MARTZLOFF Paul, Charles, Constant

Par Jean Maitron

Né le 21 décembre 1895 à Paris (XXe arr.), mort le 20 avril 1974 à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) ; marié en 1922 à Gironvile (Seine-et-Marne) ; électricien à la CPDE ; secrétaire général de mai 1921 à juillet 1925 du syndicat unitaire CPDE de la Seine ; militant communiste, puis syndicaliste.

Paul Martzloff travailla, à partir du 22 septembre 1919, comme ouvrier électricien de la Compagnie parisienne de distribution d’électricité (CPDE) à l’usine Nord de Saint-Ouen. À l’issue d’une réunion tenue le 2 mars 1922, afin de choisir entre la CGTU et la CGT, le vote donna 1 333 voix pour la CGTU et 160 pour la CGT. Les 12-17 novembre 1923, Martzloff assista au IIe congrès de la CGTU tenu à Bourges et les 6-7 décembre 1924, au IIIe congrès de la Fédération CGTU de l’Éclairage tenu à Lyon. Au congrès de la Seine, présidant la séance du 11 décembre 1924, il déclara : « Nous ne pouvons pas prendre délibérément position contre les assurances sociales qui peuvent apporter quelques résultats aux ouvriers. »

Depuis le 1er octobre 1924, Martzloff habitait Stains. Il intervint au cours du Ve congrès CGTU de la Seine (qui était aussi le premier congrès de Seine et Seine-et-Oise), en janvier-février 1925. En février 1925, il se prononça au premier congrès de la Région parisienne de la CGTU en faveur de la Charte d’Amiens, « seule sauvegarde du syndicalisme » selon son expression : « Au syndicat, on doit faire du syndicalisme ; au parti, on fera ce qu’on voudra (...) Nous sommes tous épris de l’idée d’unité et nous demandons de rester sur le statu quo d’avant-guerre, c’est-à-dire sur cette Charte d’Amiens qui permet à tous d’avoir les conceptions politiques et philosophiques qui lui plaisent, mais de rester, dans le syndicat, des syndicalistes... » Et encore : « Il est possible que demain nous soyons obligés, pour des mouvements déterminés, de faire appel à des organismes extérieurs (...) mais nous déclarons que dès que la situation est terminée, chacun doit rentrer chez soi, le syndicat chez lui, et le parti chez lui. »

Secrétaire général des secteurs électriques de la Seine, assisté de Henri Bouveyron et André Kéraudy (oppositionnel), P. Martzloff présenta encore le rapport moral bien qu’il ait été en fin de mandat. Le 1er juin 1925, le conseil syndical le remplaça alors par François Cailler membre du Parti communiste (usine d’électricité industrielle d’Issy-les-Moulineaux) assisté de Picot pour le secteur banlieue, Lazarie, trésorier et Rosier, archiviste.

En janvier 1926, P. Martzloff participa au IIe congrès de la Région parisienne CGTU. Délégué de son syndicat CPDE avec François Cailler et André Kéraudy, il se prononça pour que ne soient pas rejetés systématiquement les partis politiques ou groupements extérieurs qui se réclament de la lutte de classe, mais il insista sur le fait « que le syndicalisme devait conserver sa liberté d’action pour ses revendications particulières ». Il revint encore sur ce thème affirmant que « si nous répudions les thèses des anarchistes quand ils disent que le syndicalisme suffit à tout, nous pensons que le syndicalisme suffit à lui-même, qu’il est majeur et qu’il n’a pas de directives à recevoir des organismes extérieurs ». Cette prise de position n’empêcha pas Martzloff d’être élu à la commission exécutive de la Fédération CGTU de l’Éclairage lors de son congrès de mai 1926 et de devenir membre de la commission de contrôle de l’Union locale des syndicats de la Région parisienne lors du congrès des 20 et 21 février 1927. Rapporteur de la commission de contrôle le 19 février 1927 au IIIe congrès de l’Union des syndicats de la Région parisienne, il y fut reconduit avec Touchard, Robin, Enfroy, Becker, Marcel Paul, Gabriel Borie et Boulet.

Orateur apprécié, Martzloff prenait souvent la parole dans les réunions syndicales et jouissait d’une réelle autorité sur une grande partie du personnel ouvrier de la CPDE. Il avait été un temps membre du 8e rayon de la Région parisienne du Parti communiste et fut en relations avec le député communiste Jean Garchery.

Il fut exclu du syndicat par l’assemblée générale du 28 décembre 1927 avec Henri Bouveyron et André Kéraudy sous le prétexte d’avoir formé un syndicat autonome du personnel de production et de distribution d’électricité. En fait, ils avaient dénoncé une indélicatesse commise par François Salom, au préjudice de la Fédération de l’Éclairage, mettant ainsi en lumière les pratiques irrégulières de leurs adversaires politiques majoritaires, membres du Parti communiste. P. Martzloff et ses camarades furent calomniés par leurs anciens camarades. Soutenus par la Ligue syndicaliste, ils organisèrent une campagne de protestation et tinrent meeting le 16 mars 1928, salle Rouillard (rue Dupetit-Thouars). L’affaire provoqua de nombreux remous au sein du syndicat tout au long de l’année 1928, Martzloff et ses camarades publiant même un journal la Voix des exclus.

Début 1929, P. Martzloff passa chef ouvrier. L’année suivante, il signa, en tant que syndiqué autonome, le manifeste du Comité des « 22 pour reconstruire l’unité syndicale » créé à l’initiative de Maurice Chambelland.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article120771, notice MARTZLOFF Paul, Charles, Constant par Jean Maitron, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

Par Jean Maitron

SOURCES : Arch. Nat. F7/13016, 13586, 13717. — Arch. PPo., juin 1927. — Cahiers Institut Maurice Thorez, n° 7 (35), 2e trim. 1974. — Comptes rendus des congrès. — Bulletin officiel de l’Union, avril 1927. — L’Humanité, 29 décembre 1927. — Le Travailleur parisien, octobre-décembre 1931, n° 111-113. — La Révolution prolétarienne, 1928. — Notes de Jean-Louis Panné.

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