MASSIE Jean, Victor écrit parfois MASSIÉ

Par Jean-Jacques Doré

Né le 2 août 1909 à Saint-Aubin-Jouxte-Boulleng (aujourd’hui Saint-Aubin-lès-Elbeuf) (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), mort à Mayres (Ardèche) le 6 décembre 1978 ; aide chimiste ; secrétaire général des syndicats CGT de l’industrie du pétrole de la Basse-Seine en 1936 et 1937 ; communiste.

Fils d’un employé et d’une professeure de musique, Jean Massie était aide chimiste de la société des pétroles Jupiter du Petit-Quevilly près de Rouen. Il participa à la création du syndicat CGT local des Produits chimique le 7 juin 1936 dont Émile Pain était secrétaire. Véritable meneur de la grève des ouvriers de la chimie de Petit-Quevilly et de Petit-Couronne ce même mois, il fut élu quelques semaines plus tard secrétaire général des syndicats CGT de l’industrie du pétrole de la Basse-Seine, il était alors qualifié de "très influent et populaire". L’organisation regroupait les unités de Rouen (1820 adhérents), Petit-Quevilly (813 adhérents), Petit et Gand-Couronne, usine Kuhlmann de Oissel (996 adhérents), Lillebonne (355 adhérents), Fécamp (198 adhérents) et Le Havre.

Réélu secrétaire de la Fédération Basse-Seine en 1937, Massie, militant communiste, effectua cette année-ci un voyage en URSS, il séjourna plusieurs semaines à Bakou. Son retour fut évoqué par le commissaire spécial de Rouen : "Il est en possession de consignes secrètes de Moscou et rapporte des fonds avec lesquels il s’est acheté une maison. Ses rapports avec Paris sont fréquents, il serait chargé par le Komintern du blocage des dépôts d’essence".

Licencié le 31 décembre 1937 par la société des pétroles Jupiter, il fomentait un mouvement de grève pour obtenir sa réintégration. L’opération avait été minutieusement préparée avec l’appui de la Fédération : le 3 janvier, embauche normale à 7 heures, à 8 heures, Massie se présentait ; refoulé, il donnait alors un coup de sifflet, signal pour les délégués qui se précipitaient aux portes de l’usine et lançaient le mot d’ordre de cesser le travail. Les chaufferies devaient être laissées sous pression avec le quart des effectifs à leur poste. Jupiter donnait alors le signal de grève aux autres raffineries tandis que l’usine était occupée. La Fédération devait prendre le relais pour étendre le mouvement. Ce plan resta lettre morte.

En 1940, Massie était mobilisé au 109ème régiment d’infanterie. Il apparaissait, une fois encore lorsqu’il organisa chez lui une réunion secrète de militants restés fidèles au Parti communiste.

Massie s’était marié aux Andelys (Eure) le 26 avril 1932 avec Jeanne Viard et il mourut le 6 décembre 1978 à Mayres (Ardèche).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article120904, notice MASSIE Jean, Victor écrit parfois MASSIÉ par Jean-Jacques Doré, version mise en ligne le 22 novembre 2021, dernière modification le 22 novembre 2021.

Par Jean-Jacques Doré

SOURCES : F. Cahier, Le Front populaire au Havre, Mémoire de Maîtrise, op. cit.. — Arch. Com. Saint-Aubin- lès-Elbeuf. — Arch. Dép. Seine-Maritime 1 MP 243 Renseignements sur suspects, 1 MP 1032.

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