MAILLOT Marcel

Par René Lemarquis, Claude Willard

Né le 13 août 1903 à Rolampont (Haute-Marne) ; militant communiste de la Haute-Marne, de l’Aube et de Paris ; militant de l’enfance et des pionniers.

petit-fils et fils d’ouvriers meuniers, Marcel Maillot termina ses études à treize ans avec le Certificat d’études et exerça plusieurs petits métiers avant de devenir peintre et métallurgiste. Dans une usine métallurgique de Saint-Dizier, il travaillait dans l’atelier de peinture avec six Russes qui, gagnés au bolchevisme, s’apprêtaient à regagner l’Union soviétique. Au contact de ces Russes, Maillot chemina vers le socialisme et le syndicalisme, lisant la Vague et l’Humanité, fit sa première grève et, sous l’influence de Victor Ponsart, adhéra à la SFIC en 1921, et à la CGTU.

En 1923, parti au régiment, il participa au travail "anti" de la JC. Libéré, il fit un stage national des JC à Saint-Denis qu’animait [ Jacques Doriot, puis remplaça Raymond Guyot comme secrétaire de la 7e Entente des JC, rayonnant sur l’Aube, la Haute-Marne et la Meuse. En novembre 1926, il devint membre de l’Union régionale du PC et gérant de la Dépêche de l’Aube. Il fut inculpé le 5 mars 1927 pour ces lignes parues dans la Dépêche : "Soldats du 5e et du 306e, ne marchez pas ! Refusa d’user de vos armes et de votre force contre nos frères de misère !". René Plard fut son avocat devant le tribunal correctionnel qui le condamna, pour provocation de militaires à la désobéissance, le 3 juin 1927 à six mois de prison ferme et 1 000 F d’amende. D’autres condamnations de prison ferme et d’amendes suivirent : huit mois et 1 000 F à Troyes le 22 juillet 1927 ; deux ans et 4 000 F à Paris le 22 novembre ; trois mois et 200 F le 16 décembre à Troyes, confirmés en appel à Paris le 11 janvier 1928. Le PC le représenta en octobre 1928 aux élections cantonales à Arcis-sur-Aube, où il obtint 110 voix.

Pour éviter la prison, Maillot, en 1927, et pour trente et un mois, plongea dans la clandestinité, se fit embaucher aux aciéries à Imphy à Nevers sous un pseudonyme. Mais, en août 1930, alors qu’il était venu accomplir une période de réserve, il fut arrêté au camp de Mailly et incarcéré à Troyes à la prison rue Hennequin. Il fut libéré le 22 mai 1931.

A sa sortie de prison, Maillot s’installa à Paris comme rotativiste à l’imprimerie de l’Humanité. Il appartint au comité de rayon du XIXe arr., avec Jacques Grésa et Corentin Cariou. En mars 1932, le parti lui demanda de créer le Patronage ouvrier du XIXe, dont le siège était 8 avenue Mathurin-Moreau ; au sein de cette organisation, les meilleurs éléments étaient désignés Pionniers. Avec l’aide du syndicat du Livre dont il était membre, Maillot développa le Patronage ouvrier du XIXe qui ne cessa de croître. Parmi les jeunes pionniers, on remarque le futur chanteur Marcel Mouloudji.

En 1939, affecté, en raison de son passé militant, dans une "unité spéciale", les Bataillons d’Afrique, il fut fait prisonnier par les Allemands le 20 juin 1940 à Saint-Dié. Libéré par l’Armée rouge le 24 janvier 1945, il reprit, sous l’égide du syndicat du Livre, le Patronage du Livre. En 1951, il fonda, avec le concours de comités d’entreprises, une organisation sœur, l’Horizon, développant et gérant des colonies de vacances de plus en plus nombreuses. En 1960, Maillot créa les Compagnons des Belles Étapes, dont la vocation était d’organiser le séjour des jeunes à l’étranger.

En 1987, à quatre-vingt-quatre ans, Marcel Maillot préside l’Horizon et les Compagnons des Belles Étapes, contribuant activement à leur développement. "Plus de cinquante ans de sa vie voués aux gosses !"

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article119554, notice MAILLOT Marcel par René Lemarquis, Claude Willard, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 12 octobre 2017.

Par René Lemarquis, Claude Willard

SOURCES : Témoignage de Marcel Maillot. — La Dépêche de l’Aube, 1926-1930. — État civil.. — Son nom n’apparait pas dans l’inventaire des dossiers biographiques du Komintern, a moins qu’il se confonde avec Maillet Marcel, RGASPI, 495 270 3498, les erreurs dans les noms étant courantes.

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