MARCHAND Louis, César

Par Louis Bonnel et Claude Pennetier

Né le 24 décembre 1878 à Mons (Belgique), mort le 7 février 1946 à Paris (IIIe arr.) ; comptable , militant socialiste et coopérateur ; chansonnier révolutionnaire.

Fils d’un tailleur, Louis Marchand adhéra au Parti ouvrier socialiste révolutionnaire de Jean Allemane*, puis au Parti socialiste unifié. En 1910, il quitta Paris pour Colombes (Seine). Mobilisé en 1914, il fut grièvement blessé à deux reprises. À son retour, il se consacra, avec Jean Laporte* au restaurant coopératif de la Maison du peuple, qui fut utilisé par les organisations ouvrières pour tenir leurs réunions et leurs fêtes.

En 1919, il fut candidat, sans succès, aux élections municipales. À l’approche du congrès de Tours, la section socialiste comptait 82 adhérents. Il signa la motion du Comité de reconstruction de l’Internationale présentée par J. Longuet* et fut seul, avec Charles Lucas*, à s’opposer à l’adhésion à la IIIe Internationale. Après la scission, il devint membre de la commission exécutive de la Fédération socialiste SFIO de la Seine.

Marchand entra au conseil municipal de Colombes lors des élections complémentaires du 24 avril 1921, en compagnie de Lucas. Selon Matteo Poletti, « les nouveaux élus, Marchan et Lucas, bataillèrent ferme contre la majorité en place ; le nouveau maire fut élu de justesse par le conseil mais il allait rester premier magistrat de Colombes jusqu’en 1935. » Marchand perdit son siège aux élections générales de mai 1925 puis échoua à nouveau au scrutin de mai 1929, comme tête de liste socialiste. Durant son mandat, il s’occupa particulièrement de la société lyrique "Le Coquelicot" et du club d’éducation physique populaire qu’il présidait. Collaborateur de la Tribune de la région Ouest, il assura la direction et la gérance de l’hebdomadaire le Réveil de Colombes courant 1925.

En 1930, Marchand était secrétaire de la section socialiste dont les effectifs étaient passés de 20 cotisants en 1925 à 10 en 1928, puis 25 en 1930 et ne connurent une croissance importante qu’en 1936 (180 adhérents). Candidat sans succès aux élections municipales de mai 1935, mais il contesta les résultats avec 16 de ses colistiers. Le conseil de la préfecture les déclara battus, au profit des candidats de la liste « républicaine ».

Il aurait repris un fonds de café-restaurant au Pecq en 1931.

Il siégea à la commission nationale des conflits en 1928 et à la commission de contrôle de 1931 à 1938.

De 1936 à 1939, Il fut employé par le Parti socialiste pour gérer la librairie du parti sise rue Meslay à Paris (IIIe arr.). En 1937, il créa l’Amicale des anciens du Parti socialiste SFIO, dont il fut le secrétaire jusqu’en 1946. Madeleine Looris lui succéda.

Louis Marchand est l’auteur de nombreuses chansons mises en musique par A. Bruant, V. Devaise ou Montéhus. Citons : Soixante et onze (dépôt légal 1910, chanson attribuer parfois par erreur à un autre Marchand, Louis Eugène* [1860-1919]), Chant pour la Maison du Peuple, le Fascisme ne passera pas, Aimons les blondes, La Marche des plumassières, etc...

Pendant l’Occupation, membre du Parti socialiste clandestin, il fut chargé de mettre en sécurité des enfants juifs dans la zone non occupée.

Louis Marchand fut incinéré le 9 février 1946 au Père-Lachaise. Son fils, Raymond Marchand (né en 1905), fut militant SFIO à Colombes et Bois-Colombes.

Son petit-fils Gérard Bécu** fut secrétaire national des jeunesses socialistes autonomes et maire adjoint de Brétigny puis d’Igny.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article120061, notice MARCHAND Louis, César par Louis Bonnel et Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

Par Louis Bonnel et Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Dép. Seine, DM3 ; versement 10451/76/1. — Arch. Jean Zyromski, dossier Fédération de la Seine. — Congrès de la Fédération socialiste de la Seine. — L’Humanité, 6 novembre 1920. — Le Congrès de Tours, édition critique, op. cit.Le Populaire, 1946-1947. — Le Vétéran socialiste, n° 1, mars 1949.

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