MARZET Lucien

Par Yves Blondeau et Jean-Louis Panné

Né le 31 mai 1900 ; mort le 17 mars 1979. Rédacteur à l’Humanité  ; communiste oppositionnel, secrétaire du syndicat des casquettiers (1927-1929).

Syndiqué à l’âge de quinze ans, Lucien Marzet fut investi de responsabilités syndicales dès 1919, année où il fit sa première grève. A son retour du service militaire, en 1922, il retrouva son syndicat, celui des Pétroles, dont la majorité était passée à la CGTU, brisé par la scission. C’est ainsi qu’il adhéra à la CGTU

La même année, une grève ayant éclaté dans une usine à Aubervilliers, son bureau syndical le désigna pour en prendre la direction. Il intervint au congrès des syndicats des Produits chimiques, qui eut lieu à la Bourse du Travail de Montluçon, en septembre 1923 et qui élut Alphonse Chabanon comme secrétaire général. En 1926, il rompit avec les communistes.

Parallèlement à ses activités syndicales, il fut avec l’équipe de Monatte rédacteur à l’Humanité, rubrique « Vie sociale ». Au cours de la crise qui secoua le Parti communiste en 1924, il prit partie pour les opposants à la direction Treint-Girault. A partir de 1925, il appartint au noyau de la Révolution prolétarienne et se chargea de la comptabilité de la revue pendant quelque temps. Collaborateur, sous le pseudonyme de Jean Didier, au Bulletin communiste relancé par Boris Souvarine , il y affirma ses conceptions syndicalistes-communistes.

De 1927 à 1929, Marzet fut secrétaire général du syndicat des casquettiers, bien que ne faisant pas partie de la profession. Une telle situation était exceptionnelle en France où les syndicats étaient représentés par des membres de la profession, mais le syndicat des casquettiers était composé dans sa grande majorité de juifs polonais qui, étant étrangers, ne pouvaient légalement représenter leur profession. Marzet fut donc chargé de cette tâche difficile. Mais cette nomination fut possible parce que la direction communiste avait été écartée à la suite de l’échec cinglant de la grève qu’elle avait déclenchée, courant 1926, sans tenir compte d’un chômage qui battait son plein. En avril 1929, il se rendit à Prinkipo, lieu d’exil de Léon Trotsky, près de qui il exerça la fonction de secrétaire. En août de la même année, il signa le manifeste de lancement de la Vérité organe de l’Opposition de gauche et fit partie du premier comité de rédaction qu’il quitta assez rapidement.

Après avoir travaillé quelques années dans l’industrie privée, Marzet fut admis, le 1er décembre 1934, au syndicat des correcteurs de Paris, en remplacement d’un non-syndiqué. Il devint membre du comité syndical en 1944. En 1935-1937, il avait été gérant des « lectures prolétariennes » de la Librairie du travail, revue de critique et de bibliographie destinée aux militants du mouvement ouvrier, et s’était occupé de leur parution.

A la Libération, il devint chef des informations sociales au Parisien libéré.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article120793, notice MARZET Lucien par Yves Blondeau et Jean-Louis Panné, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 11 octobre 2022.

Par Yves Blondeau et Jean-Louis Panné

SOURCES : Lettre de L. Marzet du 6 avril 1973. — Réponse de Charbit à un questionnaire envoyé le 21 mars 1973. — Arch. du syndicat des correcteurs. — Lettre de P. Broué, 11 octobre 1981. — L’Humanité, 16 et 17 septembre 1923. — Y. Blondeau, Le Syndicat des correcteurs, op. cit. — J. Rabaut, Tout est possible !, Paris, 1974. — Syndicalisme révolutionnaire et communisme, les archives Pierre Monatte (1914-1924), Maspero, 1968. — D. Glukstein, Les Mouvements oppositionnels au PC (1924-1928), Mémoire de Maîtrise, Paris VIII, 1976. — R. Hirsch, Le Mouvement trotskyste de 1929 à 1933, Mémoire de Maîtrise, Paris I, 1974. — Cahiers Léon Trotsky, n° 4, octobre-décembre 1979, p. 8, note 5. — La Révolution prolétarienne, 1928.

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