BONNIN Jean, Gabriel

Par Paul Delanoue

Né le 21 octobre 1895 à Saint-Symphorien (Cher), mort le 23 novembre 1975 ; cheminot au PO ; responsable du syndicat CGTU puis CGT réunifiée des cheminots de Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire) de 1930 à 1940 ; maire communiste de Saint-Pierre-des-Corps (1945-1971).

Fils d’un ouvrier agricole [cultivateur selon l’acte de naissance) et d’une ménagère, Jean Bonnin perdit sa mère à l’âge de vingt ans. Il obtint son certificat d’études et travailla lui aussi dans l’agriculture, dans les environs de sa terre natale. Mobilisé pendant la guerre 1914-1918, il fêta ses vingt ans sur le front et fut blessé.
Après la guerre, il fut embauché à la Compagnie PO à Bourges (Cher) puis à Vierzon (Cher), avant d’être déplacé à Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire) au début des années 1920. Jean Bonnin milita au syndicat unitaire des cheminots PO dont il devint secrétaire général en 1930 ; il le demeura jusqu’au congrès de fusion en 1936. En 1927 il entra à la commission exécutive de la 26e Union régionale unitaire. En 1934-1935, il fut l’un des organisateurs du premier syndicat unique des cheminots ; il assura avec Hyacinthe Thomas, secrétaire général, la direction du syndicat unifié à partir de 1936 et jusqu’à la guerre. Ses interventions furent nombreuses dans les congrès de cheminots, notamment au congrès d’unité de la Fédération ; il intervint également au congrès d’unité de la CGT tenu à Toulouse. Il collabora par de nombreux articles au journal de secteur et à La Tribune des cheminots. En 1935 aussi, il avait été élu à la commission administrative de l’Union départementale réunifiée.
Jean Bonnin milita au Parti communiste à partir de 1922. En 1935 il fut élu au conseil municipal de Saint-Pierre-des-Corps et devint adjoint au maire. Il fut candidat aux élections législatives de 1936 dans la 1re circonscription de Tours et aux élections cantonales de Vouvray en 1937. Depuis 1936, il appartenait au comité régional du PC.
En 1940, il fut mobilisé puis interné au fort du Hâ près de Bordeaux (Gironde) avant d’être transféré au camp de Bières près de Pau (Basses-Pyrénées). Après sa démobilisation, il fut envoyé sous surveillance au camp de Mérignac (Gironde) et y demeura de 1941 à 1945.
Désigné maire de Saint-Pierre-des-Corps à la Libération, Jean Bonnin ne put siéger tout de suite, étant encore prisonnier jusqu’en janvier 1945. Il fut élu maire en mai 1945 et le demeura jusqu’en 1971, où il démissionna pour raisons de santé deux mois après les élections. Durant les vingt-six ans de son mandat, Jean Bonnin s’attacha avant tout à reconstruire sa ville qui était détruite à 85 % ; il eut la satisfaction de constater que la reconstruction fut terminée parmi les premières du pays. Ainsi, compte tenu de l’état des infrastructures, ce fut en matière d’urbanisme et de logement que les réalisations de la municipalité sous sa direction étaient les plus nombreuses, auxquelles s’ajoutaient des initiatives significatives en matière de santé et d’action sociale, d’éducation ainsi que de sport et de loisirs... Très populaire dans la commune et au-delà, il laissa le souvenir d’un administrateur dévoué et compétent, d’un homme intègre et affable.
Jean Bonnin fut le gérant de La Voix du peuple de Touraine, organe de la Fédération d’Indre-et-Loire du PCF, de 1945 à 1970. Pendant de nombreuses années, de 1953 à 1962 au moins, il fit partie du comité fédéral du PCF d’Indre-et-Loire. En 1953, il était également responsable de l’Amicale des élus.
Marié en novembre 1923 à Venesmes (Cher) avec Juliette Chenier, Jean Bonnin se remaria en novembre 1928 à Tours (Indre-et-Loire) avec Lucie Jacquet ; il était père d’un enfant.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article1208, notice BONNIN Jean, Gabriel par Paul Delanoue, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 1er avril 2012.

Par Paul Delanoue

SOURCES : Comités fédéraux du PCF. — L’Avant-Garde, 1927-1932. — La Bataille, 1932-1934. — La Voix du Peuple de Touraine, 1936-1939, 1944-1974. — La Touraine syndicaliste. — La Tribune des cheminots.L’Humanité, 24 novembre 1975. — Renseignements communiqués par Jean-Paul Soret. — Notes de Jean-Claude Guillon. — État civil.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément