MARC Jean, Joseph, René

Par Gildas Priol

Né le 16 mai 1910 à Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique), mort le 10 novembre 1943 Natzwiller (Alsace annexée au Reich, Bas-Rhin) ; forgeron à l’Arsenal de Brest ; communiste, résistant

Jean Marc était délégué syndical des ouvriers des "Bâtiments en fer" de l’Arsenal de Brest (Finistère) où il travaillait comme forgeron. Il épousa Marie Helies (1914-1997), le 22 avril 1933 à Morlaix ; le couple était domicilié 165 rue de Verdun à Saint-Marc, aujourd’hui Brest. Il rejoignit le Parti communiste devenu clandestin fin 1939.
En janvier 1941, alors d’affecté spécial, avec Yves Labous, Albert Cadiou et François Paul, il fit partie de l’équipe de militants qui reforma un embryon de comité syndical à l’Arsenal.
Résistant, il fut arrêté le 7 mars 1941 par les Allemands à Brest et détenu dans le camp d’Aincourt (Seine-et-Oise). Il réussit à s’évader le 14 août suivant avec Yves Labous et après un séjour chez Pierre Berthelot à Pont-de-Buis pendant lequel il réalisa affichettes et tracts, il revint en octobre 1941 à Brest sous une fausse identité : Jean Bourhis ou Jean Delaunay. Il participa à l’incendie d’un camion allemand en plein jour dans une rue de Brest. Le 4 décembre 1941, il fut condamné par contumace à un an de réclusion pour son évasion d’Aincourt.
Jean Marc participa également à la diffusion de la propagande du Front national (F.N) et intègra les rangs des Francs-tireurs et partisans (F.T.P) à leur instauration à Brest dans le courant de l’année 1942. Craignant d’être arrêté, il quitta le secteur et servit d’agent de liaison aux F.T.P dans plusieurs villes de Bretagne ; Quimper, Quimperlé, Lorient, Nantes et Saint-Malo. Affecté en région parisienne, grâce à Robert Ballanger, il retrouva le résistant de l’Arsenal Lucien Kerouanton.
Ensemble, ils réalisèrent plusieurs opérations mais lors de l’attaque de la mairie de Maisons-Alfort (Seine, Val-de-Marne) à la mi-décembre 1942, Jean Marc fut grièvement blessé par balles. Conduit à l’hôpital, ses camarades tentèrent de le faire évader mais son état et la surveillance policière de la chambre ne le permirent pas. Interné et jugé par la justice française qui le remit ensuite aux autorités allemandes, il fut interné à la prison de Fresnes (Seine, Val-de-Marne). Il semble avoir été torturé durant ses interrogatoires. Classé NN (matricule 4471), il fut déporté dans le convoi du 12 juillet 1943 parti de Paris pour le camp de Natzwiller (Alsace annexée, Bas-Rhin).
Porté disparu, Jean Marc serait décédé en novembre ou décembre 1943. Après guerre, il fut déclaré Mort pour la France en date du 10 novembre 1943. À titre posthume, il reçut le grade de Sergent et fut décoré de la Croix de Guerre 1939-1945, avec étoile d’argent en 1947 et la médaille de la Résistance française en 1959.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article119956, notice MARC Jean, Joseph, René par Gildas Priol, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 16 février 2021.

Par Gildas Priol

SOURCES : Arch. Dép. Finistère, 1622W. — E. Kerbaul, 1 640 militants du Finistère (1918-1945),op. cit.. — FMD. — KERBAUL Eugène, Chronique d’une section communiste de province (Brest, janvier 1935 - janvier 1943) à compte d’auteur, Paris, 1992.— Mémoire des hommes, AVCC, 21 P 569701 (nc) et SHD, Vincennes, GR 16P 390957 (nc). — Notes d’Annie et Claude Pennetier.

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