MARDON Amand, Louis, Aurélien. Pseudonyme dans la Résistance : Le Vigneron

Par Claude Pennetier et Jean Luc Stiver

Né le 16 juillet 1891 à Dun-le-Poëlier (Indre), mort le 22 avril 1945 à Scharndorf (Autriche) ; cultivateur ; maire socialiste de Dun-le-Poëlier de 1929 à 1941 ; résistant, responsable AS et CDL Indre , déporté à Buchenwald (Allemagne).

Stèle érigée sur la place de Dun-le-Poëlier
Stèle érigée sur la place de Dun-le-Poëlier

Fils d’Antony Mardon, sabotier à Dun-le-Poëlier et de Constance Jarry son épouse, Amand Mardon fut mobilisé pendant la Première Guerre mondiale et gazé. A son retour, il milita au Parti socialiste SFIO et devint, le 19 mai 1929 maire de Dun-le-Poëlier. Réélu premier magistrat de sa commune en 1935, il le resta jusqu’en mars 1941 Il entra au conseil général de l’Indre en octobre 1931 comme représentant socialiste du canton de Saint-Christophe-en-Bazelle (Indre), fut réélu en 1934 puis en octobre 1937, et le demeura jusqu’à mars 1941. Il fut révoqué de la mairie de Dun-le-Poëlier par le gouvernement de Vichy en 1941.
A cette époque Amand Mardon était célibataire et vivait avec sa mère dans leur maison de Dun-le-Poëlier ; il était en contact avec Max Hymans de Valençay (Indre), puis il rencontra, en septembre 1942, Auguste Chantraine qui l’invita à entrer en Résistance ; il s’engagea dans l’Armée secrète (AS) sous le pseudo du Vigneron, il devint responsable de l’AS du Nord de l’Indre et participa à de nombreux parachutages ; il participa au Comité départemental de la France combattante puis au Comité départemental de Libération (CDL) ; il commanda le secteur Nord des FFI de l’Indre. Il fut arrêté par la Gestapo le 1er juin 1944 à son domicile, emmené et brutalisé à Châteauroux (Indre), transféré à la prison de Fresnes (Seine, Val-de-Marne), puis dirigé vers Compiègne (Oise) d’où il fut déporté le 17 août 1944, à Buchenwald (Allemagne). Portant le matricule 81325, il fut affecté au kommando de travail de Neu-Stassfurt pour installer une usine souterraine dans une ancienne mine de sel . Évacué le 19 avril 1945, il mourut en cours de trajet, lors d’une « marche de la mort », le 22 avril 1945 à Scharndorf (Autriche). En marge de son acte de naissance il est indiqué que « le dénommé Mardon est mort à Schwandorf (Allemagne) et non à Scharndorf », cette mention étant datée du 21 février 1989 ; toutefois par arrêté du ministre des anciens combattants et victimes de guerre en date du 7 octobre 1994, JO du 9 décembre 1994 « il est décidé d’apposer la mention « Mort en déportation » sur ses actes de décès, lieu de décès officiel à Scharndorf (Autriche) »
Il reçut la Médaille de la Résistance par décret du 23 octobre 1945, JO du 24 octobre 1945, où il figure avec le prénom d’Armand. La mention Mort pour la France lui fut attribuée. Il fut homologué en 1947 sous-lieutenant des Forces françaises combattantes (FFC), agent P2 du réseau Marie (Wrestler) à la date du 1er mai 1943.
Une rue Amand Mardon, celle où était située sa maison à Dun-le-Poëlier, fut inaugurée en 1946 . À Dun-le-Poëlier le nom d’Amand Mardon figure sur la stèle érigée en 1996 sur la place du village ainsi que sur le monument aux morts ; et une plaque, avec sa photographie, lui rend hommage dans la salle de la mairie. À Châteauroux, sa mémoire est honorée par une plaque apposée à l’intérieur de l’hôtel du département dans la salle du conseil départemental.

Dun-le-Poëlier (Indre), 11 juin - 5 août 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article120124, notice MARDON Amand, Louis, Aurélien. Pseudonyme dans la Résistance : Le Vigneron par Claude Pennetier et Jean Luc Stiver, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 11 novembre 2021.

Par Claude Pennetier et Jean Luc Stiver

Stèle érigée sur la place de Dun-le-Poëlier
Stèle érigée sur la place de Dun-le-Poëlier

SOURCES : n° 14 du registre des naissances de Dun-le-Poëlier. — DAVCC, SHD Caen, AC 21 P 512 584. — SHD Vincennes GR 16 P 392925. — Renseignements fournis par la mairie de Dun-le-Poëlier. — L’Émancipateur, 1931. — M. Jouanneau, L’Organisation de la Résistance dans l’Indre, op. cit. — Notes de Michel Gorand. — Jean Luc Stiver La Vie dans un maquis actif durant l’hiver 1943-1944 – Maquis de Dun-le-Poëlier, 2015. — Site Internet Mémoire des Hommes. — MémorialGenWeb.

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