord sur l’orientation de plus en plus politique du MPF qui s’était transformé en octobre 1950 en Mouvement de libération du peuple (MLP).

Ayant suivi des cours de comptabilité, il travailla de 1951 à 1978 comme comptable puis comme chef comptable dans plusieurs entreprises de bâtiment, de gestion et de promotion immobilières. Il milita à l’Association populaire familiale (APF) à Massy (Seine-et-Oise) qui était une ancienne association familiale ouvrière ayant quitté le Mouvement de libération du peuple pour le Mouvement de libération ouvrière. Il fut trésorier national de la confédération des APF de 1955 à 1962.

Président fondateur de l’association pour l’insertion professionnelle des jeunes en difficulté à Saint-Quentin-en-Yvelines de 1981 à 1984, Maïer en fut le trésorier à partir de cette date.

Des années 1980 aux années 2000, Armand Maïer participa activement aux travaux du GRMF dont il fut membre du bureau du conseil d’administration.

Le couple et leurs enfants habitèrent successivement Paris, Châtillon-sous-Bagneux (Seine), Massy (Seine-et-Oise) et Chelles . En septembre 1967, Ils vinrent habiter une maison à Maurepas (Yvelines), dans la ville nouvelle à la construction de laquelle participait son entreprise. Ils s’impliquèrent tous deux dans la vie paroissiale naissante de la ville nouvelle puis au Mouvement chrétien des retraités (MCR).

Armand Maïer rejoignit en 2016 son épouse qui l’avait précédé de peu dans une maison de retraite à Maurepas.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article119492, notice MAÏER Armand par Nathalie Viet-Depaule, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 20 novembre 2020.

Par Nathalie Viet-Depaule

ŒUVRE : contributions aux Cahiers du GRMF, n° 1 et 9.

SOURCES : Témoignage écrit d’Armand Maïer. — LOC-MPF-MLP-MLO, "Femmes, famille et action ouvrière. Pratiques et responsabilités féminines dans les mouvements familiaux populaires (1935-1958)", Les Cahiers du GRMF, Groupement pour la recherche sur les mouvements, Villeneuve d’Ascq, 1991. — Chrétiens 78, Armand Maïer, vidéo, septembre 2013. — Notes de Bruno Duriez.

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