MARIVET Roger, Jean, Auguste

Par Jacques Girault, Annie Pennetier

Né le 16 décembre 1904 à Chaumont (Haute-Marne), mort en déportation le 10 août 1942 à Auschwitz (Pologne, Reich allemand) ; commis d’administration à la mairie de Bobigny (Seine, Seine-Saint-Denis), secrétaire général de la mairie de Maisons-Alfort (Seine, Val-de-Marne) ; militant communiste déporté.

Fils d’un télégraphiste Auguste Marivet et de Marie Vivier, Roger Marivet poursuivit ses études jusqu’au baccalauréat. Il habita 11, rue Ernest-Renan à Bobigny (Seine), à partir de 1927. Commis stagiaire à la mairie de Bobigny à partir du 1er janvier 1928, titularisé le 1er juillet, il devint commis principal en 1933. Roger Marivet était, selon les témoignages, "l’âme dirigeante" du Parti communiste et joua un grand rôle dans les organisations de défense des habitants des lotissements. Responsable pendant longtemps du sous-rayon, il fut désigné, le 13 juillet 1935, comme délégué sénatorial par le conseil municipal. À partir du 28 décembre 1935, "secrétaire de mairie" au recensement de 1936, Marivet tint dans l’hebdomadaire communiste la Voix de l’Est, une rubrique régulière de conseils pratiques où il traitait surtout des questions de législation sociale. Son épouse, Marguerite, Désirée née Hollier, sténo-dactylo, militait aussi dans les organisations communistes. Elle était née à Pantin le 13 août 1909. Fille d’un menuisier de Bobigny et d’un ménagère, elle était veuve d’un premier mariage et avait épousé Roger Marivet à Bobigny en 5 novembre 1930.
Roger Marivet fut nommé chef de bureau, le 1er novembre 1936, à la mairie de Maisons-Alfort (Seine) conquise l’année précédente par le Parti communiste sur une liste dirigée par Albert Vassart. À partir du 1er janvier 1937, commis principal, il faisait fonction de secrétaire général adjoint et fut désigné comme secrétaire général le 1er décembre 1937. Il habitait la commune, 20, rue Saint-Georges, le 19, rue Delaporte était l’adresse déclarée après son arrestation.
Mobilisé en septembre 1939, il fut démobilisé en juillet 1940, et revint à Maisons-Alfort.
Le 4 octobre 1939, la municipalité communiste dirigée par Albert Vassart (qui rompit bientôt avec le Parti communiste) comme celles des 27 communes de la banlieue parisienne fut remplacée par une Délégation spéciale. Lui-même comme secrétaire général fut suspendu de ses fonctions par la préfecture le 1er mai 1940. Marivet fut arrêté le 10 octobre 1940 par la police française avec l’accord des autorités allemandes, et interné administrativement au centre de séjour surveillé d’Aincourt (Seine-et-Oise, Val-d’Oise). Le président de la Délégation spéciale prononça alors sa révocation le 26 novembre 1940.
Le 6 mars 1941, le directeur du camp écrivit à son sujet à la rubrique « Avis sur l’éventualité d’une mesure de libération » : « est resté communiste », « attitude très correcte -secrétaire au secrétariat du camp ». Roger Marivet signa le 7 février 1942 le texte qui lui fut soumis affirmant son désaccord avec l’action illégale du Parti communiste, mais cela ne permit pas sa libération. Notons qu’Albert Vassart libéré de prison en septembre 1941, multiplia les démarches pour faire libérer ses proches, leur conseillant de signer une déclaration.
Il fit partie des 21 militants communistes transférés le 11 février 1942 sur ordre des autorités allemandes, au camp allemand de Royallieu (Fronstalag 122) à Compiègne (Oise). Sélectionné comme otage avec un millier de détenus désignés comme communistes et une cinquantaine désignés comme juifs, il partit de Compiègne le 6 juillet 1942, dans le convoi dit des 45000 (n° des matricules) peut-être sous le matricule 45836 selon les listes reconstituées, destination Auschwitz. Il y mourut le 10 août 1942, l’acte de décès établi par l’administration SS du camp indiquant « phlegmon avec faiblesse corporelle générale ».
Après la Libération, la mairie de Maisons-Alfort le réintégra dans ses fonctions le 15 octobre 1944, elle ignorait alors sa mort. Le 7 juillet 1947, la sanction fut officiellement abrogée à la demande de sa famille.
À la requête de sa sœur, son décès fut enregistré à Maisons-Alfort, par erreur à la date du 10 octobre 1940, qui était en fait le jour de son arrestation.
Sa femme Marguerite Marivet, résistante, fut arrêtée à Marseille le 30 novembre 1942 dans le cadre du réseau dit de « l’Orchestre rouge », déportée le 15 août 1943 puis guillotinée le 20 août 1943 à la prison Plötzensee à Berlin (Allemagne).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article120296, notice MARIVET Roger, Jean, Auguste par Jacques Girault, Annie Pennetier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 28 novembre 2020.

Par Jacques Girault, Annie Pennetier

SOURCES : Arch. Com. Bobigny et Maisons-Alfort. — La Voix de l’Est. — AVCC, Caen. — Arolsen. — Guillaume Bourgeois, La véritable histoire de l’Orchestre rouge, Nouveau monde éditions, 2015. — Site Mémoire vive des convois des 45000 et 31000.

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