MASSÉ Eugène, Alphonse

Par Nadia Ténine-Michel, Jean-Pierre Besse

Né le 17 mai 1892 à Thilouze (Indre-et-Loire), fusillé le 27 septembre 1942, au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; mouleur ; militant communiste de Seine-et-Oise (Seine-Saint-Denis) ; résistant en Seine-et-Marne.

Fils d’un journalier, Eugène Massé fut mobilisé pendant la Première Guerre mondiale et revint avec la Croix de guerre et la Médaille militaire. Ouvrier mouleur domicilié à Livry-Gargan (Seine-et-Oise), il adhéra au Parti communiste après le congrès de Tours (décembre 1920). Dès 1923, la police le signalait comme l’un des principaux animateurs communistes de ce secteur nord-est de la Seine-et-Oise gagné par l’urbanisation.
Délégué de la section des Amis de l’URSS de Livry-Gargan, il fut un des douze Français partis d’Ostende, le 31 octobre 1929 à bord du Roudzoutak, pour participer en URSS aux cérémonies du 12e anniversaire de la Révolution russe. Il revint vers la fin du mois de novembre.
Secrétaire du sous-rayon de Livry-Gargan en 1932, Massé fut candidat à plusieurs élections. Tête de liste aux municipales de mai 1929, il se représenta en mai 1935 et se désista en faveur du socialiste Émile Gérard, maire de 1919 à 1944. En 1931, Eugène Massé brigua un siège au conseil d’arrondissement dans le canton du Raincy. Le Parti communiste le présenta aux élections législatives de mai 1932 dans la troisième circonscription de Pontoise. Il recueillit au premier tour 1 712 voix sur 21 240 inscrits ; le socialiste Gérard en obtint 4 632. Massé se maintint au second tour et rassembla 2 026 voix.
Mobilisé en 1940, il fut fait prisonnier durant l’exode et libéré comme ancien combattant le 5 juillet 1941. De retour à Livry-Gargan, il fut astreint à résidence le 21 septembre 1941 puis passa dans la clandestinité. il fut responsable du Parti communiste pour la Seine-et-Marne et appointé par le PC. Responsable technique du département après l’avoir été à la région Paris Est, Eugène Massé fut arrêté en septembre 1942 dans le métro, porteur d’un paquet de tracts. Selon une autre source, il fut arrêté à Mantes le 14 septembre 1942 par la police française. Remis aux autorités allemandes le 6 octobre 1942, condamné à mort par le tribunal militaire allemand de Paris le 18 novembre, il a été fusillé au Mont-Valérien le 27 novembre 1942.
Son corps repose au cimetière d’Ivry-sur-Seine. Sa veuve, née Louise Bruneau le 10 novembre 1894 à Loches (Indre-et-Loire), confectionneuse, siégea au comité de Libération de Livry-Gargan puis au conseil municipal élu en avril 1945.
Il y a une rue Eugène-Massé à Livry-Gargan.

L’abbé Stock, aumônier allemand écrivit :
« 16 exécutions. Visite à Fresnes, où appris que 16 exécutions prévues pour l’après-midi.
Darrtichon Alexandre ; Gontier Pierre ; Ross René ; Netter Jean ; Vinçon ; Chevaux ; Huet Pierre ; Leblond Charles ; Camus René ; Roussel Ernest ; Hugon A.Casimir ; Mascré ; Renard Maxime ; Massé Eugène.(...)
Un terroriste, Massé Eugène, fut fusillé avec ces 15. Athée, dirigeant communiste, mourut au poteau avant d’avoir pu refuser qu’on lui bande les yeux, en jurant et maudissant la «  bande de bandits qui paiera cela très cher et bientôt ». Mourut froid et amer, l’exécution eut lieu à 4 heures au Mont-Valérien. N’en suis parti qu’à 5h30. Arrivâmes au cimetière, tout était fermé. Nous finîmes par y entrer, avec des lanternes. Il faisait déjà nuit noire. Les 16 furent enterrés vers 7 heures environ. 47ème div. 2ème ligne. »
Maxime Daniel et Maxime Fournat appartenaient aussi à ce groupe de victimes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article120865, notice MASSÉ Eugène, Alphonse par Nadia Ténine-Michel, Jean-Pierre Besse, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 13 novembre 2020.

Par Nadia Ténine-Michel, Jean-Pierre Besse

SOURCES : Arch. Dép. Seine-et-Oise, 2 M 21/4, 4 M 2/68, 1 W 139, 372, 1032. – Arch. PPo, BA1928. – DAVCC, Caen. – Renaissance de Seine-et-Oise, 24 novembre 1945 et 29 novembre 1952. – L’Appel des Soviets, no 14, novembre 1929 (Notes Rachel Mazuy). – État civil.— Abbé Stock, Journal de guerre, op. cit.

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