MARTINNE Marthe [née DURAND Marthe, Gabrielle]

Par Jacques Cousin

Née et morte à Laval (Mayenne), 12 décembre 1889- 9 décembre 1966 ; institutrice ; militante de la section mayennaise du SNI.

Fille d’un cordonnier, Marthe Durand, élève de l’école de la rue de l’abbé Angot à Laval, fit une partie de ses études secondaires au cours complémentaire de Laval, puis en 1906, entra à l’École normale d’institutrices de Laval dont elle sortit en 1909 avec le brevet supérieur. Elle enseigna successivement à La Dorée, Oisseau, Saint-Georges-sur-Erve, Désertines, Châtres, Courbeveille et Thévalles, faubourg de Laval.

Elle se maria le 26 avril 1919 à Saint-Sulpice (Mayenne) avec Henri Martinne, alors quartier-maître mécanicien dans la Marine nationale.

En 1921, Marthe Martinne compta parmi les premières adhérentes de la section mayennaise du Syndicat national (CGT) lors de la création de cette dernière en Mayenne. Elle fut membre de la commission administrative de la section mayennaise du SN en 1933 et conseillère départementale de l’enseignement primaire en 1934. Le 7 mai 1935, elle fut réélue au conseil départemental en compagnie d’Auguste Beuneux, Elisée Mautaint et de Germaine Mitard*, battant les quatre candidats du syndicat unitaire de l’enseignement. À ce titre, elle assistait à toutes les réunions de la commission administrative de la section mayennaise du SN comme membre de droit. Une commission mixte de deux délégations de 10 membres chacune s’étant réunie le 24 octobre et le 21 novembre 1935 afin de préparer l’assemblée générale de fusion prévue le 5 décembre 1935, Marthe Martinne y assista au titre de la section mayennaise du SN. Le conseil syndical du 1er juillet 1937 la désigna pour s’occuper, en compagnie d’Omer Brunet, et de René Sauleau* du comité d’entraide aux enfants espagnols créé ce même jour par la section mayennaise du Syndicat national des instituteurs. Elle en accepta la trésorerie et participa à la campagne menée en leur faveur. En 1938, elle fut à nouveau élue au conseil départemental avec 373 voix sur 381 suffrages exprimés. Marthe Martinne démissionna, comme les autres CD pour protester contre l’affaire Weiss (institutrice réintégrée dans l’enseignement par le ministre en novembre 1937, malgré un vote négatif du conseil départemental du 8 avril précédent, pour non-respect de la neutralité scolaire). Les élus se réclamant de « l’École émancipée » ayant tous démissionné du bureau à la CA du 6 octobre 1938, à la suite de leur mise en minorité à l’assemblée générale de juin, 12 signataires, dont Marthe Martinne, publièrent « un appel à tous » dans La Voix Syndicale de novembre, pour essayer de dénouer la crise, proposant une modification de statuts avec notamment un renouvellement possible des mandats, une réduction du nombre de membres du conseil syndical et un recours possible au référendum. Membre de la CA du syndicat à partir du 5 janvier 1939, elle devint secrétaire adjointe de la section chargée de l’administration.

Lorsque la guerre éclata, elle appartint au bureau provisoire mis en place le 10 novembre 1939 et au début de 1940 fut chargée de la trésorerie. Le 1er janvier 1942, l’heure de la retraite sonna brutalement pour Marthe Martinne, victime des mesures exceptionnelles du gouvernement de Vichy et de la loi du 21 octobre 1940. À 53 ans, elle dut quitter la direction de l’école de Thévalles et ne fut réintégrée, comme adjointe, qu’en octobre 1944 avant de prendre, l’année suivante, définitivement sa retraite.

Elle devint membre du bureau provisoire de la section départementale du SNI reconstituée le 12 octobre 1944, puis du bureau en 1945. Ayant été élue au conseil départemental de l’enseignement primaire avant la guerre, Marthe Martinne fut reconduite à ce poste à la Libération et assista comme membre de droit aux conseils syndicaux en 1945, chargée des affaires corporatives et membre de la commission du bulletin. Marthe Martinne participa à la première délégation du SNI reçue par l’inspecteur d’académie, le 21 novembre 1944. Elle accompagnait Francis Robin*, Clément Durand* et Henri Mitard* pour réclamer des programmes scolaires nettement définis, et la création d’une école vraiment nationale, libérée de tous les dogmes religieux, ainsi que la suppression des subventions aux écoles privées. La première consultation des adhérents de la section se déroula le 8 novembre 1945 à l’occasion du renouvellement de la commission administrative. Marthe Martinne fut élue par 398 voix sur 426 suffrages exprimés et chargée, le 15 novembre, du secrétariat de rédaction du bulletin. Elle ne demanda pas le renouvellement de son mandat en octobre 1947, mais continua cependant à siéger au sein de la commission des retraités de la section syndicale.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article120706, notice MARTINNE Marthe [née DURAND Marthe, Gabrielle] par Jacques Cousin , version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 10 mars 2021.

Par Jacques Cousin

SOURCES : Arch. Dép. Mayenne, L’Amical, La Voix Syndicale. – DBMOF, notice non signée. – Travaux de Jacques Omnès.

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