MALESPINE Émile

Par Maurice Moissonnier

Né le 3 juillet 1892 à Nancy (Meurthe-et-Moselle) ; mort le 25 mars 1953 à Paris. Docteur en médecine, surréaliste lyonnais et membre du Parti communiste. Écrivain, directeur de la revue Manomètre ; réalisateur de films d’avant garde.

Fils d’un dentiste, officier du corps de santé en garnison à Nancy, Émile Malespine fit ses études secondaires dans cette ville au collège Stanislas. En 1914, il avait commencé ses études médicales lorsqu’il fut mobilisé comme médecin auxiliaire. En 1918, blessé au poumon, il fut démobilisé et l’année suivante, il séjourna en Suisse où il découvrit le dadaïsme et fit la connaissance d’Aragon et d’ André Breton.

En 1920, il soutint une thèse sur Les Séquelles des blessures du poumon par les gaz de combat. Entré à l’asile de Lyon-Bron pour se spécialiser en psychiatrie-neurologie, il se passionna pour les travaux de Freud. En 1922, il s’installa à Lyon, cours Gambetta et, après avoir fait la connaissance de Robert et Sonia Delaunay, lança le premier numéro d’une revue à périodicité tout à fait irrégulière qui "enregistrait les idées, indiquait la pression sous tous les méridiens" et s’affirmait "polyglotte et supranationale » : Manomètre. Le premier numéro fut totalement anonyme mais, par la suite, la revue publia des textes de l’Allemand Herwarth Walden directeur de Der Sturm, des activistes hongrois comme Lajos Kassak directeur de Ma, des écrivains de l’avant-garde polonaise, yougoslave, russe, espagnole et aussi de Tristan Tzara, de l’architecte lyonnais, Tony Garnier, de Marcel Arland, Philippe Soupault, Benjamin Péret.

En 1923, il donna son adhésion au Parti communiste et fonda un mouvement éphémère, "Le Suridéalisme" qu’il définissait comme "une conscience réveillée par des inconsciences et que modifient les subconsciences".

Émile Malespine faisait preuve d’un extraordinaire esprit inventif ; peintre, auteur de poèmes, de romans, de contes, de pièces de théâtres, il inventa en 1925 le "graphographe" permettant l’enregistrement dynamométrique et sismographique de l’écriture, fonda le théâtre-ciné-club du Donjon, réalisa avec sa femme, le docteur Anna Cathelin qu’il avait épousée en 1924, des films d’avant-garde, contribua à créer le théâtre radiophonique à la station de Lyon PTT.

Après la parution en 1928 du dernier numéro de Manomètre, il collabora au Progrès de Lyon et surtout à l’Effort, organe du Cartel autonome du Bâtiment à Lyon dont il tint, jusqu’en 1931, la rubrique culturelle.

A cette date il s’installa à Paris (Xe arr.) et, jusqu’en 1934, tout en se consacrant à la médecine sociale dans la banlieue parisienne, il collabora à Monde, la revue d’Henri Barbusse et à l’Humanité où il assura la chronique dramatique. Il était, entre 1932 et 1934, directeur du dispensaire de Vitry-sur-Seine (Seine) créé par Hazemann. En 1935, il abandonna le Parti communiste et divorça, se réfugiant dans la recherche médicale et les arts plastiques.

En 1939 il fut l’un des responsables parisiens de la défense passive. Exilé en Ardèche après la débâcle de 1940, il revint à Paris en 1942 et participa à la Résistance. Après la guerre, il tenta de lancer une revue intitulée Humanisme, participa en 1947 à l’exposition surréaliste internationale, puis à des expositions "tachistes" en France et à l’étranger. De 1948 à 1952, il siégea au conseil supérieur d’hygiène publique au ministère de la Santé. Il mourut le 25 mars 1953 d’un infarctus après avoir noté jusqu’à la dernière minute les symptômes de son mal.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article119697, notice MALESPINE Émile par Maurice Moissonnier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

Par Maurice Moissonnier

SOURCES : L’Effort, hebdomadaire du Cartel lyonnais du Bâtiment, 1928-1931. — Manomètre, Jean Michel Place, Paris, 1977. Ce volume contient une bibliographie complète des œuvres d’E. Malespine. — Anne-Sophie Bruno, Les dispensaires municipaux pendant l’entre-deux-guerres : l’exemple de la banlieue sud-est de Paris, MM, Paris I, 1996.

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